Violences faites à la femme: Les mèches « kabelo » revendues après plusieurs usages

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Dans les quartiers de Kinshasa comme sous d’autres cieux, les femmes veulent se parer, se coiffer pour paraître davantage belles. Mais là où le bât blesse, c’est dès lors que des pratiques susceptibles de nuire à la santé individuelle et collective s’incrustent en mode de vie. C’est le cas du port des mèches communément appelées kabelo, que des femmes remettent sur le marché « koweit » (circuit informel) à Kinshasa, après plusieurs usages. Un argument est suspendu aux lèvres des femmes qui s’adonnent à cette pratique : « ebebaka te, ewumelaka » (pour dire : cela conserve durablement la bonne qualité). Il nous revient que ces mèches sont vendues à un prix excessif. Et plus le temps passe et que cela change de têtes, plus le prix initial tend vers le bas. Selon des habitudes courantes, celles qui constituent la chaîne de porteuses de ces mèches ne se connaissent pas nécessairement. Quand la précédente est en besoin d’argent, elle cherche preneuse ou s’en débarrasse carrément au marché d’occasion su-évoqué. Ce secteur recueille tout ce qui provient de la maison, partant des habits jusqu’aux ustensiles de cuisine.

Mèches kabelo et bana ya vernis : deux pratiques qui enfreignent l’hygiène publique

La pratique « bana ya vernis » (entendez : de jeunes ambulants nettoyeurs d’ongles) est fort ancré dans les milieux féminins à Kinshasa. Dans les rues, dans les marchés, à proximité des écoles et des églises, le service que proposent ces ambulants, à savoir la pédicure est très prisé des femmes. Cette situation prévaut dans un contexte où les médias locaux s’activent à véhiculer des messages de lutte contre le VIH et les maladies sexuellement transmissibles, MST. En effet, les bana ya vernis utilisent des objets tranchants non stérilisés, pour nettoyer les ongles. Ils greffent aussi de faux cils en utilisant de la colle liquide.

Dans le même ordre d’idée, les mèches à planter kabelo posent un réel problème d’hygiène publique et partant, celui de santé publique. Il appartient aux autorités de prendre des mesures qui s’imposent, quand la santé publique est sous menace des pratiques non logiques. « Mon peuple périt parce qu’il lui manque la connaissance », a révélé un rédacteur biblique.

Le mois de septembre 2015 a consacré l’échéance des Objectifs du millénaire des Nations-Unies pour le développement, OMD. En 2000, en effet, le Sommet du millénaire des Nations Unies avait enjoint les gouvernements des pays en développement à mettre les moyens, pour diminuer le taux de mortalité féminine. Trois mois après l’échéance, « pouvoir pour le peuple » oblige, le gouvernement n’a pas moins le devoir de rendre compte du temps parcouru, des actions menées et celles qui restent à réaliser et les moyens déployés pour ce faire. Car les violences faites aux femmes prennent corps, dès lors que l’autorité qui veille sur la santé publique donne blanc-seing à des pratiques susceptibles de pousser à un suicide collectif une frange de la population. L’insalubrité courante dans les marchés de Kinshasa, la consommation à vue d’œil des liqueurs fortes surnommées « zododo », l’absence de robinet et l’état dégradant des latrines dans des écoles, l’asphyxie administrative du service d’hygiène, sont autant de réalités à déplorer.

(Lepa)

 

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