A travers un projet de 502 millions de dollars Us: La Banque mondiale veut relever le défi de la malnutrition en Rdc

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M. Jean-Christophe Carret, nouveau Directeur des Opérations de la Banque mondiale pour la Rdc

M. Jean-Christophe Carret, nouveau Directeur des Opérations de la Banque mondiale pour la République démocratique du Congo, a échangé vendredi dernier avec la presse, pour expliquer en détail le Projet multisectoriel de nutrition et de santé, d’une  enveloppe globale de 502 millions de dollars, mais aussi pour parler de la stratégie de partenariat entre son Institution et la Rdc pour les cinq prochaines années.

« Parmi les enjeux du développement, il y a la malnutrition, quelque chose qui frappe les enfants et qui se manifeste par un retard de croissance. Ce fléau touche 45% d’enfants. Et si on regarde la situation en nombre absolu, c’est 6 millions d’enfants », dit-il, avant d’ajouter qu’en Rdc, il y a plus d’enfants qui souffrent de la malnutrition qu’il y a 20 ans. Et ce, explique Jean-Christophe Carret, suite notamment au taux de fertilité, soit 7 enfants par famille.

Au regard de cette situation, il faut agir rapidement et à l’échelle. D’où ce Projet multisectoriel de nutrition et de santé, qui bénéficie d’un financement mixte, c’est-à-dire un don et un crédit et c’est la première fois qu’il y a ce montant de 502 millions de dollars. C’est un projet qui doit en principe intéresser ¼ d’enfants. Voilà qui fait dire à M. Jean-Christophe que ce projet est un enjeu de développement gigantesque.

Soulignons qu’en Rdc, 45 % des enfants décèdent avant leur cinquième anniversaire, faute notamment de nutrition adaptée. C’est là un enjeu majeur pour le pays. Le projet entend réduire la prévalence des retards de croissance, fournir des services communautaires et primaires de soins de santé et de nutrition et assurer des services de planification familiale dans les provinces de Kwilu, Kasaï Central, Kasaï et Sud-Kivu.

« On ne vas pas faire un seul projet, mais des projets qui vont s’étaler sur 10 ou 15 ans. Et ce, parce que la malnutrition est un problème social qui exige un changement  de comportement. En plus, ce n’est pas un problème qui se règle avec la technique, mais en changeant des habitudes », indique le n°1 de la Banque mondiale en Rdc, qui renchérit que ce projet est en lien avec le capital humain. Parce que contrairement à ce qu’on pensait, le développement n’est pas relatif à la richesse, ni aux investissements. On s’est aperçu que l’un des déterminants, c’est la qualité de l’investissement dans le capital humain.

C’est ici que Jean-Christophe a donné trois composantes, que sont la qualité de l’investissement dans la nutrition, la qualité de l’investissement dans l’éducation et dans l’accompagnement en soins de santé. Et un pays qui investit dans la population a beaucoup plus de chance de se développer.

Dans un autre chapitre, le Directeur des Opérations a révélé que la Banque mondiale, après avoir beaucoup fait depuis 17 ans de présence en Rdc, va continuer à travailler dans les infrastructures. Elle va pour ce faire redoubler d’efforts et ce projet donc le premier édifice pour permettre à la Rdc de devenir un pays à revenu intermédiaire.

Il a aussi annoncé que son Institution prépare sa nouvelle stratégie dans le cadre de son partenariat avec la Rdc pour les 5 prochaines années. Et ce, avec un focus sur les investissements dans le capital humain. « Nous allons continuer avec les infrastructures, l’amélioration du climat des affaires, l’amélioration de la gouvernance et la mobilisation des recettes domestiques », précise-t-il, parce que la Rdc a une pression fiscale de seulement 9% du PIB, pendant que la moyenne Afrique subsaharienne est de 15%.

JMNK

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