Un huis clos salutaire

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Sécurité  dans l’Est de la Rdc

Un huis clos salutaire

Les députés examinent des mesures draconiennes

  • La plénière de ce lundi 30 mai 2016 à l’Assemblée nationale était consacrée essentiellement à la question sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, en dépit de cinq autres matières initialement inscrites à son ordre du jour. Six membres du gouvernement, avec à leur tête le Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité Evariste Boshab, y ont pris part
  • Cette question combien délicate est à la fois sécuritaire et salutaire. C’est pour cette raison que le Président de la Chambre basse du Parlement congolais Aubin Minaku l’a démocratiquement gérée avant de convaincre les élus du peuple afin qu’elle se traite à huis clos. L’heure n’étant pas au sensationnel, les recommandations qui en découleront seront quant à elles rendues publiques

Deux propositions de loi, deux projets de  loi, l’examen et le vote d’une loi organique ainsi que le huis clos sur la sécurité au Nord-Kivu et en Ituri, voilà les points retenus à l’ordre du jour de la plénière de ce lundi 30 mai 2016, à l’Assemblée nationale. La proposition de loi relative à la Normalisation, celle relative à la Métrologie, le projet de loi modifiant et complétant la loi portant Code de la famille,… en faisaient partie, sous la présidence d’Aubin Minaku Ndjalandjoko.

Juste après l’annonce et le vote de l’ordre du jour par le Président Aubin Minaku Ndjalandjoko, le député Albert Fabrice Pwela a sollicité et obtenu une motion. A l’en croire, la question d’insécurité dans le grand Kivu mérite d’être traitée par les députés de manière traditionnelle, sans restriction aucune. ‘’Pour tout dire, une séance publique et non un huis clos’’. Sinon, a-t-il ajouté,« c’est comme si nous étions complices des ennemis du peuple dans cette partie de la République ».

Un huis clos justifié

Dans la gestion des questions sensibles, des audiences à huis clos, c’est-à-dire sans que le grand public y soit admis, sont généralement salutaires, et donc conseillées. On ne peut mettre les stratégies de ce domaine sensible sur la place publique, de peur d’apporter de l’eau au moulin de l’ennemi. Pour une affaire sécuritaire comme il en est du Grand Kivu, le huis clos s’avère donc un choix bien opéré. En outre, à l’aune de la récupération politicienne, mieux vaut prévenir que guérir.

C’est d’ailleurs dans cet esprit que cette question a fait l’objet des entretiens entre le caucus des élus du Kivu et le bureau de l’Assemblée nationale. Ceux-ci avaient opté pour sécher leur participation aux plénières jusqu’à ce que la question soit débattue. Mais après échanges, ils sont revenus sur leur décision, acceptant en même temps que la plénière sur cette question se tienne à huis clos.

Pour Aubin Minaku,  « le citoyen congolais, la maman maraîchère,qui souffrent en ce moment au Nord-Kivu, en Ituri,…veulent la paix. Et cette maman maraichère ou ce chasseur, ne tiennent pas au sensationnel. C’est la paix, rien que la paix ! », a-t-il insisté. Et de renchérir : « Notre rôle en tout et pour tout,en toute responsabilité, c’est de permettre au Gouvernement de s’expliquer. De permettre aussi aux uns et aux autres, particulièrement ceux du Nord-Kivu et de l’Ituri de s’exprimer. Ce, avant de formuler des recommandations que nous allons adresser, en toute responsabilité, aussi aux uns et aux autres. Et les recommandations seront publiées. Le sensationnel, ce n’est pas toujours de la responsabilité pour un homme d’Etat », a-t-il martelé.

C’est sur cette note que le speaker de la Chambre basse du parlement a invité les six membres du gouvernement à faire leur entrée dans la salle des conférences du Palais du peuple,  essentiellement pour cette dernière question, une question de vie ou de mort. Il s’agit du Vice-ministre Evariste Boshab de l’Intérieur et Sécurité, Crispin Atama Tabe de la Défense, Robert Bopolo de l’Environnement, Kin Kiey Mulumba des Relations avec le Parlement, ainsi que deux vice-ministres sectoriels. On a également noté, à cette plénière, une forte présence des Officiers généraux et Officiers militaires. Tout le décor était planté !

Des enjeux de taille

Partant, la question sécuritaire est incontestablement salutaire. Le grand Nord est jusqu’ici un théâtre. Plusieurs tragédies sont évoquées quasi quotidiennement à cause principalement des groupes armés qui y opèrent sans foi ni loi. C’est pour cette raison que les députés nationaux, face à leurs responsabilités, devront enjoindre au Gouvernement particulièrement d’en découdre avec cette aventure des groupes armés qui n’a que trop duré. Toutes les forces vives de la nation devront participer aussi à cet effort de guerre, avec les FARDC comme fer de lance. L’implication de la Mission des Nations Unies pour la stabilité du Congo (Monusco) devra aussi être décisive.

Dans les couloirs, certains marmonnaient presqu’en chœur des tentatives de sortie de crise, attribuant cela au vœu des élus de Beni. D’abord, les hauts gradés militaires originaires du coin ne devront pas y rester, disent-ils. Ensuite, l’autorité devra veiller sur tout mouvement migratoire dans cette contrée où familiarité et complicité font bon ménage. Enfin, une commission d’enquête parlementaire devra être mise sur pied pour dénicher le mal à sa souche.

Dans cette optique, on peut pousser le bouchon un peu plus loin. Comment peut-on se permettre d’organiser en République démocratique du Congo, des élections voulues de tous transparentes et apaisées alors que le sang continue de couler dans cette région du pays ?  Comment aspirer au développement, mieux à l’émergence de la Rdc, telle que prônée par le Président Joseph Kabila, avec une Républiqueoù coulent non pas le lait et le miel, mais les larmes et le sang ?  Somme toute, les recommandations à sortir de cette plénière, et d’autres du genre, devront apporter sourire aux populations longtemps meurtries. Et ça sera un pari gagné pour le peuple par le biais de ses élus. Et pour ce faire, Evariste Boshab ne manquera pas de revenir cette semaine rencontrer les préoccupations les plus légitimes des députés. Pourvu que le grand nord retrouve son sourire.

(Emmanuel Badibanga)

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