Tueries, appel à la xénophobie et outrage au Chef de l’Etat: Les Ne Kongo se désolidarisent de Ne Mwanda Nsemi

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M.Emmanuel Ramazani Shadari, Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur a réuni hier en son cabinet de travail, et sur instruction du Chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange, les notables Ne Kongo (les membres du Gouvernement central et provincial, les députés nationaux et sénateurs, les religieux, la société civile, etc.), pour réfléchir autour de la situation sécuritaire, du reste préoccupante dans cette partie du territoire national. Cette situation, à en croire les notables, a été causée par un conflit entre deux individus, en l’occurrence Ne Mwanda Nsemi, président de Bundu di Mayala, et son vice-président, en la personne du vice-ministre Papy Matezolo, en charge des Infrastructures et travaux publics dans le Gouvernement que dirige le Premier ministre Samy Badibanga.

Au-delà du conflit entre deux anciens partenaires, il a aussi été porté à la connaissance des notables des propos outrageants tenus par l’honorable Ne Mwanda Nsemi contre le Président de la République, sans oublier des propos xénophobes contre les ressortissants du Grand Kasaï et de l’ex-province du Katanga qui ont opté de s’installer dans le Kongo central. Les notables qui préparaient là une réunion prochaine avec le Chef de l’Etat, n’ont pas manqué de condamner avec la toute dernière énergie le comportement de leur frère, qui s’est pratiquement fait le porte- étendard des frustrations de tous les Ne Kongo. Tout en prônant la paix qui doit régner dans cette province très capitale pour le Trésor public, les notables Kongo se réfèrent aux instances judiciaires compétentes pour examiner la nécessité ou pas d’instruire le dossier.

Les notables s’expriment

Premier à prendre la parole après cette réunion avec le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, le député César Lubamba, qui a justifié cette rencontre comme prélude à l’échange dans les tout prochains jours avec le chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange.  Il était important pour la notabilité Ne Kongo d’avoir la même vision des choses, avant la rencontre avec la Haute Autorité du pays. Il a expliqué que dans sa province, il se passe un problème sécuritaire, précisément à Kimpese, à Lukala et à Songololo. Il était important de passer en revue la situation, d’essayer de comprendre, d’interpréter ce qui s’est passé pour voir quelles sont les solutions envisageables.

Il a souligné qu’il y a dans chaque peuple des frustrations  et ici, le grand problème est que ces frustrations sont portées par quelqu’un qui n’incarne pas la coutume de notre peuple, le  peuple Kongo étant épris de paix. « La situation d’insécurité est créée par Bundu dia Kongo, à travers son responsable spirituel qui est Ne Muanda Nsemi. A partir des divergences entre lui et l’actuel vice-ministre Papy Matezolo, cette situation donne l’impression qu’il y a un problème au niveau du Kongo central, alors que c’est une situation tout à fait particulière », dit-il, avant de soutenir que le soubassement de cette situation, c’est la frustration. Et l’ex-ministre de l’Urbanisme et Habitat d’insister sur le fait que le peuple Kongo a besoin de la quiétude et du travail.

Au sujet des propos injurieux qu’il aurait tenus, il dit tout simplement que le Ne Kongo est un peuple accueillant, qui reçoit tout le monde. « On a donné l’occasion à notre frère de se propulser sur la scène à travers cette façon de faire qui n’honore pas notre peuple. Nous avons des frustrations, nous aurons le temps de les exprimer et ce n’est pas de cette façon-là », pense-t-il.

Pour sa part, l’honorable Clément Nzau n’a pas manqué de préciser : « nous sommes venus rencontrer le VPM pour préparer la rencontre avec le Chef de l’Etat autour de la situation sécuritaire au Kongo central. Une situation sécuritaire née d’un conflit entre deux personnalités, hier d’une même famille politique : l’une est devenue vice-ministre des ITPR ; cette situation a engendré mort d’hommes. Nous avons été informés officiellement, nous le regrettons, parce que chez nous nous réglons le problème en famille », souligne-t-il, avant de marteler que ce n’est pas dans la violence, dans les tueries, que l’on va résoudre la situation, car la vie humaine étant sacrée. Et de renchérir que nous avons été informés d’un certain nombre des propos tenus à l’encontre du Chef de l’Etat. Entant que symbole de la Nation, c’est une personnalité sacrée, on ne l’insulte pas. Ce sont des faits que la communauté Kongo condamne, de même que les actes de xénophobie. Car on ne peut se permettre de mettre dehors nos frères Lubas, Swahiliphones, parce qu’il y a en parmi eux qui  nous ont formés et d’autres qui ont investi dans la province.

De son côté, le vice-ministre des Affaires étrangères, Ives Kisombea expliqué que la  violence est entrain de s’installer dans la province du Kongo central. Les causes, on doit les examiner. Mais rappelez-vous qu’il y a neuf ans, le ministre de l’Intérieur de l’époque, le Général Denis Kalume, avait été interpellé par l’honorable Kiakwama. Les revendications sont une chose, les prétextes, en sont une autre. La sécurité nationale, l’unité nationale, l’intégrité nationale, sont aussi importantes que les revendications auxquelles on peut faire face. La violence doit cesser au Kongo Central, que les vecteurs doivent être combattus, l’ordre républicain doit régler. Il n’est pas acceptable que l’ordre républicain soit violé, que la plus haute autorité du pays soit insultée et vilipendée. On ne peut accepter la xénophobie et ça n’a rien à avoir avec les revendications que l’on peut avoir dans tout le pays. Il faut comprendre l’origine de la violence qui n’est pas à imputer au pays.

Pour le chef coutumier Fumu Difima, le Kongo central dans sa traduction et dans sa culture, nous sommes saisis des faits qui se sont déroulés à Songololo et Kimpese, de même que les propos tenus par un des grands notables, Mbuta Ne Mwanda Nsemi. Il est vrai qu’il peut y avoir des frustrations, il y a les Kinzonzi pour en parler. Il est vrai que l’autorité du chef est sacrée. La notabilité a été appelée sur ce. « Nous allons y réfléchir en terme de la culture, comment apaiser les esprits ; comment réparer l’image du Chef ternie par un ne Kongo. Nous voudrions appeler à l’apaisement, à la paix », maintient-il.

« La situation est calme au Kongo central »

L’homme par qui le scandale est arrivé, ou bien la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est le vice-ministre Papy Matezolo des ITPR. Il se justifie pour dire qu’une fois qu’il a été nommé à ce poste, il a écrit au président de son parti pour démissionner de son poste de vice-président. Acte pourtant normal, mais qui a été mal interprété par son président, Ne Mwanda Nsemi. Juriste de son état, il souligne que les lois de la République interdisent l’incitation à la xénophobie. Il dit qu’il ne sait pas qualifier les actes reprochés à son président, et qu’il n’y a que la justice qui puisse mieux le faire.

De son côté, le Gouverneur Jacques Mbadu est demeuré de marbre: la situation est très calme. Et ce, même s’il y a eu des affrontements entre différentes fractions de Bundu dia Kongo. Selon lui, il y a deux personnalités qui se combattent. Quand il y a mort d’hommes, en tant qu’Africains, l’on doit se mettre autour d’un arbre à palabre pour voir comment arrêter cette situation causée par des individus. « On ne peut cautionner la xénophobie, l’outrage au chef de l’Etat, ainsi que le message de la haine », insiste-t-il.

(JMNK)

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