Ville province de Kinshasa

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Gestion des déchets : quel programme pour remplacer le projet PARAU ?

Les droits de l’humain ont un point commun depuis 1995 et le slogan est « les droits de l’humain partout, pour tous et tout le temps ». C’est ce qui motive l’ONG Environnement Sain Sans Frontière(ESSF). Cette structure défend les droits de l’humain et de son Environnement à mettre à la disposition des Congolais et ceux du reste du monde qui veulent voir la Rdc avancer dans la bonne direction.  Cette réflexion interpelle non seulement les autorités politiques, mais aussi les hommes d’affaires qui peuvent explorer ce secteur si prometteur.  

Les Congolais dans l’ensemble et le Kinois en particulier, ont applaudie l’initiative si louable qui était celle de gérer durablement les déchets domestiques de Kinshasa. Ce projet de l’Union européenne qui, au nom de la solidarité humanitaire et du devoir du soutien aux pays vulnérables, était intitulé : Projet d’appui à la réhabilitation et l’assainissement urbain (PARAU). Cela remonte en 2007. C’est au mois d’août dernier que ledit Projet a mis la clé sous le paillasson.

Ce timing était bien connu de toutes les autorités du pays et ceux qui sont dans le domaine de la gestion environnementale. Car les responsables du Projet ne cessaient de répéter qu’on s’acheminait vers la fin de cette initiative. A cet effet, un communiqué a été publié, daté du jeudi 11 juin dernier, et relayé par la presse nationale et internationale. Lequel communiqué était destiné premièrement aux autorités , puisque pour l’Unio européenne (UE), le projet n’était que pilote, il consistait à éveiller les consciences de ceux qui ont la responsabilité et le devoir de garantir un environnement sain à tous les Congolais, comme il est bien écrit dans la Constitution en son article 53 stipulant : « toute personne a droit a un environnement sain et propice à sa santé, elle a droit de le défendre, l’Etat veille à la protection de l’Environnement et à la santé des populations ».

L’ONG ESSF veut par cet exercice, interpeler les autorités provinciales en premier lieu, de pouvoir prendre leur responsabilité en main. Elles peuvent prendre contact avec des privés qui ont de l’expertise dans la gestion des déchets. Ceci pour mettre en place une société mixte qui pourrait travailler avec les infrastructures laissées par l’UE, qui sont utilisables en ajoutant celles qui font défaut ou qui n’existent pas.

Pour donner une idée sur le service que ce projet rendait au neuf des vingt-quatre communes de la ville province de Kinshasa (Barumbu, Kinshasa, Lingwala, Kitambo, Kalamu, Ngaliema, Ngiri-Ngiri, Kasa-Vubu et Gombe), il faut noter tout d’abord qu’il comptait 42 stations de récupération des déchets reparties dans les neuf communes. Par la suite, ces déchets  domestiques étaient déversés à Mpasa dans la commune de la N’Sele (périphérie-est de la ville). Là, était aménagé un espace de 30 hectares un centre d’enfouissement technique opérant dans les normes acceptables.

Ces 42 stations avaient chacune cinq ouvriers qui devaient charger dans les règles les bancs. Une fois remplis, les camions équipés des dispositifs adaptés aux bancs, passaient pour la récupération et l’acheminement à Mpasa. Chaque jour, le centre d’enfouissement de Mpasa recevait entre 1500 à 1700 mètres cubes d’immondices selon l’ingénieur responsable qui était commis à ce centre. Par semaine, les dépotoirs (stations) recevaient autour de neuf tonnes d’immondices, qu’on estimait à 11.000 mètres cubes de déchets ménagère, selon une déclaration qui remonte à quatre mois, de la directrice de Coopération de l’UE pour l’Afrique centrale et de l’Ouest, Clara Montesi.

Elle émettait beaucoup de doute pour l’après-Projet. Elle exprimait ses inquiétudes en ces termes : « Demain, si le Projet s’arrête, cela signifie qu’il y aura cumul et cumul de déchets aux stations et centrales de déchets. Et il faut noter qu’il y a en tout 42 stations opérationnelles de déchets qui vont se retrouver submergées avec toutes les conséquences sanitaires que cela pourrait provoquer », a-t-elle prédit. Alors que ces paroles sont encore fraîches dans la mémoire collective de ceux qui l’ont entendu dire, le temps semble lui donner raison. Toutes les 42 stations sont débordées d’immondices, les bancs et les déchets de tout genre sont étalés au sol tout autour des stations, exposant ainsi les enfants et les détraqués mentaux en premier lieu à la contamination et par la suite tous ceux qui habitent autour de ces stations.

« L’Environnement Sain Sans Frontière » étant une ONG qui défend les droits humains et de son environnement, ne peut qu’alerter les hommes et les femmes de bonne volonté de pouvoir interpeller chacun à son tour les autorités de la ville de Kinshasa pour qu’elles s’investissent, afin de proposer des solutions durables. C’est pour éviter à Kinshasa ce qui s’est passé au Liban il y a quelques mois, où des habitants de la capitale Beyrouth avaient manifesté pendant plusieurs jours pour demander au Gouvernement de dégager les immondices qui inondaient la ville et en menaçaient la paix et la sécurité. Il y a eu trop de bavures durant ces manifestations. C’est ce que nous ne voulons pas vivre à Kinshasa ; car dit-on, « gouverner, c’est prévenir ».

L’Ong ESSF demande plutôt aux autorités de la ville de pouvoir élargir ce modèle sur les 24 communes qui produisent en moyenne 24.000 tonnes d’immondices qui sont très mal gérées, car chaque famille, chaque rue, se débrouille avec des moyens qui sont limités qui ne suivent aucune norme et toutes les rues à travers la ville sont devenues des dépotoirs.

Cette situation d’insalubrité permanente est à la base des maladies évitables (Fièvres-typhoïdes, paludisme, toutes sortes de diarrhées, Ebola, etc.) dans la ville provinces de Kinshasa en particulier et toute la République en général. L’Ong ESSF rappelle que cette alarme a toute sa place aujourd’hui où le monde est en plein combat contre la pollution. C’est la raison d’être de la 21ème Conférence des parties signataires de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les Changement Climatiques.

L’ONG Environnement Sain Sans Frontière, voudrait emprunter les conclusions d’un Rapport de l’USAID qui a paru en 2010 et faisait état de 465.000 décès/an en Rdc qui sont dus aux maladies évitables. Cette étude était fondée, les preuves sont là, à travers toutes les 97 villes, il n’y a aucune politique pour la gestion des déchets qui devient un casse-tête pour les populations. Pourtant si cette politique existait, elle pouvait générer énormément d’emplois (rien que pour le 9 communes, l’UE employait 140 personnes qui touchaient un salaire décent, sans parler des journaliers). Dans cet ordre d’idée, le coût total par mois avoisinait un million (1.000.000 USD) de dollars américains, montant de loin inferieur à ce que le gouvernement central débloque pour ceux qui balaient les rues de 5 communes élues : un million quatre-cent mille (1.400.000 USD) de dollars, on ne sait sur base de quel critère.

Des entreprises pareilles peuvent générer des milliards de francs congolais chaque année au trésor public.  Aucun homme n’est exempté dans la production des déchets et nous avons tous l’obligation de payer une taxe pour la gestion durable de ces déchets. La mise en place des sociétés qui devraient gérer les déchets et la récolte des taxes peut être réalisée par l’Etat ou par les privés, ou mixte, comme cela se fait dans plusieurs pays du monde.

L’ONG apaise les autorités de la ville province de Kinshasa et les membres de l’exécutif national.  Qu’ils ne considèrent pas les déchets comme un problème. Bien au contraire, cela est une opportunité pour la création d’emplois durables et une source potentielle de recettes publiques. Seulement, comme a dit Martin Luther King Junior quelques temps avant sa mort : « apprenons à vivre ensemble, sinon, nous allons mourir comme des mouches ».

Alain Botoko (président exécutif de l’Ong ESSF)

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