Zaïko, Isifi, Langa Langa Stars et 13ème apôtre

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Evoloko  Lay Lay, «  la carte qui gagne »,  est – il perdant ?

Dans une conspiration, paraît –il, initiée par le saxophoniste  Verckys Kiamuangana  Mateta,  patron des éditions « Vévé », actuel président de l’Umuco et celui de la Socoda,   dans le seul but  de déstabiliser les orchestres Viva-la-Musica  et Zaïko  Langa- Langa, en récupérant leurs meilleurs éléments : Evoloko  Athuamo « Jocker la carte qui gagne », dominant encore la scène musicale congolaise en 1981, se laisse impliquer.  L’artiste parvint à créer l’orchestre  Langa Langa Stars pour lequel il était le meneur. Il se trouva à la tête et aux commandes d’un des groupes les plus forts de la RDC (Zaïre à l’époque),  avec sept têtes d’affiche, grosses pointures, on les appela les « Sept patrons ba croix- rouge baye », lui- même devint le « patron des patrons ». Langa Langa Stars fut, sans nul doute, historiquement l’un des orchestres les plus éphémères  à l’instar de « Les marquis ». Il y avait des musiciens tels que   Dido Yogo,  Kisangani Espérant « Djenga  K », Djuna  Djanana, Bozi Boziana, Djo Mali, Roxy  Tshimpaka,  et Petit Prince. Ladite formation musicale fit un énorme succès notamment avec les chansons telles « Leya » (Evoloko),  «  Chérie Bakutu » (Djo Mali), « Tantine Betena » (Didi Yogho), « Solanga » (Djanana), « Tête africaine » (Kisangani Espérant Djenga K),  « La miniona » (Bozi Boziana), « Requiem » (Evoloko), « Soleil Adieta » (Evoloko), « Parapluie » (Djanana), « Moyeke »(Evoloko), « Péché Mortel » (Kisangani Espérant), etc…

En 1983, l’orchestre Langa Langa Stars va traverser une des épisodes les plus dramatiques de l’histoire de la musique congolaise. Evoloko, jadis meneur de jeu en qualité d’auteur-compositeur-chanteur-danseur, doit faire face non seulement à la crise de leadeship, mais aussi et surtout aux départs  dans un orchestre qui lui a était servi sur un plateau d’or par Verckys  Kiamuangana  Mateta. Après tout, ne dit-on pas qui tue par l’épée périt par l’épée !

Les sept patrons commencèrent à se retirer un à un, pendant que  les groupes  Victoria  Eleison  et Choc Stars  dominaient désormais la scène musicale kinoise avec Zaïko  Langa  Langa.

L’épisode Langa  Langa Stars se solda par le départ du chanteur Dido Yhogo pour Zaïko  Langa  Langa. Egalement, le chanteur Djanana et le guitariste Djo Mali, les plus fidèles d’Evoloko Athsuamo  pour l’orchestre Choc Stars  en 1985.

Exil de 15 ans en Europe, Evoloko détrôné

L’histoire se répéta donc pour Evoloko. De 1986 à 1989, il s’employa à sauver ce qui restait  de l’orchestre Langa  Langa Stars  avec le recrutement de  Maseya, Coco Anana et de Dicky-le-roi. Evoloko chanta alors  « Bedadi », « Rose de Paris », « Muana Ekanga », « Doné », « Fleur de Bangui » et autres tubes très succulents.

Toutes choses restant égales par ailleurs,  cette version du  groupe  Langa  Langa Stars était condamné à son tour à disparaître comme Isifi Mélodia en 1978. Sauf que cette fois-ci,  Evoloko lui-même préféra s’exiler en Europe  comme en 1978 après la disparition de Isifi Mélodia.

Il faudrait reconnaitre  que la pression fut énorme et pesait lourd sur Evoloko. Toutefois, le prévisible dénouement fut par ailleurs  précipité par l’inexorable migration locale congolaise  vers Paris et Bruxelles où Papa  Wemba  et Koffi  Olomidé  étaient  déjà solidement  installés. Cette migration amorcée quelques années  plus tôt par Franco Luambo Makiadi  avec des chansons telles « Makambo ezali minene », « Mamou » et autres. Cees chansons relatèrent  la vie loufoque  de femmes  zaïroises  de Bruxelles, furent par ailleurs  récupérées  et en suite dominées par Papa Wemba  et Koffi Olomide  grâce aux chansons  qui glorifient  la vie  de désœuvrement  que mènent  les jeunes congolais  vivant en Europe.

Evoloko  s’installe à Paris

Installé à Paris, Evoloko  n’a pas apparemment  d’objectif clair. Néanmoins, il essaya d’y bâtir une présence. Alors, il collabora avec l’arrangeur Souzy Kaseya et sort l’album « Mbongé » qui fut un succès considérable. Mais curieusement, Evoloko en tant que vedette, avait moins de succès que son album. Souzy Kaseya qui  en était son directeur artistique  et le  promoteur était plus orienté vers le World  Music où Evoloko était un parfait inconnu. Il décida ensuite de tenter une stratégie qui avait réussi à Papa Wemba,  mais la transition vers une musique  qui glorifie le désœuvrement et la médiocrité  se révéla difficile. Pourtant, c’est bien ce que les parisiens kinois attendirent de lui. D’où, il chanta avec Strervos Niarckos  et aussi avec Papa Wemba  lui- même dans l’album dénommé « B-52 ». Toutes ses tentatives  n’ouvrent pas la porte à Evoloko pour asseoir son aura dans la communauté congolaise  de l’Europe. Il commença alors ce qu’il appellera la traversée du désert, un désert sans fin.

Evoloko, l’éternel perdant ?

Evoloko appartient à la classe musicale de la fiesta, un style rythmique très apparenté au rythme  soul américain (on se souviendra de la frappante  similitude  de ses mouvements de danse avec ceux du roi  du Soul, l’Américain  James Brown, lesquels  furent le fondement de Cavacha). Avec sa voix aiguë et limpide, très charmante, il est parvenu à créer  toute une école. Ses pairs lui reconnaissent un des pionniers  et leaders  de la musique africaine  moderne et la musique congolaise lui doit beaucoup.  Il est vrai que nombreux musiciens congolais ont appris  à ses côtés,  avant de devenir  les vedettes qu’ils sont aujourd’hui. On citera  des musiciens tels Bozi Boziana, Dido Yogho, Djanana, Nyoka  Longo  pour ne citer que ceux-là…

Pourtant, l’artiste Evoloko apparait comme un éternel perdant ! L’homme semblait être conscient de son imaginable échec quand il entonna la chanson « … mokolo na kozua bayamba mpe nga lokola bango… » (Le jour où je réussirai, on m’acclamera comme eux. Il se réfère, selon certains observateurs musicaux  de Papa Wemba, Nyoka Longo,  Koffi Olomide et Bozi Boziana  face auxquels il a perdu le combat pour la gloire. L’amour des Congolais et la reconnaissance de ses pairs.

Deux faits à noter cependant. Papa Wemba, le seul musicien congolais valablement  comparable à Evoloko sur le plan artistique est arrivé à évoluer sur la scène internationale, alors qu’Evoloko  est resté plutôt local. Par ailleurs, le fait que parmi les jeunes musiciens  de la première génération  qui ont quitté l’orchestre Zaïko  Langa  Langa, Evoloko est le seul à y retourner pour le quitter à nouveau,  mais sans pouvoir  maintenir un orchestre à lui. Pour ces seules raisons, l’image du perdant  continuera à lui coller à la peau.

La fin d’une épopée

L’exil européen d’Evoloko a duré pendant quinze années. Durant cette période, il deviendra la risée de la communauté congolaise de Paris et de Bruxelles.

En 2004, il décida  de retourner à Kinshasa, espérant relancer sa carrière. Mais Kinshasa  a bien changé. La capitale congolaise est littéralement  assiégée par des petits groupes  musicaux  contrôlés par des gros noms comme  Papa Wemba, Koffi Olomide, Nyoka Longo, Tabou Ley et bien sûr Verckys. On ne peut non plus  mettre de côté  les pôles de Wenge Musica, qui se sont présentés  parmi les obstacles majeurs à Evoloko… Comme qui dirait, le malheur ne vient jamais seul. L’artiste-chanteur avait purgé une peine de prison de  18 mois, cité dans une affaire de viol daté de 2008. Il a été condamné  au 1er degré  à 10 ans de prison ferme  et en appel à 5  ans de prison  et fut gracié  au milieu de l’année 2010. Retranché dans son fief de Yolo, Antho Nickel Joker toujours égal à lui-même, se produisait chaque  week-end à l’espace « Sika Loboko », au beau marché,  dans la commune de Barumbu. Il permet à son public de se souvenir du vieux et beau temps  de l’époque. Il exhume ses chefs-d’œuvre  et autres  anciens succès  sur demande du public.

A la grande surprise générale, il se manifeste à travers un album dénommé « Déjà Déjà » lancé sur le marché du disque depuis plus d’un mois.

Koffi Olomide le repêche dans son dernier album  de sa carrière musicale  « 13ème apôtre » à travers un feat  qui a permis de le redécouvrir auprès de nombreux mélomanes.

(Franck  Ambangito)

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