Vivre avec handicap: Les femmes infirmes peuvent travailler comme tant d’autres

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« Femmes vivant avec handicap », tel a été le thème retenu pour ce vendredi au Journal l’Avenir afin de recueillir divers avis auprès des concernées.

Pour ce faire, nous nous sommes rendus au Centre de rééducation Physique de Kinshasa, situé sur l’avenue des huileries, dans la commune de la Gombe. C’est à cet endroit que nous avons rencontré Madame Saday Bilungini Yakini, une femme d’une soixantaine d’années d’âge. Boiteuse de son état et courageuse, elle vient tous les jours travailler comme caissière dans ce centre.

Actuellement, pour des raisons de santé, elle fait l’intérim de la caissière du département de radiologie. Dans les lignes suivantes, découvrez les propos que nous avons pu recueillir auprès de cette dernière.

« En lieu et place de quémander comme ceux-ci qui sont dans ma situation, je me prend en charge. Dans une société comme la nôtre, le manque de travail pour  nous qui sommes porteuses d’un quelconque handicap, est une belle occasion pour certaines personnes de mauvaise foi de nous dénigrer. Et quand bien même nous exerçons un métier, il existe toujours des gens pour proférer des insultes à notre égard.», a-t-elle déploré.

La caissière citée ci-haut affirme qu’elle a été séparée de son mari et n’a pas d’enfants. Cependant, elle scolarise et nourrit ses neveux, nièces, etc… avec le salaire qu’elle gagne.

Difficultés rencontrées dans différents milieux

« Parfois, les chauffeurs n’acceptent pas de me prendre, ils m’appellent « faux-tête », nom qui fait allusion aux personnes qui ne payent pas le transport. Ils m’injurient sans tenir compte de mon âge, c’est pénible. Parfois, à mon retour à la maison, je pleure beaucoup suite à ce que j’endure la journée.», a affirmé madame Saday Bilungini Yakini.

La comptable dit être la preuve que certaines familles n’acceptent pas que leur frère ou fils épouse une infirme. Elle a été mariée mais avec la pression reçue par sa famille, son mari a dû la quitter.

« Après cette déception, je n’ai plus eu le goût de me remarier. Bien que j’ai reçu des propositions de beaucoup d’hommes, j’ai décidé de ne plus me faire de la peine. Juste à voir comment se comportent nos frères, Je me demande si quelqu’un voudrait volontairement naître avec une infirmité. Je suis ce que je suis, je l’assume.», a regretté notre interviewée.

La trésorière de ce centre de rééducation des personnes vivant avec handicap, raconte une histoire selon laquelle elle aurait pu être tamponnée par une voiture roulant à vive allure dans la soirée du mercredi dernier.

« La conductrice, interpellée par une vendeuse d’avocats qui m’a aidé à garder l’équilibre, répondit à ces mots : « foutez-moi la paix, est-ce que celle-là est un être humain?, qu’elle aille se trouver un endroit pour des gens comme elle, à la place de venir se placer inutilement  la route.» j’étais restée sans mots. A ce que je sache, Dieu n’a pas créé un monde pour les personnes sans handicap et un autre pour nous qui vivons avec des infirmités », tel a été le regret exprimé par cette dame que nous avons interrogée.

Elle ajoute que même dans les différents marchés de la place, elle est très mal vue. D’autres refusent de lui vendre des produits, simplement parce-que selon eux, elle n’a pas l’apparence de quelqu’un qui peut acheter.

Appel au respect

« En réalité, le respect mutuel ne devrait rien coûter. S’il est difficile pour tout le monde de nous apprécier  avec nos défauts, qu’il le fasse au moins parce-que, comme eux, nous avons aussi été créés à l’image de Dieu. Nous sommes humains avec beaucoup de capacités. Je vois plein de clochards avec des jambes en bon état. Personne n’en parle. Alors, nous qui vivons avec handicap, méritons respect et considération », dixit Saday Bilungini Yakini.

(Lofoli Gloria/Stagiaire Ifasic)

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