Président honoraire de la Commission Mabota à St Vincent de Paul: Le prof Jean-Marie Kapenga parle de la durée des fiançailles

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Nous poursuivons la longue, riche et édifiante interview que le prof Jean-Marie Vianey Kapenga Kazadi a bien voulu accorder aux limiers de L’Avenir. La première partie remonte au vendredi dernier. En effet, les fiançailles restent une question de société. Face à cette phase cruciale qui précède le mariage, l’orateur, professeur à l’Université pédagogique nationale, UPN, donne son point de vue, fort de son expérience dans l’encadrement des fiancés et autres couples âgés désireux d’harmoniser leur relation. Ce père de huit (8) enfants est le président honoraire de la Commission Mabota (Familles), chargé de l’encadrement des jeunes fiancés à la Paroisse catholique St Vincent de Paul, dans la commune de Kalamu.

Les fiançailles sont, ainsi, un temps de discernement où les amoureux prennent le temps de vérifier qu’ils sont vraiment capables de passer toute leur vie ensemble, que cet engagement est possible et réaliste. Le temps des fiançailles est donc celui de maturation et de discernement et non une période pour tester, essayer et voir…

Il s’inscrit dans la logique de construction d’une vie commune. Et il permet aux fiancés de travailler à mieux approfondir, en toute liberté, leur connaissance de soi, leur projet de vie en tenant compte de leurs désirs et aspirations, de leur histoire personnelle, de leur parcours, etc. Comme l’a dit le Pape François lors de l’audience générale du 25 mai 2015 : l’homme « apprend » la femme en apprenant cette femme, sa fiancée, et la femme « apprend » l’homme en apprenant cet homme, son fiancé.

Quelle est la perception de l’église Catholique sur les fiançailles ?

L’église enseigne d’abord que le chrétien est une réalité sainte et sacrée. Saint Paul compare l’union de l’homme et la femme dans le mariage à l’union de Jésus Christ et son église. Celle-ci accorde donc à tout projet de mariage une sollicitude particulière. Les fiançailles sont un évènement marquant pour les familles chrétiennes. Ainsi, l’église leur accorde une attention particulière et propose même de les célébrer par un rite et une prière commune. D’abord pour remercier Dieu et reconnaitre que c’est un bonheur et une bénédiction que cette femme et cet homme se soient rencontrés et qu’ils s’aiment. Ce temps de prière est aussi une demande pour qu’avec la bénédiction de Dieu, ce qui a commencé heureusement, s’achève heureusement le moment venu, par la célébration du mariage. L’accompagnement des fiancés, la préparation au mariage est à considérer et à réaliser comme un processus graduel et continu. Cette préparation comporte trois étapes principales : la préparation éloignée, la préparation prochaine et la préparation immédiate. Pour ce qui est du temps des fiançailles, l’église souhaite une préparation au mariage solide et de « longue haleine ». Dans notre contexte culturel congolais, cela signifie : une formation des candidats au mariage, dès le jour de la première cérémonie coutumière, c’est-à-dire dès la présentation du jeune homme dans la famille de la jeune fille et la demande officielle en mariage. L’église prévoit plusieurs thèmes de partage pour les couples fiancés. Durant les trois derniers mois avant la célébration du sacrement de mariage, les fiancés suivent une autre formation appelée « préparation immédiate » au mariage. Quelques éléments qui rentrent en compte dans la préparation lointaine du mariage sont : une préparation spécifique aux sacrements ;  une préparation à la vie à deux. Les fiancés doivent approfondir les problèmes de la sexualité conjugale et de la paternité responsable, avec les connaissances essentielles qui leur sont connexes dans l’ordre biologique et médical. Ils doivent se familiariser avec les bonnes méthodes d’éducation des enfants et enfin acquérir des connaissances de base pour une conduite ordonnée de la famille : travail stable, disponibilité financière suffisante, sage administration du foyer, notions d’économie familiale, etc. ; une préparation à l’apostolat familial, à la fraternité et à la collaboration avec d’autres couples et familles. (…) à suivre

Irène Musune

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