Les retombées de la réunion de Bruxelles: Fayulu, le premier à quitter Lamuka

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Les six leaders de la coalition Lamuka se sont réunis à Bruxelles, en Belgique, du 21 au 23 mars dernier. Des travaux qui ont abouti à un communiqué final dans lequel ils n’ont pas innové, continuant de contester des résultats des élections dont ils n’ont rien à démontrer comme preuve. Qu’à cela ne tienne, l’on doit signifier que ces travaux de Bruxelles n’ont pas été favorables pour Martin Fayulu, candidat perdant à la dernière présidentielle du 30 décembre 2018 pour le compte de Lamuka.

D’après certaines indiscrétions, Martin Fayulu Madidi avait chaud, surtout lorsque les siens lui ont fait savoir que son combat sur la vérité des urnes serait vidé de sens. Il est certes vrai que Lamuka dans son communiqué final, remercie la communauté internationale, particulièrement l’Union africaine pour sa volonté de promouvoir la vérité des urnes en RDC, mais il faut aussi signaler que ce sont les mêmes institutions internationales que régionales qui saluent les bons débuts du président de la République élu, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Bonnet blanc, blanc bonnet !

De l’absence remarquée de Moïse Katumbi à l’ouverture des travaux : nul ne veut en donner des vraies raisons. L’exilé politique, actuellement en possession de son passeport et en voie de regagner librement son pays avec toutes les garanties sécuritaires, est apparu seulement aux derniers jours desdits travaux. Et dans sa déclaration face à la presse sur l’actuel Chef de l’Etat critiqué par Fayulu, Bemba et les autres, l’homme a fait savoir que Félix Tshisekedi est son ami, et qu’il faudrait chercher le mal ailleurs ! Cela porte à confusion, mais en toute honnêteté intellectuelle, il faut comprendre que Katumbi a sa tête ailleurs, pas dans Lamuka. Plusieurs de ses acolytes, cadres de la plateforme Ensemble pour le Changement, ont montré leur position, celle d’accompagner Félix Tshisekedi durant son quinquennat. Delly Sessanga, Claudel Lubaya, Bertrand Ewanga…, sans oublier le célèbre « Baba » Kyungu wa Kumwanza, tous n’adhèrent plus au combat de Lamuka à travers Fayulu. Gabriel Kyungu, qui a échangé dernièrement avec Jean-Marc Kabund de l’Union pour la Démocratie et le Progrès social et la Démocratie (Udps) avait d’ailleurs tranché : « je ne suis pas de l’opposition. Je soutiens le président Félix Tshisekedi ».   Il a formulé une seule demande au chef de l’Etat, celle de voir Katumbi regagner le pays le plus vite que possible. Ainsi tout est clair, Katumbi nage toujours dans le suspense. Peut-être que l’avenir en dire plus.

Du leadership de Lamuka et de l’Opposition congolaise

Le mouvement Lamuka veut se transformer en « plateforme politique » regroupant toutes les forces politiques qui le compose. Cette disposition figure dans la déclaration finale de la dernière réunion de Bruxelles. Sur ce, une source anonyme nous a révélé qu’aucun, entre Katumbi et Bemba, n’accepte que Fayulu soit considéré comme leader de Lamuka.

« Le fait pour Fayulu d’avoir été le candidat de la coalition de Lamuka à la dernière présidentielle, ne fait pas de lui automatiquement leader de notre mouvement. Tout le monde connait les circonstances qui ont fait de lui notre candidat commun », nous a dit notre source, membre actif de cette coalition.

Ainsi, Jean-Pierre Bemba qui se voit comme grand leader politique que Fayulu sur le plan de l’implantation de son parti dans toutes les provinces du pays, et Moïse Katumbi, leader de la plateforme Ensemble pour le Changement, rejoint Bemba, car son regroupement ne peut, en aucun cas être comparé à la Dynamique de l’Opposition, qui a des militants qu’il faudra compter au bout des doigts.

« Ce sont nos militants qui ont fait de Fayulu un demi-dieu. Nous avons toutes les capacités de lui rendre encore minoritaire comme l’autre fois », a fait savoir la même source qui demeure anonyme. 

Soucieux d’avoir été réduit jusqu’à ce niveau, Fayulu qui se fait toujours accompagné d’Adolphe Muzito, que Jean-Pierre Bemba est en mal de maitrisé le nom (Alphonse Muzito…cfr réunion de Bruxelles lors de la lecture du communiqué final), dans ses différentes tournées, veut se séparer de ses amis pour mener seul son combat sur la vérité des urnes.

Jean-Pierre Bemba qui traine encore en Europe aurait conseillé à ses cadres du MLC de garder silence ces derniers jours sur tout ce qui concerne Fayulu, en attendant le prochain nouveau mot d’ordre. Voilà pourquoi aussi, quelques heures après Bruxelles, Fayulu a pris son avion pour Washington, sans être accompagné de ses pairs, alors qu’ils étaient ensemble en Belgique. Et bien qu’il draine encore plusieurs congolais de la diaspora derrière lui, le grand danseur fait sa route comme un « va-nu-pieds ». Face aux épines et à l’océan, il saura qu’il courait mal. Quelques jours seulement, Fayulu comprendras.

Qu’en est-il du financement de Lamuka ?

Une autre chose qui dérange la coalition Lamuka, c’est le financement. Si hier, ils avaient Moïse Katumbi pour financer leurs rencontres, aujourd’hui il faut adresser des demandes de soutien partout. En Afrique du Sud, Genève, et dernièrement à Bruxelles Soriano Katumbi n’a même pas sorti un seul billet de banque pour soutenir les travaux. « Katumbi a beaucoup dépensé sans rien gagner au retour. C’est la raison qui lui pousse à regagner son pays et réactiver toutes ses entrées à travers ses entreprises », renchéri notre source.

En Afrique du Sud comme en Belgique, les leaders de Lamuka ont été sauvés par l’ONG sud-africaine In transformation initiative (ITI), organisation est dirigée par d’anciens négociateurs de la fin de l’apartheid. Et à Genève, c’était avec la fondation Koffi Annan que tout a été rendu possible.

« Bemba, avec ses années passées en prison, il n’a pas les moyens pour financer une rencontre de Lamuka. Katumbi lui, c’est un homme d’affaires qui ne fait rien pour rien. Tout ce qu’il fait, doit lui tirer les bénéfices. Quand ce n’est pas le cas, il se retire. Voilà le cas. Muzito, Matungulu et Nyamuisi, il ne faut même pas compter sur eux. De même Fayulu », poursuit sans peur d’être contredit, notre source anonyme.

Ainsi, les choses risquent de tourner mal pour Lamuka dans les tout prochains jours. En attendant le retour de Martin Fayulu à Kinshasa pour en savoir plus, les doutes demeurent et Lamuka est en danger.

Bernetel Makambo 

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