Katumbi n’engage Lamuka que pour 3 mois ! Et après ?

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On ne peut que s’interroger sur le sort de la coalition lorsqu’au modéré Moïse Katumbi va succéder en juillet prochain le pro-Fayulu Freddy Matungulu…

«RDC : qui mène la barque de l’Opposition ?». L’interrogation est Boris Luviya. Parue dans «La Prospérité» le 9 mai 2019, l’analyse est introduite par ce constat : «Le théâtre politique congolais continue de faire jaser à travers les bouches autorisées. L’espace qui se fait de plus en plus rare au sein du camp de ceux qui détiennent les rênes du pouvoir, anciens comme nouveaux, contamine progressivement les voisins très proches de l’opposition dont les ténors se bousculent dans un double, voire triple jeu. La Coalition Lamuka, désormais plateforme politique, piétine ses propres textes au détriment du combat et de la vision politique plus du tout la même des membres qui la composent. Alors que Martin Fayulu s’accroche obstinément à la bataille de la «vérité des urnes», Moïse Katumbi, lui, entreprend une démarche beaucoup plus religieuse axée sur l’horizon 2023». L’auteur fait allusion à l’interview accordée à Rfi et à France 24 le 6 mai dernier. Annonçant son retour au pays le 20 mai prochain par Lubumbashi, Moïse Katumbi a été désigné par ses pairs de la «Conférence des Leaders» coordonnateur de la coalition pour la période allant du 27 avril au 27 juillet 2019…

Pour rappel, le programme de rotation est ainsi élaboré : 1. Moïse Katumbu : du 27 avril au 27 juillet 2019 ; 2. Freddy Matungulu : du 27 juillet au 27 octobre 2019 ; 3. Jean-Pierre Bemba : du 27 octobre 2019 au 27 janvier 2020 ; 4. Adolphe Muzito : du 27 janvier 2020 au 27 avril 2020 ; 5. Antipas Mbusa Nyamwisi : du 27 avril au 27 juillet 2020 et 6. Martin Fayulu : du 27 juillet au 27 octobre 2020.

Boris Luviya compare les positions respectives de Katumbi et de Fayulu. Du premier, il note qu’«Il revient en homme libre et en homme fort après près de trois ans d’exil forcé. Politiquement, il est à la tête du G7, de la plate-forme Ensemble pour le changement mais également de Lamuka dont il est le coordonnateur pour 3 mois dans la nouvelle configuration de la présidence tournante (…). Du second, il note : «Meilleur perdant à l’élection présidentielle du 30 décembre 2018, Martin Fayulu refuse toujours d’accepter la victoire de celui qui était autrefois son compagnon de lutte, Félix Tshisekedi, désormais Président de la République».

Montée en puissance de Fayulu

Dans la sienne intitulée «Moïse KATUMBI- Martin FAYULU vers un divorce idéologique consommé ? Analyse et révélation», le site http://www.legrandcongo.com s’interroge sur la guerre de leadership dans l’Opposition. Des relations Katumbi-Fayulu, il révèle que «Depuis la mort d’Étienne Tshisekedi, Moïse Katumbi se considérait toujours comme Premier opposant, non seulement parce qu’il a beaucoup d’argent (chose qui manquait à beaucoup d’opposants) mais aussi et surtout il dispose d’un Carnet d’adresse très riche (très influent dans le monde des médias internationaux, monde des affaires et surtout monde des lobbies).

Considérant que la montée en puissance de Fayulu fait ombrage à Katumbi, l’auteur relève qu’au moment où «Fayulu revendiquait la vérité des urnes, Ensemble pour le changement de Moise Katumbi est le premier regroupement politique de l’opposition à reconnaître le pouvoir de Tshisekedi». D’où l’inquiétude de Merphy Pongo, juriste et activiste Vici-RDC, quant au dédoublement de la coalition montée en Genève. C’est-à-dire avec une aile Lamuka pro-Katumbi et une autre pro-Fayulu.

A l’en croire, «Les plateformes de l’opposition se créent dans un vide idéologique et disparaissent dans un vide événementiel sans résultats escomptés… La transformation de Lamuka n’a pas tenu compte de l’expérience malheureuse des regroupements politiques… Dans les jours à venir nous assisterons à un dédoublement de Lamuka où deux blocs vont s’affronter… Un bloc Lamuka/Fayulu pro-combat de la Vérité des Urnes et un bloc Lamuka/Katumbi contre le combat de la vérité. Nous aurons également un bloc Ouest pro-Fayulu (Bemba, Muzito, Matungulu) contre le bloc est pro-Katumbi (Nyamwisi etc.)». Et de trancher : «Deux blocs idéologiques diamétralement opposés et qui vont s’opposer dans les jours à venir». Dans la suite, l’auteur liste les fractions survenues dans l’Opposition : Fac (Forces acquises au changement), du Front citoyen, de la Dynamique de l’Opposition et du Rassop.

C’est là l’enjeu. Le vrai…

La question de fond est cependant de savoir ce que deviendra Lamuka une fois le mandat du modéré Moïse Katumbi terminé et dès le démarrage de celui de Freddy Matungulu, réputé proche de Fayulu, précédant le mandat Jean-Pierre Bemba connu pour son radicalisme.

La question doit nécessairement préoccuper la coalition Cach-Fcc quand on sait du modérateur actuel de Lamuka qu’il est devenu Opposant à partir de septembre 2015, après une bonne décennie de fidélité à Joseph Kabila, et qu’il s’est considérablement approché de l’Udps, plus précisément de Fatshi au cours de ces trois dernières années et demi. En d’autres termes, il revient aux stratèges de la coalition Cash-Fcc à mutualiser leur intelligence et leur sagesse pour convenir de l’attitude pragmatique à adopter face à Lamuka au plus tard le 27 juillet 2019.  C’est là l’enjeu. Le vrai.

Omer Nsongo die Lema/Cp

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