En Rd Congo: Le groupe chinois Huayou Cobalt accroît ses intérêts dans le projet de lithium Manono

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Le groupe chinois Zhejiang Huayou Cobalt a augmenté à 9,49% son actionnariat dans AVZ Minerals, via une souscription d’actions. Cela lui permet ipso facto d’accroître ses intérêts dans le projet de lithium et d’étain Manono, que détient AVZ en RDC, indique l’Agence Ecofin dans l’une de ses dépêches.

«Nous saluons le soutien continu de Huayou Cobalt Group pour le projet de lithium et d’étain Manono. Ceci illustre la qualité et le potentiel de classe mondiale du projet et nous sommes impatients de travailler avec eux pour le mettre en production», a déclaré le DG d’AVZ, Nigel Ferguson.

Huayou Cobalt est l’un des plus grands fabricants mondiaux de produits chimiques à base de cobalt, utilisés dans les batteries. Il possède une vaste expérience en RDC avec un certain nombre d’exploitations minières établies dans le pays.

Le plus grand fabricant mondial d’électrolyte de batteries

Il sied de souligner que la firme australienne, AVZ Minerals, s’est alliée le plus grand fabricant mondial d’électrolyte de batteries, le chinois Guangzhou Tinci Materials Technology en vue du financement du projet Lithium Manono. Depuis une année, au lendemain d’une paix arrachée au forceps par Kinshasa, entre pygmées et luba-bantous, Manono se bâtit une certaine renommée internationale pour les ressources minières dont regorge son sous-sol, dont le lithium, et les terres rares.

Le Groupe Forrest s’y est déjà pré-positionné. Il a installé, en mars 2018, une impressionnante centrale de production d’énergie solaire qui a pu redonner vie à un vétuste réseau de la Société nationale d’électricité (SNEL). Fin janvier dernier, AVZ Minerals a annoncé la levée de 10 millions de dollars australiens pour faire avancer son projet au Sud-Est de la République démocratique du Congo. La stratégie montée par la firme consiste, en effet, à lever des fonds à travers un plan d’achat d’actions. Les actionnaires éligibles pourront souscrire jusqu’à 15.000 dollars australiens de nouvelles actions de la société.

D’après AVZ Minerals, les fonds collectés serviront à accélérer les activités de pré-développement, comme l’étude de faisabilité définitive, y compris les essais hydrogéologiques, les études environnementales et l’assèchement de la fosse. AVZ Minerals détient, en effet, 60 % du Projet Manono qui couvre quelque 188 km². Selon Nigel Ferguson, le directeur général d’AVZ, le conseil d’administration a naturellement pris acte de la volonté des autres actionnaires de soutenir la progression du projet Lithium Manono ainsi que de la levée de fonds dont la finalité est de récompenser les actionnaires en leur offrant une méthode moins coûteuse pour soutenir AVZ Minerals.

Quant au mémorandum d’entente convenu avec Guangzhou Tinci Materials Technology, le DG d’AVZ estime qu’il offre au partenaire chinois la possibilité de s’approvisionner dans la mine de Manono. Ce n’est pas une révélation, des ONG ont récemment publié des rapports très alarmistes sur l’exploitation du cobalt par des jeunes enfants et des femmes enceintes dans la région du Grand Katanga.

Des firmes comme Ford sont devenues très regardantes sur leur circuit d’approvisionnement en cobalt et lithium. Mais que gagnera Manono, dans l’exploitation de son lithium ? Investisseurs et industriels chinois n’en ont dit aucun mot. Des observateurs croisent les doigts dans l’espoir que Manono n’y gagnerait pas que des regrets comme Tshikapa, Miabi, Djokompunda ou encore Mbuji-Mayi, où les impacts sociaux de plus visibles de l’exploitation du diamant après plus de 100 ans d’exploitation, demeurent les érosions, le désintérêt de la jeunesse pour le stylo et les cahiers au profit de la pioche et du « mutshanga », tamis de fortune des creuseurs des gemmes.

Piles et batteries rechargeables

Pour rappel, le lithium entre dans la production de piles et de batteries rechargeables ou à haute tension, des lubrifiants spéciaux, le traitement de l’air vicié par le gaz carbonique. Il est aussi utilisé dans la métallurgie, l’industrie du caoutchouc et des thermoplastiques, la chimie fine ou encore dans l’industrie du verre et des céramiques. Les réserves mondiales de lithium étaient estimées en janvier 2018 à quelque 16 millions de tonnes et l’ensemble des ressources identifiées à 53,8 millions de tonnes.

Mais ces statistiques pourraient vite évoluer d’autant plus que cinq ans plus tôt, l’on estimait à 13 millions de tonnes seulement le stock mondial dont 58 % pour la seule Bolivie et 27 % pour la Chine. La RDC n’a jamais été citée comme potentiel producteur à l’échelle mondiale par les grandes agences comme l’USGS. Quant à la production, elle s’est chiffrée à 43 000 tonnes en 2017 au monde, hormis les États-Unis qui n’ont guère daigné publier leurs productions pour des raisons stratégiques.

De cette production, la Chine en était à 7 %, l’Argentine a fourni 13 % de la production mondiale, contre 33 % pour le Chili et 43 % pour l’Australie. Sans doute qu’avec le projet Lithium Manono, l’Australie veut maintenir sa position dominante dans le marché de ce minerai qui n’existe pas à l’état natif dans le milieu naturel. Le lithium est, en effet, un métal mou, gris argenté de couleur, se ternit et s’oxyde très rapidement au contact de l’air et de l’eau.

JMNK

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