Face aux injonctions néocolonialistes de Macron: Tshisekedi ne va pas céder

Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a regagné Kinshasa jeudi, au terme d’une mission de 48 heures à Nairobi, au Kenya où il a pris part aux travaux de la 4ème Assemblée générale des Nations Unies pour l’environnement organisée par le Programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP). Dans son intervention du haut de la tribune de ces assises, le Président de la République  a appelé à la sensibilisation  et à l’interdiction du déboisement dans la lutte contre la déforestation, ajoutant que la lutte contre le réchauffement climatique doit être permanente. Il a martelé  que la RDC avait un rôle particulier à jouer dans cette lutte.

En marge de ces travaux, le Chef de l’Etat a convenu « d’aller de l’avant », au cours d’une tripartite avec ses homologues kenyan Uhuru Kenyatta et français Emmanuel Macron. Les trois Chefs d’Etat qui partageaient un diner, après avoir échangé notamment sur le dernier processus électoral en RDC, ont conclu « qu’il faut avancer ».

Au cours de cette tripartite, à en croire la voix de l’Amérique, le président français Emmanuel Macron, en déplacement en Afrique de l’Est, aurait appelé son homologue congolais Félix Tshisekedi à « prendre son autonomie » vis-à-vis du clan de son prédécesseur Joseph Kabila. En plus, le chef de l’État français aurait par ailleurs appelé M. Tshisekedi à « faire des gestes vis-à-vis de l’autre opposition », à savoir l’opposant Martin Fayulu, qui revendique la victoire à la présidentielle de décembre, selon cette source.

C’est ainsi que la possibilité de former un gouvernement d’ouverture « a été évoquée » durant la rencontre, a précisé cette source. Toutefois, du point de vue de la France, pas question évidemment de réorganiser un scrutin », a indiqué cette source à l’Élysée, en référence aux appels de l’opposition. « On prend acte, mais il (M. Tshisekedi) doit apporter des gages pour prouver qu’il incarne bien l’alternance ».

Tshisekedi a rejeté les injonctions de Macron

De nos sources, nous apprenons que le Président de la Rd Congo, Félix Tshisekedi a rejeté ces injonctions néocolonialistes, donc pas d’ingérence étrangère dans la politique intérieure de la RD Congo. Selon une tribune de Crispin Kabasele, président de l’UDS, le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est le Président des Congolais et n’agira qu’en fonction des intérêts des Congolais.

« La France, la Belgique comme les autres parrains de Fayulu, Moïse Katumbi et Bemba doivent attendre les élections de 2023 », a-t-il indiqué, avant d’ajouter qu’au sortir du 30 Décembre 2018, il y a eu un Président élu, Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et une majorité parlementaire confiée au Front Commun pour le Congo (FCC). Le peuple a relégué Lamuka et Ensemble pour le Changement dans l’opposition. C’est le jeu démocratique.

Et de se demander, qu’est-ce qui se cache derrière l’idée d’un gouvernement d’union nationale véhiculée par les amis de George Soros et les parrains du Conclave de Genève de triste mémoire? La recolonisation de la RD Congo? Ce n’est pas possible. Très attaché à la souveraineté nationale, le Président Tshisekedi ne succombera pas aux sirènes fumeuses et compromettantes de ces puissances étrangères qui n’ont jamais voulu du bien au grand Peuple congolais depuis 1960.

Tshisekedi n’est l’otage de personne

C’est étonnant, que certaines personnes continuent à croire que Félix Tshisekedi serait pris en otage. Faux ! Félix est tout simplement otage de la Constitution de la République dont il est le Garant. Comme pour dire que Tshisekedi ne fera rien qui irait dans le sens de violer impunément la Constitution. Ceux qui lui disent de prendre la distance avec le pouvoir de son prédécesseur, devraient au moins savoir quel est le cadre qui nous régit. En République démocratique du  Congo, l’on est régi par la Constitution qui indique clairement que telle est Majorité parlementaire et telle ne l’est pas, sans oublier le mode de collaboration entre les différentes forces politiques du Parlement.

Si le cadre juridique qui nous préside est connu de tous, Tshisekedi n’aura pas d’autre choix que de le respecter pour le bonheur de la démocratie. C’est lui qui a l’effectivité du pouvoir, pendant que son prédécesseur n’est qu’Autorité morale de cette Majorité parlementaire. D’ailleurs, par des décisions qu’il prend, nombreux sont les analystes qui se rendent comptent que Félix Tshisekedi prend ses marques, en s’éloignant petit à petit de Joseph Kabila.

Même si des échos qui nous parviennent de Nairobi indiquent que le Président de la Rdc n’a pas cédé face à ces injonctions néocolonialistes, nous avons intérêt à rester éveillés entant que Rdc. Et ce, parce que c’est là qui n’ont pas obtenu le chaos avant les élections, qu’est-ce qui prouve qu’ils ont désarmé ? Ils peuvent toujours susciter des conflits imaginaires pour arriver aux mêmes objectifs. Que le Président Fatshi comprenne donc que tous les conseils qu’il reçoit ne sont pas que de bonne foi. Il y en a aussi qui lui sont donnés pour éprouver sa capacité en tant qu’homme d’Etat.

La présidence d’Emmanuel Macron qui a officiellement commencé le 14 mai 2017 lors de la passation des pouvoirs avec son prédécesseur François Hollande, il a été élu président de la République française le 7 mai 2017 sous la bannière de son mouvement En marche ! Dans ce contexte, peut-il nous rassurer qu’il a eu à composer un gouvernement d’ouverture ? Pourquoi doit-on conseiller à Fatshi ce que l’on ne saurait faire chez soi ? Et pourtant, la question ne se pose pas en Rdc, parce que tout est clair. Il y a un président qui a gagné la Présidentielle et il y a une Majorité qui est visible au Parlement. Et dans ce sens, la messe est déjà dite et l’on ne voit pas dans quel quota on pourrait caser Lamuka. C’est ici que beaucoup d’observateurs estiment que Lamuka ferait mieux de se comporter en opposition et d’être une alternance crédible pour le pays.

Soulignons qu’au cours de la même tripartite entre Tshisekedi-Macron et Kenyata, les pays étrangers qui attendent aussi la nomination du Premier ministre, lui ont conseillé « un cabinet d’ouverture, qui donne de la place à l’opposition ». Par ailleurs, Emmanuel Macron et Uhuru Kenyatta ont félicité le nouveau Chef de l’Etat congolais qui commence à donner des gages de bonne volonté à l’exemple de la réouverture de la Maison Shengen débaptisée Centre des visas européens.  Cette représentation consulaire, gérée par Bruxelles, était commune à 17 pays et délivrait des visas européens aux Congolais.

Le mandat de la force onusienne en RDC qui doit être renouvelé ce mois-ci, a été   aussi évoqué par les trois Chefs d’Etat. Pour l’Elysée,  « il faut un dialogue avec l’ONU pour savoir quel rôle elle jouera dans l’avenir ». La situation dans l’Est de la RDC, à Beni ou encore l’épidémie à virus Ebola a également figuré parmi les préoccupations soulevées par les partenaires de la RDC. Le Président Félix Tshisekedi est arrivé mercredi à Nairobi pour prendre part à ces travaux. C’est la deuxième fois que le Chef de l’Etat séjourne au Kenya en l’espace d’un mois, depuis son investiture le 24 janvier 2019.

Jean-Marie Nkambua

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