Vie chère au Kasaï Oriental: Mbuji-Mayi méconnaissable

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La vie en général dans l’ex province duKasaï oriental est très méconnaissable et pénible, pour qui a été dans cette partie de la République dix ans plus tôt. Quelques axes peuvent prouver une vie qui ne reflète plus les beaux et nostalgiques temps de ville diamantifère, sous la bouffée d’oxygène permanente de la Minière de Bakwanga (Miba). L’état des routes déplorable, la lumière publique absente. Ce carnet de voyageur nous permet d’établir une différence de la qualité de la vie dans un chef-lieu que nous avons visité deux fois en deux ans d’intervalle. Focalisant notreregard sur Mbuji-Mayi, en effet, convient-il de relever que l’ancien chef-lieu du Kasaï oriental n’est pas ville aux énormes superficies.Toutefois, faut-il faire observer, les routes qui composaient cette ville sont majoritairement délabrées. C’est le cas de celles des communes :Bipemba, Diulu,Muya…Laroute principale INGA qui va vers le territoire de Miabi a perdu de son asphalte. Quant aux autres infrastructures, quatre-vingt pourcents d’ente elles n’ont pas été réhabilitées. Car, faut-il le reconnaître, quelques compatriotes ont construit, à l’instar de l’habitat enviable dans la commune prestigieuse de Kanshi.Toujours dans le même angle, la circulation routière au Kasaïoriental demeure critique. Pas facile de joindre Mbuji-Mayi àMwene-Ditu, un tronçon long de cent-soixante km. De telle sorte qu’une Jeep pourraitcouvrir la distance en quatre heures. Des témoignages indiquent qu’il y a quelques années, c’était la moitié de ce temps.

La « ville MIBA » (pour dire centre-ville) qui était à la hauteur autre fois et insufflait de l’oxygène sur Mbuji-Mayi, grâce à ses recettes d’alors, environ deux millions cinq cents mille dollars le mois(2500.000 USD). La MIBA a connu une baisse fatale s’assimilant à une baisse d’activités, et ne s’assume plus comme un « don de Mbuji-Mayi ». La géante des minerais précieux n’arrive pas à produire même pas un million de dollars. A l’heure où cette information est mise sous presse, le témoignage qui accroche est que la MIBA est par terre.

Sur le plan des transports,Mbuji-Mayi était une ville aux belles voitures,jadis avec une circulation routière enviable. A l’heure actuelle, ce sont des motos qui ont pris place, car des voituresne peuvent rouler sur toutes les voies, elles seraient dérangées, connaîtraient des pannes. Les voitures ne circulent que sur la ville MIBA, même si quelque part là aussi, des routessontimpraticables.Le club MIBA qui était un lieu « phare », estaujourd’hui abandonné, oublié, nostalgique. Quand on passe du côté de la piscine de club MIBA,c’est de la désolation, la crasse. Des reptiles et des crapauds qui ont trouvés leur demeure, et les herbes ont également pris de hauteur. Ce club qui était auparavant un luxe, en ce jour passé aux oubliettes.

En franchissant l’aéroport de Mbuji-Mayi, le dédain est perceptible. En constatant la mendicité de vieilles dames regroupées en ces lieux, en qui font les griots pour survivre, il y a de quoi couler des larmes sur la vocation historique de ville diamantifère. En effet, à la descente d’avion, les passagers sont reçus au sol par des mendiantes de troisième âge, qui ont pris l’habitude de susciter l’élan de cœur de voyageurs, pour survivre. Hier Mbuji-Mayi était aux mamelles de la MIBA. Actuellement,c’est la galère, de telle sorte que plusieurs  travailleurs ont soit abandonné leur emploi unilatéralement soit l’ont perdu à la suite d’éventuelle initiative de suppression par le patronat.  Le graphique d’effectifs d’employés est passé d’environ six milleà mille six cents. Ceux qui tiennent, supportent également des discours relatifs aux arriérés des salaires. Comme on peut le comprendre, Mbuji- Mayi a subi le contrecoup de cette situation inattendue. C’estainsi que certains de ces travailleurs se sont lancés dans l’agriculture non mécanisée, pour préserver leur propre survie et celle de leurs familles. Car il s’agit d’une pratique entre agriculture et maraîchage choisie par d’anciens travailleurs de la MIBA pour subvenirjuste aux subsistances familiales et non pour vendre des produits et envisager des bénéfices juteux. En dehors du fait que la MIBA est en faillite, le cours du diamant qui permettait une autre ressource importante, est vraiment en baisse. Le diamant est difficilement trouvable, à tel point que certains individus, vontjusqu’à détruire des routesasphaltées, pour se trouver du diamant inespéré.

Sur le plan de l’électricité, Mbuji-Mayi et la MIBA, avec « leur » barrage de Tshiala, produisait du courant puis alimentait  une grande partie de la population de l’ancienne province  Kasaïoriental. Présentement, ledit barrage, faute de maintenance, a perdu de ses performances. Enconséquence, la majorité de coins et recoins tombée dans le noir. La commune de Diulubénéficie encore, coussicoussa, de cette électricité.

Quant à l’eau potable, elle est une denrée rare, pourtant « l’eau c’est la vie ». Peu d’habitations dans cette ville ontdes robinets personnels et sont reconnus comme abonnés de la régie de distribution d’eau potable. En plus, c’est aux robinets publics que la population recourt, pour se procurer de l’eau, moyennant de l’argent. A ce sujet, un bidon d’une capacité de vingt (20) litres va de trois cent cinquante à cinq cents franc congolais.

Et pourtant auparavant, les gens allaient se procurer de l’eau à la MIBA et gratuitement. Et cette denrée vitale était permanente. Ce qui n’est pas le cas actuellement.

Les eaux de pluies sont également recueillies. Si, par condition naturelle (changement climatique), les pluies devenaient de fréquence     anormale,c’est le sujet de causeries et de lamentations. Car l’eau, c’est la vie, dit-on.

Faceà tous ces galères, choses curieuses, la peur se lit sur la population, du fait qu’elle n’arrive plusà revendiquer ses droits comme il se doit, notamment d’accéder à l’électricité, à l’eau potable, à manger et à de loger décemment, une bonne scolarisation de la jeunesse, de bonnes routes, de bonnes infrastructures.

Sur le plan alimentaire, la ville de Mbuji-Mayi surnommée « Mbuji-Mayi wabalengela, bakushitadiminu », (pour dire :la ville aux gens beaux, une race à échanger »… Cela est-il encore le cas ? Auparavant, c’était des gens généreux qui partageaient  leur repas même  des passants, puisque la nourriture abondait. Actuellement,la tendance change, les gens deviennent de moins en moins solidaires dans ce sens, moins serviables à cause tout simplement du manque d’autosuffisance.

Et aussi avec le problème d’échauffement climatique, une forte chaleur empêche  une bonne croissance végétale.

Quant à la scolarisation, celle-ci devient comme une formalité, les enfants n’ont presque un problème de niveau. Un enfant qui termine les humanités éprouve des lacunes. Et ce fait s’explique du fait qu’il y a carence d’écoles. Une classe d’une école peut compter jusqu’à une centaine d’élève, et confiée à un enseignant de troisième âge.

Sur le plan politique, avec la mise en œuvre du découpage territoriale, les relations entre cet ancien peuple est presque désuni, le peuple teteladésormais attaché à leur Sankuru, lesKaniokaattachésà leur kabinda ainsi de suite.

Voilà donc ce qu’est-ce la vie dans cette partie de la république démocratique du Congo.

Mamie Ngondo(de retour de MbujiMayi)

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