Union de l’opposition : Une vieille recette démodée

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Depuis quelques semaines, on parle de plus en plus de l’union de l’opposition congolaise pour obtenir l’alternance. Politique ou de personne? Idéologique ou individuelle? L’idée du rassemblement de l’opposition taraude certains opposants. Cette idée est-elle neuve ou vieille? A quoi servira l’union de l’opposition? Mais, avec quels acteurs? Toujours les mêmes parmi lesquels on dénombre beaucoup d’opportunistes, de traîtres, de quémandeurs des postes? Va-t-on prendre du vieux pour faire du neuf?

Le minoritaire Joseph Kasa-Vubu élu Président de la République

Un peu d’histoire. En 1960, les élections législatives congolaises sont gagnées de haute lutte par les nationalistes congolais conduits par le MNC/Lumumba. Ce sont eux qui normalement devraient gouverner le pays jusqu’aux prochaines échéances électorales. Malheureusement, les souffleurs de l’ombre, en l’occurrence les Belges, ont bataillé dur pour que leur “pion” – Joseph Kasa-Vubu – devienne Président de l’ex-Congo Belge. Effectivement, le président national de l’ABAKO fut désigné Président par les deux chambres dominées par les nationalistes. Au nom de la prétendue unité nationale d’ailleurs de façade. Car, les Belges vont soutenir Moïse Tshombé dans son aventure de la sécession katangaise. Au même moment, ils ont aussi encouragé un autre pion, Albert Kalonji Ditunga, à créer l’éphémère Etat Autonome du Sud-Kasaï. A Léopoldville, actuellement Kinshasa, le bal des traîtres se poursuit et se termine par la révocation du Premier ministre Patrice-Emery Lumumba, laquelle révocation fut dictée par la CIA américaine. Donc, début de la crise congolaise.

Une crise qui a connu plusieurs péripéties ponctuées de nombreuses rébellions. Comme en pareille circonstance, l’armée congolaise qui avait tenté une première aventure putschiste en septembre 1960, prend cette fois-ci le pouvoir pour 32 ans.

Usor, Usoral : toujours la même chanson

Quand le 24 avril 1990, le Président Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Waza Banga décrète le multipartisme et lâche sa célèbre phrase “Comprenez mon émotion”, il n’y avait que deux partis dans l’opposition : PALU et UDPS. Cette décision a été suivie de la création de plusieurs partis politiques.

En vue de contrecarrer la fulgurance de l’UDPS sur le terrain, l’idée de regrouper l’opposition fut soufflée par les mêmes et lancée par leurs caisses de résonance tapie. Le résultat est connu de tout le monde : les trahisons à la pelle. Tout cela a été fait pour stopper la marche de l’UDPS vers le pouvoir. Qui se rappelle encore cette époque?

Dans l’entre-temps, la Conférence Nationale Souveraine fut sabotée. Toujours par les mêmes qui sont encore sur la scène politique congolaise actuelle. L’histoire, un perpétuel recommencement. Son échec à été suivi de l’épopée AFDL et de la “première guerre mondiale africaine”. Revenons sur cette blanchisserie qu’est l’union de l’opposition. Qui a oublié qu’à cette époque, on disait : “l’opposition lave blanc”? Soit!

Qui est opposant? Qui ne l’est pas?

En ce moment précis, on reparle également de l’union de l’opposition. Comme en 1960, on retrouve, une fois de plus, la Belgique aux manœuvres. Elle a inspiré la réunion de Genval comme la veille du Dialogue Inter-Congolais de Sun City. Elle vient de rééditer le coup en exigeant publiquement le rassemblement de l’opposition congolaise. Pour plusieurs acteurs politiques congolais, notre peuple n’existe pas. Il faut seulement faire un détour en Belgique ou ailleurs pour décrocher le pouvoir.

Quand on prend la photo d’ensemble des soi-disant opposants actuels, on risque de tomber en syncope. On n’hésitera pas de retrouver les mêmes figures qui ont chanté les louanges du Président Joseph Kabila depuis janvier 2001. A part des partis comme UDPS, G14 et un autre petit groupe, le reste est constitué des “josephistes” de la MP devenus opposants de la 25me heure. Dans le cadre de l’alternance dont on nous rabat les oreilles, ils n’ont jamais été les modèles de bons gestionnaires. Leurs placards dorés sont jonchés de nombreux cadavres aux odeurs nauséabondes. Et alors, que veulent-ils au juste? Certainement, nous faire comprendre que “le véhicule est toujours le même sauf le chauffeur qui a changé” comme disait l’autre.

Si l’UDPS veut atteindre ses objectifs, elle devra changer des stratégies et des partenaires au lieu de s’encombrer inutilement avec les “suceurs de roues”. Pourquoi certains opposants s’activent-ils maintenant? La réponse est simple. Les tireurs de ficelles de l’ombre ayant constaté l’incapacité de certains opposants à mobiliser le peuple dans le sens de leurs intérêts, ont pris langue avec certaines confessions religieuses pour réussir la déstabilisation de notre pays. Face à cinglant désaveu, quelques acteurs de l’opposition congolaise n’ont trouvé mieux que de revenir sur cette vieille recette démodée qui a causé beaucoup de torts à notre pays, la fameuse union de l’opposition.

Une vraie opposition est fondée sur les idées. Or, la classe politique congolaise est en panne d’imagination pour sauver notre Nation. Même en politique, les Congolais demeurent toujours les jouisseurs, les véritables BMW, donc les amateurs des “Beer, Music and Wife”. Qui me dira le contraire?

(Crispin KABASELE TSHIMANGA, Président National de l’UDS et Coordonnateur National du GPI)

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