Valery Ndongo : « En Afrique francophone, il nous manque encore des vraies structures pour faire décoller l’humour (…) »

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Le statut de l’artiste africain, le droit d’auteur, la place de l’humour dans le continent, voilà, l’objet de notre échange avec cet artiste humoriste camerounais lors de son récent passage à Kinshasa.

Lumière sur Valéry Ndongo qui n’a pas sa langue dans sa poche pour dénoncer les maux qui rongent les artistes africains en général.

 

Veuillez-vous présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Valery Ndongo, je suis humoriste camerounais et grâce à mon métier, je visite le monde surtout l’Afrique. Mon travail, c’est de jouer, c’est de faire de sketchs et faire rire des gens généralement ça marche et de fois ça ne marche pas. Dans tout ça, il faut parfois assumer le fait de faire des sketchs qui ne font pas rire, ça fait partie du métier.

J’ai été à Kinshasa pour la première fois pour le compte du Festival toseka. La chose la plus magnifique dans ce genre d’évènement, c’est la rencontre. Le spectacle. C’est qui fait la magie d’un spectacle qui réunit plusieurs humoristes c’est la possibilité pour le public de voir plusieurs univers différents. Ce n’est pas intéressant de voir plus d’une dizaine d’humoristes faire le même genre des sketchs. One show, duo, trio,… je crois que le public a été bien servi. On a joué le jeu et on a mis le feu.

Quelle analyse faites-vous de l’humour africain ?

Mon analyse, c’est simple. Il est beaucoup plus portant qu’on le pense. Il se porte bien, maintenant il est en train de se structurer. Respectivement dans nos pays, le gens sont connus mais sur le plan continental il nous manque encore quelque chose surtout du côté francophone d’Afrique, il manque encore quelque chose de fort, une vraie structure, des figures de proue connue à l’échelon africain.

Certains vous accusent, vous, de vous plagiez entre vous les humoristes africains ?

Alors, je pense que c’est vrai. J’ai déjà vécu des scènes comme ça. Maintenant, qui veut aller loin ménage sa monture, ceux qui plagient à un moment n’iront pas loin. Ils vont se casser la gueule. La copie n’est jamais l’original. Ce qu’il faut faire quand on vient dans un festival il faut prendre des enseignements sur les autres. Plagier, c’est l’esprit de quelqu’un qui ne peut, qui ne veut pas aller loin.

Quel est le statut de l’Artiste en Afrique ?

En Afrique, je ne sais pas mais je veux parler du Cameroun. Le statut de l’artiste dans mon pays, C’est du n’importe quoi. Le problème, c’est que les politiques se débarrassent de ce sujet en prétextant que c’est les artistes qui doivent l’organiser, c’est faux. Le statut de l’artiste est validé par le gouvernement. Evidemment, demander des propositions aux artistes, nous sommes d’accord mais dans le cas du Cameroun, le statut des artistes est prêt depuis longtemps et il ne reste que le Président de la république le valide. Maintenant, la question de droit d’auteur c’est aussi une autre malheureusement politique parce qu’il y a beaucoup d’argent et le ministère de tutelle qui est celui de la culture qui doit le règlementer ne joue pas son rôle. Bref, ce n’est pas la faute aux artistes si le droit d’auteur est mal reparti, c’est quelque chose qui doit être géré par le gouvernement. Autant il gère les autres secteurs de la vie de la république, autant il doit règlementer la question de droit d’auteurs.

 

(Par Onassis Mutombo)

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