Après les festivités de fin d’année: Les écoles activent le recouvrement des frais scolaires

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La mi-janvier est une période où les écoles s’activent à recouvrer les frais scolaires. Tous les matins dès 9heures, des groupes d’élèves en divagation sont perceptibles dans les rues de Kinshasa. Ce sont des élèves non en règle des frais scolaires et qui sont renvoyés à la maison sans ménagement. L’après-midi, c’est à partir de 13 heures 30 minutes, soit une heure après le début de la deuxième vacation. Un promoteur d’école a livré cette confidence : « Après les festivités de décembre, les écoles doivent remettre au point les finances, afin de notamment bien aborder la session de février. Chaque enseignant ou autre employé de l’école a sapé ses petites économies, fin décembre, pour  festoyer avec sa famille. Et les regards sont présentement tournés vers moi, pour des raisons évidentes. La caisse de l’école doit être à la hauteur d’apporter quelque  sourire, pour remonter le moral collectif. Pour cela, je dois bousculer les parents, en mettant les enfants dehors », a-t-il dit.

Depuis des  décennies, en effet, l’exclusion des élèves non en règle des frais scolaires a été adoptée comme moyen de pression sur les parents. Plus d’une fois, le gouvernement s’est opposé à la pratique, mais sans succès.

En effet, chaque année scolaire présente ses « spectacles d’élèves litigieux ». Ceux-ci sont en vadrouille, faute de retourner instamment à la maison. Une fois en dehors de leurs écoles respectives, ces élèves pénalisés se regroupent en fonction des affinités. La tentation d’errer en lieu et place de prendre le chemin de la maison habite leur mental collectif, en pareilles circonstances. D’où, le déséquilibre psychologique entrainant quelquefois  l’égarement autant de filles que de garçons d’âge pubère.

Quand le gouvernement s’oppose, des écoles persistent dans la pratique    

Officiellement, le gouvernement de la République n’a jamais acquiescé cette situation d’élèves hors de l’école à cause des frais scolaires. Du pareil au même, cela préoccupe bien des parents qui prennent à cœur le devenir de la jeunesse. A chaque école fonctionne un comité de parents considéré comme une structure partenaire et interlocutrice de l’établissement. « A l’impossible, nul n’est tenu », renseigne un adage. Au Congo, les écoles fonctionnent en dehors de subvention. Celles du secteur privé font entendre une voix plaintive, demandant notamment à l’Etat de réduire les charges fiscales.

Dans le même ordre d’idée, les services publics qui gèrent le secteur énergétique (eau et électricité), catégorisent lesdites écoles dans l’ordre des consommateurs commerciaux. Une clause qui sous-entend des factures assez gonflées. Ce qui déplaît aux écoles du secteur privé qui se disent méprisées. « A ma connaissance, beaucoup d’écoles du secteur public ne s’acquittent même pas des factures d’énergie. Entretemps, les services concernés nous taxent à nous étrangler, et pourtant les élèves que nous recueillons appartiennent à l’Etat », a déploré un gestionnaire d’école du secteur privé. Les parents sont donc appelés à mettre la main en poche, pour scolariser leur progéniture. Faute de quoi, s’ensuit l’exclusion. Et un préfet d’école de témoigner : « Les écoles, soient-elles du secteur privé sont des œuvres sociales. En imposant des taxes démesurément et des factures d’énergie comme si ces établissements avaient vocation commerciale au sens brut du terme, l’Etat les met en situation d’user des moyens  disponibles et imaginables, pour mobiliser les fonds, afin de s’acquitter de ces charges. (…) », a-t-il fait observer.

Payne                  

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