Lancement réussi du satellite Mohammed VI–B, Dr Hamid Mahyou : « Ceci marque le début de la souveraineté marocaine sur les données satellitaires »

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Le Maroc est entré dans le club des pays disposant d’un ou plusieurs satellites dans l’espace, et ce à des fins d’observation directe de la Terre. Ceci marque le début de la souveraineté marocaine sur les données satellitaires, qu’il pourra désormais recueillir et traiter directement avec ses propres moyens techniques et humains, à en croire le Dr Hamid Mahyou, de l’Institut National de la Recherche Agronomique.

En effet, les satellites Mohammed VI est un couple de deux satellites optiques d’observation de la Terre. Les satellites Mohamed VI-A et Mohamed VI-B opèrent en véritable constellation sur la même orbite. Le satellite Mohammed VI-A a été lancé le 8 novembre 2017 par un lanceur Vega depuis le Centre spatial de Kourou. Le satellite Mohammed VI – B a été lancé le mercredi 21 novembre à 4h42  heure Maroc, principalement pour des activités civiles. Parfaitement identiques, ils fournissent des produits optiques en très haute résolution dans un temps record, avec une capacité de revisite quotidienne.

Il est à noter que la science de l’utilisation des images satellitaires est appelée télédétection spatiale. La télédétection est la discipline scientifique qui regroupe l’ensemble des connaissances et des techniques utilisées pour l’observation, l’analyse, l’interprétation et la gestion de l’environnement à partir des images obtenues à l’aide des satellites.

Les images qui seront fournies par le satellite Mohamed VI-B auront un grand champ d’applications qui satisfont de nombreux besoins : agriculture, eau, géologie, aménagement du territoire, urbanisme, statistiques démographiques, etc. Elle offre des solutions qui sont souvent plus économiques que des moyens plus traditionnels (enquêtes de terrain..). Les applications de ces satellites à très haute résolution sont multiples: cartographie des ressources naturelles, registres cadastraux et agricoles, réaction face aux désastres naturels, prospection minière, ingénierie, construction, suivi de zones forestières ou agricoles, détection de changement, etc… Ces satellites peuvent récolter des informations dans presque tous les aspects des études environnementales. Aussi, Les images issues du satellite Mohamed VI-B,  permettent de traiter des problèmes qui ne peuvent être résolus par des moyens classiques (endroits inaccessibles par des moyens terrestres…) ce qui permet d’économiser du temps et des efforts.

Une contribution pour l’étude des ressources agricoles

Au Maroc et en Afrique en général, il convient de noter que ces types images satellites constituent un outil de soutien important dans l’étude des ressources agricoles afin d’obtenir le maximum de résultats positifs aidant les planificateurs et les décideurs à élaborer des plans de développement complets. En effet, L’utilisation d’images satellitaires dans le secteur agricole est l’une des applications les plus importantes de ces technologies modernes en raison de l’évolution rapide du couvert végétale, le changement dans l’utilisation des terres et la diversification des richesses agricoles, ce qui nécessite un suivi permanent pour le développement des programmes de gestion des investissements dans ce secteur.

En agriculture de précision, les parcelles agricoles sont suivies par des images satellites haute résolution pour améliorer la productivité et les investissements agricoles. Les images satellites de Mohammed VI-B sont également bien adaptées à la production de cartes d’occupation des sols, l’estimation  des superficies agricoles, les prévisions des rendements des cultures, à la classification des sols et à l’identification du meilleur sol pour une culture donnée. Ces images aideront également la détection et le suivi  dans les champs de culture, et les maladies des arbres fruitières et à établir une politique spécifique pour la conservation des zones agricoles de la pollution grâce à une surveillance constante. Des cartes des différentes cultures sont créées. Ces cartes permettent de prévoir les approvisionnements en grain (prédiction de production), de recueillir des statistiques sur la production, de maintenir des dossiers sur la rotation des cultures, de cartographier la production des sols, d’identifier les facteurs qui influencent la santé des plantes, d’évaluer les dommages causés par les tempêtes et la sécheresse et de surveiller les activités agricoles.

Dans le domaine forestier, pour surveiller et collecter des informations précises et renouvelables, l’utilisation de ces images permet la préparation et la mise à jour de cartes forestières, la classification des forêts, l’identification d’espèces végétales, la maîtrise des changements, la détection des zones d’incendies et l’évaluation des dommages, en particulier dans les zones montagneuses et accidentées.

En ce qui concerne les zones pastorales marocaines, qui représentent plus de 53 millions d’hectares, les images du satellite Mohammed VI-B peuvent constituer un excellent outil de suivi de ces zones pastorales, d’estimation de la production fourragère, et le suivi de la désertification et la dégradation des sols.

Dans ce contexte, L’acquisition de cette technologie de pointe par le Maroc (Satellite Mohammed VI-A/B) peut être transférer aux pays africains frères par la formation et le renforcement des capacités des cadres africains, ainsi que mettre ses services aux pays frères  en cas de besoin.

JMNK

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