Victime de brutalité policière: La mort supposée mort d’un vendeur sème la panique au marché central

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La nouvelle de la mort, hier par brutalité policière, d’un vendeur ambulant a mis le marché central sens dessus dessous. Et, dans les minutes qui ont suivi, le Commandant  Ville a débarqué sur le lieu, pour rassurer la population et éviter tout  débordement de la situation. Le policier par qui le scandale est survenu s’était soustrait sournoisement, car la tension était vive. Les magasins ont fermé, les détaillants pris en tenaille par le soulèvement de jeunes qui ont exprimé leur ras-le-bol par des chahuts et de jets de pierres. ’’Le malheur ne vient jamais seul’’, renseigne un adage. Cette situation confuse a occasionné des blessés, des pare-brises cassés sur l’avenue du Commerce, partant de la jonction avec l’avenue du Plateau jusqu’au Zoo. Quand on imagine le taux de population qui fréquente journellement le marché central, l’on se fait une idée sur l’ampleur de dégâts causés par les jets de pierres. Comme il fallait s’y attendre, les véhicules ont déserté la chaussée en cet endroit, compliquant ainsi la circulation routière.

Quid des ‘’ Ban’a kwata’’ et  la sécurité au marché central

Il était 14 h, indique la source, lorsqu’un commandant en faction au marché central a tenu par le col de la chemise un présumé cambrioleur, qui se présentait sous l’étiquette d’un ‘’mwan’a kwata’’.  Le suspect a contesté en rétorquant au policier qu’il était plutôt un coopérant (terme local pour exprimer un intermédiaire dans une opération de vente), à la suite d’une cliente. ‘’Ah tika ngai nazali moyibi te, nazali kolanda cliente moko, tika ngai, ndele nakobungisa ye ! ‘’, a-t-il lancé. Pour dire : ‘’Je ne suis pas voleur, laisse-moi partir, sinon je vais perdre les traces de la cliente que j’ai aperçue. Face à la contestation du suspec, la brutalité policière a plongé le pauvre à l’agonie. Des témoins ont vu des ‘’bana kwata’’ évacuant le corps saignant du nez et de la bouche et prenant la direction de  l’Hôtel de Ville. C’était, pour la foule, dans le but de se plaindre publiquement et d’obtenir de l’autorité des moyens d’acheminer la victime à l’hôpital général de référence de Kinshasa. Il nous revient que tout est allé dans le sens souhaité.

« Ban’a kwata » (pour dire : les enfants qui attrapent) : Ceux-ci  opèrent aux abords des magasins, généralement au marché central, où sont vendus en gros  des produits alimentaires. Ils assurent le partage d’un sac entre deux ou plus d’acheteurs, ou d’un carton de poissons salés ou d’autres produits. Cette opération leur profite une quantité qu’ils revendent à leur tour. En même temps, ils gagnent des pourboires de la part aussi bien des clientes que du magasin qui aura bénéficié des encaisses.

La sécurité au marché central est une donne prioritaire pour les gestionnaires aussi bien de la ville que de cet espace d’échanges. Suite à ce à qui est advenu dans l’après-midi d’hier, beaucoup de jeunes ont délié leurs langues pour décrier les tracasseries policières.

Au moment où la cohabitation entre les agents de l’ordre et la population se dégrade, il s’observe paradoxalement la montée du  taux de jeunes débrouillards au marché central. Ce sont généralement ceux qui gagnent leur survie quotidienne par diverses tâches : vente en détail et à la criée, les intermédiaires aux opérations de vente, le portage, etc. La plupart d’entre eux sont devenus parents au fil des ans, sans qualification pour assurer autrement leurs vieux jours.

(Payne)

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