Une centaine d’écoles incendiées à Kabalo

par -
0 449
Une vue des conditions macabres dans lesquelles vivent les déplacés pygmées dans un camp de fortune dans une usine abandonnée (Cotanga) à Nyunzu/Ph. Lepetit Baende
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Même le secteur de l’éducation n’est pas épargnée face aux conflits interethniques entre les communautés Luba et pygmées, dont la récurrence ne cesse d’être rapportée dans la nouvelle province du Tanganyika. Maintenant, l’on déplore l’attaque, dimanche dernier, d’une centaine d’écoles incendiées dans le territoire de Kabalo. Conséquence : les enseignants sont en fuite et les élèves ne savent plus étudier.

Des affrontements qui ont pris cours depuis l’année 2013 entre les ressortissants des communautés Luba et Pygmée dans la nouvelle province du Tanganyika (ex Nord du Katanga, au Sud-Est de la Rd Congo) ne cessent de causer des dégâts. Radio Okapi dans sa livraison d’hier rapporte que plus d’une centaine d’écoles ont été incendiées dans le territoire de Kabalo suite à ces conflits interethniques récurrents.

Les enseignants et élèves de toutes ces écoles, en fuite, se trouvent dans l’embarras total. Quelle désolation ! Il sied de faire remarquer qu’en octobre dernier, des logements, y compris le camp de déplacés de Kabalo, avaient été incendiés lors d’un autre épisode de ces affrontements meurtriers entre ces deux peuples pygmées et lubas, provoquant ainsi le déplacement de populations civiles.

Apparemment, toutes les démarches entreprises par les autorités compétentes dans le but de mettre un terme à ces affrontements meurtriers, et visant à des interactions entre les parties concernées pour trouver des solutions durables à ces conflits récurrents, s’avèrent jusqu’ici indécises. Ainsi, malgré aussi des patrouilles d’intervention rapide déployées régulièrement par la Force de la Monusco dans la région, en appui aux Forces armées de la Rd Congo (FARDC), en vue de dominer le terrain et d’assurer la protection des personnes et de leurs biens.

Un conflit profond à prendre avec beaucoup de sérieux

Comme d’aucuns ne l’ignorent, depuis 2013, des combats à grande échelle ont éclaté entre deux communautés luba (Balubakat) et batshwa (ou pygmées), suite à un conflit interethnique multiforme et séculaire, dans la nouvelle province du Tanganyika (ancien Nord-Katanga).

Ces combats violents à l’origine ont été provoqués par des tensions latentes entre les Batwas ou Pygmées et les Lubas dans le territoire de Manono. Puis, les deux communautés ont formé des milices et les combats se sont par la suite propagés aux territoires de Kabalo, Kalemie, et dans le sud du territoire de Nyunzu.

Les Nations Unies ont fait état de centaines de civils tués dans ces violences intercommunautaires, de dizaines de villages incendiés et de dizaines de milliers de personnes déplacées, puisque, contraintes de quitter leurs milieux d’origines (villages) et leurs foyers.

Sans oublier des dizaines des femmes violées. D’où, une crise humanitaire sérieuse avec comme corollaire, l’extrême pauvreté.

De la nécessité d’un dialogue politique inclusif

Au mois de mai 2015, à l’issue de notre mission effectuée dans cette nouvelle province de Tanganyika avec le représentant du secrétaire général des Nations Unies en Rdc et patron de la Monusco de l’époque, M. Martin Kobler, nous avons signifié que cette situation débordante des violences interethniques entre Lubas et Pygmées était un conflit profond à prendre avec beaucoup de sérieux.

Du fait que de janvier à mai 2015, elle avait déjà forcé plus de 800.000 personnes (pygmées, lubas et autres) à se déplacer de leurs contrées d’origine, et plus de 200 personnes en étaient mortes, plus d’une soixantaine de femmes avaient été violées et plus de 113 maisons incendiées.

Ce conflit n’est donc pas récent. C’est un conflit séculaire. Les deux milices s’affrontent de manière récurrente.

La Monusco a toujours travaillé pour ramener la paix dans ce coin enclavé de la Rdc. Elle y a déployé une base opérationnelle temporaire, un bataillon béninois des casques-bleus de la Force de la Monusco à Nyunzu, qui fait un travail remarquable malgré son effectif réduit.

Pour la MONUSCO, le dialogue politique inclusif reste donc l’unique moyen à préconiser pour une résolution durable à ce conflit, a-t-on signalé.

Des conséquences d’extrême pauvreté

En mai 2015 quand nous sommes arrivés dans le territoire de Nyunzu-centre, dans la nouvelle province de Tanganyika, il y avait encore plus de 4.000 personnes, y compris des enfants et des femmes, qui avaient fui leurs villages à cause des violences, et qui y vivaient dans des conditions extrêmement précaires, voire inhumaines. Elles étaient entassées dans des bâtiments ruinés transformés en camp des déplacés et ne bénéficiaient que d’un peu d’aides de la part des agences humanitaires comme le HCR, le PAM, la Croix-Rouge, etc.

Cette situation a bloqué la vie économique à Nyunzu et entravé toutes les activités. Surtout que cette partie du Katanga a toujours été enclavée. La vie est donc intenable à Nyunzu. La population locale quant à elle, ne sait plus vaquer normalement à ses différentes activités par peur des représailles.

En plus de cette pauvreté extrême, la ville de Nyunzu est sans eau potable, sans électricité. La même situation s’observe dans le territoire de Mitwaba dans la nouvelle province du Haut-Katanga, qui comme Nyunzu, est également touché fortement par ce conflit entre les lubas et les pygmées, ces deux communautés qui s’entre-déchirent.

Voilà pourquoi, il faille aux autorités politico-administratives et sécuritaires, locales, tant provinciales et surtout nationales, de trouver des solutions qui s’imposent à cette situation. Afin de permettre à la population de vaquer librement à leurs occupations.

(Lepetit Baende)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse