Vote des Congolais de l’étranger: Antoine Boyamba propose l’amendement de l’article 10 de la constitution

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Pour la première fois dans l’histoire de la RD Congo, les Congolais vivant en dehors du territoire national pourront voter ou se faire élire lors de la prochaine présidentielle. Mais, dans un contexte politique tendu, le pays a-t-il réellement les moyens de les enrôler ? Et ce, lorsqu’on sait que la CENI a opté pour l’organisation d’une révision totale du fichier électorale, opération qui aura besoin de 16 mois et un jour. Délai qui a commencé à courir depuis le 10 février 2016, jour de la publication de l’appel d’offre international pour l’acquisition des Kits d’enrôlements. De passage à Paris, Antoine Boyamba Okombo, vice-ministre des Congolais de l’étranger, s’est dernièrement confié à Jeune Afrique.

A la question de savoir, à quand l’enrôlement des Congolais de l’étranger, auxquels la réforme électorale de 2015 permet désormais de voter et de se faire élire en RD Congo ? Antoine Boyamba souligne que les Congolais sont dissimulés sur les cinq continents. La RD Congo ne dispose que de 67 ambassades à travers le monde. Comment faire ? La tâche n’est pas évidente. « Nous y réfléchissons au sein d’une commission tripartite qui se réunit tous les mois. Elle regroupe le représentant du gouvernement, les ambassadeurs étrangers affectés en RD Congo mais aussi d’autres partenaires comme le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ainsi que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) », précise-t-il.

Et de renchérir que nous estimons aujourd’hui qu’il existe au moins 8 millions de personnes originaires de la RD Congo qui vivent à l’étranger, y compris celles qui ont acquis la nationalité de leur pays d’accueil. Or la législation congolaise actuelle ne permet pas à ces dernières de prendre part au processus électoral. Seuls les Congolais de l’étranger disposant d’un passeport national, d’une carte consulaire et d’une carte de résidant du pays d’accueil pourront voter. Ne pouvant pas présenter ces trois documents, des ressortissants de la RD Congo qui ont pris une nationalité étrangère ne pourront pas voter : ils ne sont plus congolais !

Pour un amendement de l’article 10 de la constitution

Appelé à s’expliquer s’il y a contradiction entre le principe d’irrévocabilité de la nationalité congolaise d’origine adopté lors des « concertations nationales » tenues à Kinshasa en septembre 2013, le vice-ministre pense que ces conditions sont conformes à la loi. Il n’y a donc aucune contradiction. Au niveau du gouvernement, nous avons enclenché cependant un processus qui aboutira à l’application de la résolution n°3 des concertations nationales, laquelle consacre en effet le principe d’irrévocabilité de la nationalité congolaise d’origine. Mais ce projet de loi nécessite la modification de l’article 10 de la Constitution qui stipule que la nationalité congolaise est une et exclusive.

Or, en RD Congo, chaque fois que l’on parle de révision constitutionnelle – même dans un bon sens – les voix s’élèvent pour s’y opposer. Pourtant, pour que tous les Congolais d’origine votent à la présidentielle, il faudra réviser la Constitution. Je leur demande alors de lancer une pétition pour demander un référendum à ce sujet.

En dépit du fait que des députés qui ont acquis une autre nationalité bénéficient d’un « moratoire », le vice-ministre soutient qu’il serait plus facile pour tout le monde que toute personne née congolaise ou ayant des ascendants congolais puissent exercent ses droits civiques. C’est pourquoi nous avons déposé un projet de loi. C’est une démarche qui vise à rassembler les Congolais, au delà des camps politiques.

Au sujet du phénomène « Combattants », le ministre estime qu’il a été créé par la haine et la xénophobie des nostalgiques du régime de Mobutu. Ces derniers avaient ainsi lancé le poison de la division au sein de la diaspora, en s’arrogeant le droit d’attribuer, ou pas, la qualité de Congolais à tel ou tel animateur des institutions en RD Congo. Cela a conduit à des voies de fait contre certains représentants du pouvoir qui ont subi, pendant quelques années, une forme de fatwa inacceptable.

Aujourd’hui, depuis notre arrivée aux affaires, le climat est beaucoup plus apaisé. Nous avons entamé le dialogue et nous avons demandé à ces « combattants » de se muer en partis politiques pour faire entendre leur voix. Beaucoup sont désormais prêts à rentrer au pays et disposés à participer au dialogue politique inclusif convoqué par le président Joseph Kabila.

Depuis un certain temps, des Congolais sont souvent victimes d’actes de racisme, de meurtres… « Nous suivons la procédure diplomatique normale. Nous n’enverrons pas les avions de chasse pour bombarder des pays où nos compatriotes sont malmenés. Nous exigeons par ailleurs des pays d’accueil des Congolais qu’ils respectent la Convention de Vienne, qui leur demande de protéger les étrangers sur leur territoire. Inversement, nous demandons à nos concitoyens de respecter les lois et les coutumes des pays qui les accueillent », conclut Antoine Boyamba, vice-ministre des Congolais de l’étranger.

(JMNK)

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