Selon les perspectives économiques de la BAD: La croissance en Afrique centrale se rétablit progressivement, mais elle reste inférieure à la moyenne de l’Afrique

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La Banque africaine de développement (AfDB.org), présentera l’édition 2019 de son rapport phare, Perspectives économiques en Afrique, en marge de la 32ème Session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine. Le rapport met en lumière les perspectives économiques et les projections de croissance de l’ensemble du continent et de chacun des 54 pays. Le thème s’aligne sur la mission de l’Union africaine, visant à « promouvoir le développement durable aux niveaux économique, social et culturel, ainsi que l’intégration des économies africaines ».

Cette année, les Perspectives économiques en Afrique examinent les récentes évolutions macroéconomiques  et  les  perspectives  sur  le  continent,  en  mettant  l’accent  sur  les  implications des déséquilibres extérieurs sur la croissance et les défis financiers et monétaires de l’intégration (chapitre 1). La création d’emplois est ensuite abordée à travers l’analyse du dynamisme des entreprises (chapitre 2). Enfin, le rapport explore les enjeux économiques de l’intégration  régionale  en  Afrique  et  les  politiques  susceptibles  d’apporter  la  prospérité  économique (chapitre 3).

Performances macroéconomiques en Afrique et perspectives

Selon ce rapport, la croissance économique de l’Afrique continue de se renforcer, atteignant 3,5 % en 2018 selon les estimations, soit un niveau comparable à 2017 et en hausse de 1,4 point de pourcentage par rapport aux 2,1 % enregistrés en 2016. L’Afrique de l’Est est en tête avec une croissance du PIB estimée à 5,7 % en 2018, suivie de l’Afrique du Nord à 4,9 %, de l’Afrique de l’Ouest à 3,3 %, de l’Afrique centrale à 2,2 % et de l’Afrique australe à 1,2 %.

À moyen terme, la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 4 % en 2019 et 4,1 % en 2020. Bien qu’inférieure à celle de la Chine ou de l’Inde, la croissance de l’Afrique devrait être supérieure à celle d’autres pays émergents et en développement. Elle est toutefois insuffisante pour réduire le chômage et la pauvreté. Sur les 4 % de croissance projetés pour l’Afrique en 2019, l’Afrique du Nord devrait représenter 1,6 point de pourcentage, soit 40 %. Cependant, la croissance moyenne du PIB en Afrique du Nord est irrégulière en raison de l’évolution rapide de la situation économique de la Libye.

La croissance de la région de l’Afrique de l’Est, qui est la plus rapide, devrait atteindre 5,9 % en 2019 et 6,1 % en 2020. Entre 2010 et 2018, la croissance a atteint en moyenne près de 6 %, Djibouti, l’Éthiopie, le Rwanda et la Tanzanie enregistrant des taux supérieurs à la moyenne. Dans plusieurs pays, notamment le Burundi et les Comores, la croissance du PIB reste faible en raison d’incertitudes politiques. La croissance en Afrique centrale se rétablit progressivement, mais elle reste inférieure à la moyenne de l’Afrique dans son ensemble. Elle est soutenue par le redressement des prix des produits de base et une meilleure production agricole. En Afrique australe, la croissance devrait rester modérée en 2019 et 2020, après une légère reprise en 2017 et 2018. Cette croissance modeste de la région est principalement due au faible niveau de développement de l’Afrique du Sud qui affecte les pays voisins.

Risques pour les perspectives économiques

Plusieurs  risques  pèsent  sur  les  prévisions  macroéconomiques pour l’Afrique.  tout d’abord, une nouvelle escalade des tensions  commerciales  entre  les  États-Unis  et  ses  principaux  partenaires  commerciaux  pourrait  réduire  la  croissance  économique  mondiale,  ce  qui  aurait  des  répercussions  sur  l’Afrique.  Ces  tensions,  ainsi  que  le  renforcement  du  dollar  américain, ont augmenté la volatilité des prix des matières  premières  et  exercé  des  pressions  sur  les  devises  des  pays  émergents.  Si  la  demande  mondiale  venait  à  ralentir,  les  prix  des  matières  premières  pourraient  diminuer,  ce  qui  réduirait la croissance du PIB et affecterait les soldes commercial  et  budgétaire  pour  les  exportateurs  de matières premières d’Afrique.

Deuxièmement, les coûts du financement extérieur pourraient croître davantage si les taux d’intérêt dans les pays développés augmentaient plus vite que prévu.  troisièmement,  si  les  pays  africains  connaissaient  une  nouvelle  fois  des  conditions  météorologiques  extrêmes  en  raison  du  changement  climatique, semblables à celles de ces dernières années, la production agricole et la croissance du PIB pourraient être plus faibles qu’anticipé.

Quatrièmement, dans certaines zones, l’instabilité politique et les problèmes de sécurité pourraient  affaiblir  les  économies.  Les  pays  qui  ont  amélioré leurs positions budgétaire et extérieure et qui ont une dette faible ou modérée seront probablement  résilients  face  aux  nouveaux  chocs  externes. Ceux qui en revanche n’ont pas reconstitué leurs marges de manœuvre budgétaires ne sont  pas  préparés  face  aux  risques  majeurs  de  ralentissement.

Des défis pour les économies côtières et riches en ressources

Toujours selon le même rapport, pour les économies côtières : Afrique du Sud, Algérie, Angola, Bénin, Cabo Verde, Cameroun, Comores, Congo, République démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Égypte, Érythrée, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Kenya, Libéria, Libye, Madagascar, Mauritanie, Maurice, Maroc, Mozambique, Namibie, Nigeria, São Tomé-et-Principe, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Tanzanie, Togo et Tunisie, les défis sont multiples : Agrandir les installations portuaires, y compris les installations de stockage et d’administration des douanes, accroître l’efficacité des services maritimes et du chargement et déchargement des conteneurs. Le coût des installations portuaires africaines est de 40 % supérieur à la norme mondiale. À cela s’ajoutent de longs délais d’immobilisation des conteneurs, des retards dans les autorisations de mouvements des navires, des lenteurs dans le traitement des papiers administratifs, et un faible nombre de conteneurs par grue et par heure (sauf en Afrique du Sud). En définitive, plus de 70 % des retards dans la livraison du fret proviennent de retards au niveau des ports. Augmenter la vitesse et la fiabilité des réseaux ferroviaires et routiers en réduisant la congestion et les retards aux points de contrôle, et l’envoi à l’entretien des camions et du matériel roulant.  Exercer des pressions pour l’amélioration des conventions et instruments au-delà des négociations multilatérales, au point mort qui facilitent le commerce de transit.

Pour les économies riches en ressources : Afrique du Sud, Botswana, République démocratique du Congo, Ghana, Guinée, Mozambique, Namibie, Niger, Tanzanie et Zambie, les défis consistent à mettre en œuvre les principes de base de la Charte des ressources naturelles (National ressource Charter) ; Coopérer à une harmonisation de la taxation du pétrole, du gaz et des minerais pour éviter une course vers le bas et la surexploitation qui lui est associée.

JMNK

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