Yoka Lye : « le vrai problème de nos sociétés de droits d’auteurs, c’est la gestion (…) »

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Le Directeur Général de l’INA, auteur et dramaturge, ce grand homme de culture n’a pas caché sa vision sur ce secteur qui ne cesse de patauger. Invité sur la radio Okapi, Yoka Lye a brossé la situation générale des droits d’auteur en République démocratique du Congo, creusant les maux qui le gangrène tout en proposant des pistes de sortie de crise.

« En 1986, il y a eu l’éduction d’une loi sur les droits d’auteurs et droits voisins. Mais cette loi est dépassée. Entretemps, il y a eu des conventions internationales de l’ANPI, de l’UNESCO sur les différentes vies créatives et il y a eu aussi le principe du folklore. Comment rémunérer le folklore à partir du moment où la rémunération est nominative ? Il y a eu aussi l’évolution de mentalité, l’internet, la copie privée. Deuxièmement, c’est la gestion collective de droits d’auteurs, nous étions pionniers parce que rompant avec la tradition qui nous mettait sous la tutelle des institutions belges, nous avons crée la SONECA comme coopérative qui a duré jusqu’aux années 2000, 2001 avec les fortunes et les infortunes qu’on connait. Et on a cru qu’il fallait conforter la dimension d’autonomie de la maison de droits d’auteurs en tant qu’une maison de coopérative en créant la SOCODA », retrace-t-il.

Revenant à la situation actuelle des droits d’auteurs et des droits voisins, il se pose plus d’une question surtout entre l’œil du public-privé, « Il me semble, aujourd’hui, qu’il faut définir clairement : veut-on une société d’Etat ou une coopérative privée ? Quels sont les avantages de l’une ou l’autre option ? Je me rends compte, tous ceux qui crient, notamment les artistes, pour l’indépendance et l’autonomie exclusive de la coopérative, continuent à se référer à l’Etat » se questionne cet auteur critique.

Coopérative de droits d’auteurs mixte public-privé

Aussi du côté de l’Etat, souligne t-il, il ne se rend pas compte qu’il n’a pas suffisamment de confiance de la force de l’autonomie que réclament les artistes. « A un moment donné, nous avions pensé qu’il fallait une société qui pouvait allier les deux. C’est-à-dire une société mixte qui est tenue par les artistes avec un droit de regard des artistes et créateurs parce que ce sont leurs œuvres et toujours avec un œil de l’Etat comme arbitre. L’autre problème, c’est que la gestion de droits d’auteurs est multidisciplinaire. La SOCODA a le monopole, est-ce une bonne chose ? Le monopole de la SONECA donne les avantages aux musiciens, peut-être ils sont prépondérants, peut-être ils sont plus en vue encore que ce n’est pas tout à fait vrai parce que de plus en plus, les autres formes d’arts émergent ».

Mais, il y a un petit problème; de plus en plus des voix se lèvent notamment dans les autres catégories artistiques notamment les dramaturges, les littéraires, peintres, les photographes,… pour faire éclater la SOCODA pour que chacun se retrouve dans sa propre sphère. Est-ce c’est faisable ou  pas ?

« Là, on peut aller dans une forme de compromis pour faire une confédération, pour que chacun gardant son autonomie relative dans son secteur, qu’il y ait une concertation de confrontations stratégiques de différentes formes de structures, des micros structures qui existent. On en est à ce débat-là»,  propose t-il

Et de regretter qu’au-delà de tout, le vrai problème  c’est la gestion. La question de rationalité et discipline managériale. La Question d’éthique et de déontologie qu’il faut aussi résoudre».

(Onassis Mutombo)

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