Un prélat ne devrait pas dire ça

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Un prélat virulent, volontairement haineux, se déployant dans un discours imbibé de contrevérités, à la grande stupeur de son auditoire, voilà ce à quoi ont assisté les chrétiens catholiques, le dimanche dernier, jour de Noel. Chacune de ses phrases fut une insulte, un dédain malhonnête des avancées historiques de la République Démocratique du Congo.

A travers un message transmis    à toutes les paroisses de l’archidiocèse de Kinshasa et lus dans toutes les messes, le cardinal Laurent Monsengwo a sombré dans une méchanceté aveugle, se trompant de bataille, d’époque et d’adversaires. Il a tenté de semer le doute parmi les brebis de l’Eternel, sans succès. Au contraire, son image en a lourdement pâti. Les fidèles catholiques ont été surpris par l’extrême brutalité des propos tenus par Son Eminence, le Cardinal Monsengwo, en un jour où tous étaient venus plutôt entendre un message de paix.

Replongeons-nous dans ses paroles pour relever leur caractère inopportun, inexact et, plus grave, tendancieux. Le Cardinal a déclaré : « Le fait de prendre le pouvoir par les armes ne justifie pas qu’on ne puisse le quitter que par les armes… ». Qui pensait-il viser ? Joseph Kabila ? Ce serait afficher une méconnaissance impardonnable.  Ce dernier, pour ce qui le concerne, n’a pas pris le pouvoir par les armes. Au contraire, il est le premier président congolais à avoir fait des élections le seul mode d’accession au pouvoir. Avant Joseph Kabila, notre pays n’avait jamais enchainé deux cycles d’élections ? L’ancien président de la Conférence nationale souveraine a cherché, pour assouvir ses ambitions cachées, à entrer par effraction dans les pourparlers qu’organise et anime actuellement la CENCO.

Les chrétiens congolais ont été ahuris par une allusion machiavélique indiquant que leur Président de la République, qui a pourtant pacifiquement succédé à Mzée Laurent Désiré Kabila, suite à un accord entre les dirigeants en fonction à l’époque de l’assassinat, qui a été confirmé par l’ensemble des représentants de la nation à Sun City et élu au suffrage universel en 2006, puis réélu en 2011, que celui-ci, malgré ce parcours, serait venu au pouvoir par les armes ! Une infidélité  aux manuels d’histoire.

Plus étonnant encore, celui qui devrait prêcher la paix n’a pas hésité à menacer en promettant la mort par l’épée.

La place de l’église, pouvait-on le penser, est au milieu du village. Bien que dissimulé dans un vocabulaire liturgique, le message délivré ce 25 décembre, dans les églises de Kinshasa, n’est pas fait pour réconcilier ni rassembler. C’est un message de haine, d’incitation à la violence, à la ségrégation.

La justice à laquelle la parole de Dieu nous appelle a été oubliée par le Cardinal. Dans sa prise de parole, toutes les victimes n’ont pas mérité la même attention. Les forces de l’ordre et les autres paisibles citoyens attaqués pour avoir refusé de participer à l’insurrection des 19 et 20 décembre n’ont mérité aucune allusion du chef de l’église catholique kinoise. Aucune remarque n’a été faite à l’endroit de ceux qui ont brulé les véhicules de paisibles citoyens. Aucun conseil n’a été prodigué aux hommes politiques qui s’évertuent à larguer dans les rues des bandes de casseurs et des tueurs. Rien contre ceux qui se sont pavanés avec des Kalachnikov dans les rues de Kinshasa, lors des manifestations présentées comme pacifiques par l’opposition. Ceux qui se sont attaqués aux commerces et autres installations d’autrui n’ont eu droit à aucune remarque de la part du prélat.

On dirait que pour l’Archevêque de Kinshasa, il y ait des morts qui méritent le deuil et d’autres non. C’est notamment le cas de policiers calcinés ou tués à bout portant les 19 et 20 décembre. On peut penser qu’il y avait des catholiques parmi eux.

Le message du 25 décembre 2016 de cette année s’éloigne manifestement des prêches de réconciliation et des efforts de paix du Pape François.

Cette homélie prend position pour la partie de la classe politique la plus extrémiste qui veut violer la Constitution, en mettant un terme à la démocratie, pour imposer « le régime spécial » que le Rassemblement compte instaurer après des émeutes de rues.

D’ailleurs, cette motivation politique inavouée est trahie par le fait que ce texte a été très prestement édité en brochure pour en assurer une large diffusion.

Comment concilier ce discours violent bien qu’enrobé de quelques versets bibliques avec les efforts actuels de la CENCO ?

Le Cardinal voulait-il torpiller le travail de la CENCO ? Devrions-nous douter de la neutralité de la CENCO ?

Quel chemin devons-nous, chrétiens de Kinshasa, suivre ? Celui de l’évangile qui prêche le pardon et la recherche de la réconciliation en toute circonstance, tel que ne cesse de le répéter l’actuel président de la CENCO, ou faut-il affuter les épées selon une certaine logique revancharde prêchée le 25 décembre 2016 dans nos églises ?

Dans les circonstances actuelles, les choses étant ce qu’elles sont, l’unique voie qui corresponde à la charité chrétienne est de s’accorder sur une période raisonnable de préparation des élections transparentes, crédibles et apaisées. Ce n’est pas la voie choisie par ceux auxquels le Cardinal apporte visiblement son soutien. Un père soucieux de l’avenir harmonieux de la famille, le «bonus pater familias », ne prêche pas la paix entre deux groupes antagonistes de la même fratrie, en prenant manifestement parti pour l’un et condamnant l’autre sans l’écouter.

En tout état de cause, le message de Son Eminence, le Cardinal Monsengwo du 25 décembre n’est pas allé dans le sens de l’apaisement. Ce discours prépare les esprits à une effusion du sang. C’est tout le contraire du rôle d’un prince de l’église. L’homme est jugé par ses actes. Or, ce  dernier acte jette le trouble sur ce qu’est l’archevêque de Kinshasa. Confronté à une situation similaire, le Prophète Jérémie a déclaré dans la Bible : « Ce comportement purement païen m’édifie sur ce qu’est le cœur de l’homme ». (Jérémie 17 :9)

Son Eminence le Cardinal Laurent Monsengwo a eu une attitude similaire à celle décriée en son temps par ce prophète. Mais, en hommes et femmes de foi, nous, peuple congolais, devons garder espoir et prier pour que notre prélat retrouve sérénité afin de revenir dans des messages de paix, dignes de la charité chrétienne.

L’Avenir

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