Tous les deux suspendus :Lumeya dénonce une sanction politique, pendant que Mukoko est prêt à répondre à la justice

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Le ministre des Affaires Foncières, Lumeya Dhu Maleghi, suspendu le 13 février dernier sur ordre de Félix Tshisekedi, s’est dit victime d’une cabale politique. Il affirme, dans une interview accordée à actualite.cd, qu’il n’a jamais été notifié d’une quelconque décision lui demandant de rapporter les arrêts incriminés. « Je n’ai reçu aucune correspondance venant de la Présidence de la République depuis le 24 janvier jusqu’à ce jour. Si cette correspondance existe, nous pouvons dire qu’au niveau du cabinet du président de la République, il y a des gens qui voulaient me nuire, en cachant cette correspondance. On ne peut me taxer d’insubordination que si on m’a donné les ordres. Moi, homme d’Etat, je n’ai reçu aucune instruction, je le souligne », dit-il, avant d’ajouter que le problème, je crois, n’est pas administratif, il n’est pas juridique mais plutôt politique.

 Moi, j’appartiens au Front Commun pour le Congo (FCC), je ne suis membre d’aucune autre organisation politique ou un regroupement politique. Donc, je refuse de servir de butin de guerre ou de butin politique. Il y a des gens qui veulent avoir des positions. Vous connaissez notre histoire, nous venons du Rassemblement, mais ce n’est pas à moi d’être victime de ce qui est vu aujourd’hui comme passé du Rassemblement.

En ce qui concerne ce dont on me reproche (ndlr : expropriation des terres aux citoyens congolais), explique-t-il, aujourd’hui, nous voulons un Etat de droit, il faut qu’on respecte le droit de la défense. « On doit mettre à ma disposition les dossiers qui valent objet des sanctions. Et là, je n’ai aucun dossier mis à ma disposition pour que je donne des explications. Je suis le ministre des Affaires foncières. On doit me dire quelles sont ces terres que j’ai expropriées et au bénéfice de quelles personnes », martèle-t-il, avant d’insister qu’il ne se reprochait de rien. J’ai fait un effort pour rendre les Affaires foncières visibles. J’ai attaqué les réformes qui font mal et elles sont en voie d’être concrétisées.

Toutefois, pendant son règne, il a accepté avoir eu quelques difficultés. « Il y a des réseaux maffieux. Les gens qui, d’habitude, refusent de payer les redevances. Les riches qui ont des étendues des terres énormes qui ne veulent pas qu’on puisse y toucher. Comment comprendre que quelqu’un puisse avoir en pleine ville de Kinshasa, 160 ha de terre dans un quartier où les gens occupent des cimetières comme logement et quand le ministre des Affaires foncières veut récupérer une partie de terre pour mettre cela à la disposition de la population, il y a des accusations fortuites, on ne vous donne pas la parole et on vous sanctionne », explique-t-il. Donc, il y a une catégorie d’intouchables, qui ont le monopole dans le milieu politique et ont cherché à me descendre. Mais, je ne suis pas un homme abattu. Je reste debout, je crois avoir rendu service à ma nation

Pour sa part, le Directeur de cabinet du chef de l’Etat, Vital Kamerhe a souligné que ces mesures importantes qui ne sont que les premières, ont pour objectif de mettre fin à l’impunité. « Le Président de la République avait instruit le Premier ministre de demander au ministre Lumeya de rapporter les Arrêtés qui avaient été pris par lui, en violation de la loi. Je viens d’adresser une lettre au Premier ministre, au nom du Président de la République, pour l’informer qu’en considération de nombreuses décisions et divers arrêtés pris par le ministre des Affaires Foncières en violence fragrante de la loi, le chef de l’Etat l’instruit de procéder, toutes affaires cessantes, à la suspension de l’intéressé de toutes ses fonctions du ministre des Affaires foncières et de requérir le Procureur Général près la Cour de Cassation pour l’ouverture d’un dossier judiciaire contre ce ministre », a indiqué Vital Kamerhe. Selon lui, M. Lumeya Dhu Maleghi est suspendu pour insubordination et son refus de rapporter les Arrêtés ministériels pris pour des lotissements en des endroits interdits et à l’expropriation des citoyens. « Et quand le Premier ministre ne prend pas de décisions, le Président s’assume », prévient M. Kamerhe.

Mukoko disposé à répondre de sa gestion

Le Président de la République a ordonné mercredi 13 mars la suspension du Directeur général de la SCTP, ex-Onatra, et de son adjoint pour des indices sérieux d’actes de mauvaise gestion. Vital Kamerhe, Directeur de cabinet du chef de l’Etat, affirme que le Président de la République a instruit le Premier ministre à suspendre les concernés et d’initier une mission d’audit.

Daniel Mukoko Samba, Directeur général de la SCTP a affirmé, à travers un Tweet, qu’il est disposé à répondre de sa gestion. « Depuis le 24/07/2017, j’ai accompli avec courage mes fonctions de DG de SCTP dans des conditions difficiles. Je suis disposé à répondre de ma gestion et je crois en la justice de mon pays. Je suis confiant que l’audit externe de ma gestion actuellement en cours, établira clairement les responsabilités. En attendant d’être notifié de toute mesure par ma tutelle, je reste disponible pour servir cette République qui m’a tout donné », a indiqué Daniel Mukoko.

Plus de 55 millions de dollars américains ont été détournés par les différents comités de gestions qui se sont succédé à la SCTP, ex-ONATRA entre 2012 et 2016. La révélation a été faite par la Ligue congolaise de lutte contre la corruption (LICOCO), mercredi 13 mars à Kinshasa. D’après les enquêtes menées par la police judiciaire, indique la LICOCO, l’utilisation de la redevance logistique et terrestre créée en 2012 par le gouvernement a été opaque. Cette redevance devrait financer les activités ferroviaires de cette entreprise.

« Cette redevance a mobilisé plus de 55 millions USD. Ces fonds étaient mobilisés pour réhabiliter les rails entre Matadi et Kinshasa, acheter des équipements au niveau du port de Matadi et du port de Boma. Le constat est que jusqu’aujourd’hui, cette redevance n’a financé aucun travail de réhabilitation du rail et certains équipements qu’on a achetés n’ont jamais été installés », rapporte Ernest Mpararo, coordonnateur de la LICOCO. Il plaide pour l’organisation d’un audit sur l’utilisation de ces fonds et les sanctions contre les auteurs d’un éventuel détournement.

Satisfaite de cette décision du Président de la République, l’Intersyndicale de l’ex-Onatra explique que dans le cahier de charge déposé chez le président de la République, nous avons sollicité le départ des mandataires, mais aussi le payement des arriérés. De trois, il y a des ports construits qui mettent la SCTP dans une situation difficile. Comme conséquence, aucun bateau n’accoste sur le port de la SCTP. Heureusement que nous avons un nouveau chef de l’Etat. « Maintenant qu’il a répondu à l’une de nos revendications, nous lui demandons de s’impliquer pour que les travailleurs recouvrent leurs droits, parce que des enfants n’ont pas étudié et des foyers disloqués.

JMNK

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