Leila Zerrougui : «J’espère que nous allons contenir Ebola, comme on l’a fait à Mbandaka »

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Pour la deuxième fois, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en Rdc, Leila Zerrougui, a rencontré la presse. Et ce, après le passage du Conseil de sécurité et dans un contexte dominé par l’insécurité à l’Est du pays, le processus électoral, les expulsions massives des Congolais en Angola et la maladie à virus Ebola. Pour elle, une crise comme celle qui sévi au pays déstabilise tout et elle fait perdre des années. Car, quand on concentre tous les efforts sur quelque chose qui n’était pas prévu et qui va absorber l’énergie, l’argent, les moyens, la concentration, même les opérations militaires, vous ne pouvez pas les mener parce que vous avez Ebola.

Au sujet du Conseil de sécurité, elle a dit que celui-ci est resté à Kinshasa parce qu’il avait un agenda super chargé et donc il ne pouvait consacrer que deux jours et on en a eu pratiquement trois, parce qu’ils sont arrivés le 5 octobre et ils sont partis le 7 octobre. Ce qui est, le plus important à son avis, c’est qu’ils ont pu rencontrer tout le monde. Cela a été pour eux très positif. Ils ont rencontré les autorités. Ils ont rencontré la majorité, l’opposition, la société civile, les femmes, [etc.]. Ils ont rencontré le Président de la République et ils ont eu un échange très fructueux avec tout le monde et ils sont rentrés satisfaits de la visite.

«  J’ai un mandat de bons offices. Je pense que les bons offices, c’est de ramener ceux qui détiennent une parcelle de décision dans le cadre de ce processus, je parle précisément des élections. C’est d’essayer de ramener les parties prenantes à un minimum de consensus, à un rapprochement entre les points de vue pour arriver à s’entendre, essayer de réduire les divergences parce que ce n’est dans l’intérêt de personne que ces élections ne se passent pas bien », dit-elle, avant d’ajouter que de toutes les façons, le Conseil de sécurité a constaté l’engagement des parties prenantes, il a entendu ce qui s’est passé, les progrès, ce qui reste à faire, les divergences. Cela a été vraiment une opportunité pour chacun de mettre sur la table ses préoccupations, mais aussi ce qu’ils sont en train de faire, je crois que cela a été important.

Et d’insister qu’il y avait bien évidemment les divergences sur les deux questions que vous tous, vous connaissez : la machine à voter et le fichier électoral mais aussi sur l’ouverture de l’espace politique et les mesures de décrispation. Donc, toutes ces questions ont été abordées et je pense que nous aurons l’opportunité d’avancer sur ce qui reste à faire.

Le deuxième point qu’elle a abordé, c’est la situation à Beni. « Comme vous le savez, d’abord, c’est une situation qui devient de plus en plus difficile pour l’ensemble de la population. Vous avez l’insécurité, vous avez des groupes armés qui opèrent, l’ADF, mais aussi des groupes congolais », souligne Leila Zerrougui, qui ajoute à ce tableau la situation de l’Ebola. Deux situations difficiles plus les divergences qui peuvent être créées par un contexte politique chargé à cause des élections. Tout cela fait que la situation est préoccupante.

« J’aimerais saisir cette opportunité d’abord de manifester, d’exprimer ma solidarité avec la population, avec les victimes, avec les personnes qui ont subi l’Ebola, avec toutes les victimes de cette situation difficile. Et j’espère que nous allons arriver à contenir, comme on l’a fait à Mbandaka, cette situation d’Ebola», explique-t-il, tout en pensant que c’est quelque chose qui rajoute au stress et aux difficultés des populations de Beni. Et elle espère que nous pourrons ensemble arriver à ce que ces souffrances cessent. Les populations de la RDC ont le droit de vivre comme toutes les populations du monde dans la paix, la sérénité, la stabilité, se tourner vers la construction de leurs institutions, de leur pays, de leur futur, le futur de leurs enfants.

Leila Zerrougui promet de visiter Beni

Mme  Leila Zerrougui  a promis de se rendre à Beni (Nord-Kivu) pour essayer de leur apporter son soutien et voir ce qu’on peut faire de mieux. « Je voudrais souligner que nous n’avons pas un centime dans notre budget qui est destiné à l’Ebola. C’est vraiment des décisions qu’on a prises, on a décidé de mettre tous les moyens, parce que dans le budget, nous on n’est pas l’Organisation mondiale de la santé (OMS). On n’a pas un programme pour la santé. Mais laisser les gens face à l’Ebola sans mettre les moyens surtout logistiques de la MONUSCO, sans l’appui de notre UNPOL, sans l’appui de nos troupes qui doivent assurer la sécurité de ceux qui vont pour soigner, pour aller dans l’épicentre, pour faire ce travail », constate-t-il.

Donc, on ne pouvait pas se permettre, c’est un luxe qu’on ne pouvait pas se permettre et c’est pour cela qu’on a pris cette décision d’être solidaire des populations, des partenaires humanitaires et de ceux qui s’occupent de l’Ebola mais aussi du Gouvernement.

Et de préciser que je pars à Beni avec le Ministre de la Santé, avec Kim Bolduc qui est mon adjointe qui s’occupe justement de ce travail, parce que nous voulons aussi envoyer un signal très fort à tout le monde parce que nous avons des difficultés. Les populations parfois ne sont pas préparées à cette maladie, le stress, la panique. Et donc, on a parfois des réactions qui vont à l’encontre de l’intérêt des populations et des personnes qui sont affectées.

Je voudrais aussi souligner que malheureusement nous avons un staff qui a été affecté. Nous nous occupons de lui. Il est actuellement en train de se soigner. Nous sommes en train de vacciner. Il y a eu des questions, je voudrais les précéder, pourquoi on ne vaccine pas tout le monde. Le vaccin est à un stade expérimental. C’est le Gouvernement, c’est l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui décide à qui l’administrer.

On cible les personnes qui ont les contacts, des personnes qui risquent d’être affectées. Ce n’est pas quelque chose qu’on achète en pharmacie et on l’administre à toute une population. Il y a cinq étapes pour qu’un vaccin arrive à être vendu dans une pharmacie.

Donc, à ce stade, il est encore la propriété de l’Organisation mondiale de la santé,  dans la décision médicale et le Ministère de la Santé. Donc, ce n’est pas quelque chose qu’on va, nous, la MONUSCO administrer, on n’a aucun pouvoir de ce côté. Notre rôle, c’est l’appui logistique, c’est la sécurisation, c’est l’accompagnement, mais nous n’avons aucune décision médicale que nous pouvons prendre.

La crédibilité du processus électoral, c’est pour les Congolais

Comme elle n’a cessé de le dire, Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en RDC insiste que la crédibilité du processus électoral, c’est pour les Congolais. « Nous sommes des observateurs. On peut être d’accord, ou ne pas être d’accord. L’essentiel, c’est ce que pensent les Congolais », dit-elle. Et d’ajouter que si on va vers des élections et on veut que ces élections soient crédibles, il est dans l’intérêt de la majorité et du Gouvernement avant l’opposition, que ces élections soient perçues comme crédibles et méritent donc l’effort et d’aller et de s’engager et de se présenter.

Donc, c’est important de donner des gages de crédibilité et d’ouverture pour que chacun se sente intéressé et se dise cela vaut le coup, je peux y aller et je peux gagner. Comment on peut garantir, comment on peut donner cette crédibilité, c’est quand on applique les mêmes règles à la majorité comme à l’opposition. S’il y a des règles, s’il y a quelque chose qui est interdit à tous, on l’interdit à tous. S’il y a quelque chose qui est permis, on le permet à tous.

La divergence qu’il y a aujourd’hui sur les manifestations publiques, c’est que l’opposition veut s’exprimer, le Gouvernement dit la campagne n’a pas encore commencé. Ce qui est vrai, la campagne n’a pas encore commencé mais donner des gages d’ouverture, permettre à l’opposition si elle est fâchée, si elle veut s’exprimer, dans la mesure où elle s’exprime dans le respect des règles, de l’ordre public, qu’il n’y a pas de violations, qu’il n’y a pas d’abus, ne peut que renforcer le processus. Même si on fait un effort, c’est un effort qui ne peut être que dans l’intérêt de tous. Donc, c’est important que les gens le sachent.

JMNK

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