Traque des FDLR: Bilan controversé

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CEPADHO conteste, Mende atteste

  • Dans une déclaration rendue publique hier à Goma, le Centre d’Etude pour la promotion de la Paix, la Démocratie et les Droits de l’Homme (CEPADHO), conteste le bilan présenté à la presse par le commandant de la 3e zone de défense des FARDC quant à la traque des FDLR, Forces démocratiques pour la libération du Rwanda. Pour ce centre, les FDLR compteraient encore au moins 1.000 hommes semant quotidiennement terreur et désolation sur le territoire congolais
  • Saisissant la balle au bond, le Porte-parole du Gouvernement a illico réagi, confirmant le nombre de moins de 400 éléments encore militairement actifs des FDLR. Ce chiffre corrobore celui avancé, en début de semaine, par le Général Léon Mushale, Commandant de ladite zone. Plus que cela, c’est aligner abusivement les éléments FDLR, leurs dépendants ainsi que les réfugiés rwandais vivant dans cette partie du pays sur une même liste

Le Centre d’Etude pour la promotion de la Paix, la Démocratie et les Droits de l’Homme, CEPADHO dit avoir suivi avec attention les déclarations, à la presse, du Commandant de la 3e Zone de Défense des FARDC. C’était en début de semaine, au sujet de l’évolution de la traque contre les FDLR au Nord et au Sud-Kivu.

La guerre des chiffres

La Monusco inspecte les armes des FDLR

Le CEPADHO reconnaît les efforts, jusque-là consentis par les Forces Armées de la RDC, dans la traque des FDLR. Cependant, le Centre refuse de partager le bilan présenté par le Général Léon Mushale, lorsque ce dernier affirme qu’il reste en ces jours seulement 390 FDLR dans les deux Kivu.

« Notre Organisation voudrait attirer l’attention des FARDC et du Gouvernement Congolais sur le fait que seulement dans le Triangle Lubero-Rutshuru-Walikale, ils sont plus de 1000 combattants, sans compter leurs dépendants, les FDLR qui rodent en ce moment dans la zone, prenant en étau des milliers de civils, administrant des entités entières et se livrant à cœur joie aux exactions de toutes sortes contre la population », déclare Maître Omar Kavota, son Coordonnateur-Directeur Exécutif du CEPADHO.

A titre illustratif, le CEPADHO rappelle qu’au Nord-Kivu où il a mené des enquêtes récemment, les FDLR occupent des bastions importants à Kinyamuyagha, Bulindi, Kimaka, Rusamambu, Ikobo, Masuta, Bunyatenge ainsi que les villages de Kalevya et Mukeberwa où ils ont chassé les habitants.

A l’en croire, « les FDLR se donnent en ces jours à la récolte des vivres dans les champs de paysans, au braconnage, à l’exploitation des minerais et des bois. Ici les populations attendent impatiemment les opérations de traque contre ces rebelles rwandais afin d’être libérées de leur joug et témoigner du retour de l’autorité de l’Etat dans leurs milieux ».

Ne pas tomber dans le piège

Cette structure d’Omar Kavota craint que, « sur base d’un bilan comme celui présenté par le Commandant de la 3e Zone de Défense, le Gouvernement commette l’erreur de mettre précipitamment fin aux opérations contre les FDLR, sacrifiant ainsi d’importantes populations innocentes et abandonnant de manière inachevée une œuvre salvatrice ».

A ce titre précis, CEPADHO estime qu’il n’est pas encore tard pour la MONUSCO à se joindre aux FARDC pour finaliser l’opération de traque contre les FDLR. C’est le cas de le dire, ceux-ci continuent à constituer une menace pour la paix et la sécurité de la Région.  Mais, c’est un secret de Polichinelle, Kinshasa dans sa toute souveraineté ne veut toujours pas l’entendre de cette oreille.

Même pas 400 éléments

Informé presqu’en temps réel, le Gouvernement de la République, par la bouche de son Porte-parole, le ministre de la Communication et Médias, Lambert Mende, affirme le nombre de moins de 400 éléments encore militairement actifs des FDLR, donné par le Général Léon Mushale, Commandant de la 3e Zone de Défense des FARDC.

Une précision cependant, « ce chiffre  ne prend en compte ni les familles inoffensives  (dépendants) des éléments en question, ni les réfugiés rwandais vivant dans les zones du Nord-Kivu ou du Sud-Kivu où ces criminels se sont repliés et qui leur servent de bouclier humain », renchérit M. Mende.

En outre, le Porte-parole du Gouvernement reconnaît l’existence d’ « un certain nombre de bandits armés qui écument quelques entités bien identifiées des deux provinces du Kivu. Ils ne sont pas tous membres de ce groupe rebelle hutu rwandais des FDLR ».

Pas de polémique

Mais, le ministre Mende ne veut pas sombrer dans une polémique. Pour lui, Kinshasa partage les préoccupations exprimées par le CEPADHO « et tient à rassurer les populations de toutes les entités perturbées de sa détermination à désarmer par force les éléments résiduels des FDLR avant leur rapatriement vers leur pays, et à réprimer les autres bandes de malfaiteurs armés dans la région afin d’y rétablir la paix et la sécurité pour tous ».

C’est à ce point nommé que le Gouvernement « ne souhaite engager aucune polémique stérile au sujet des données susmentionnées sur lesquelles il dispose des renseignements précis de ses propres services d’intelligence, recoupés par d’autres sources crédibles ».

Il s’agit certes des renseignements  que Kinshasa n’a aucun intérêt à dénaturer, « à l’inverse de certains acteurs extérieurs qui répandent de fausses statistiques alarmantes sur les opérations de désarmement forcé des FDLR par les FARDC, depuis les hautes autorités de notre pays ont décidé de renoncer à leur appui auxdites opérations du fait de leurs pratiques avilissantes et discriminatoires vis-à-vis de vaillantes troupes congolaises qu’ils étaient appelés à épauler», peut-on lire dans le communiqué pointant, d’un doigt accusateur sans les citer, les pêcheurs en eaux troubles.

L’ultime solution

Et pour mettre les cœurs en chœur, le Gouvernement engage aussi bien le CEPADHO que tous les compatriotes des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu à soutenir la décision de hautes autorités du pays de faire respecter la souveraineté et la dignité de la République démocratique du Congo, et de faire confiance aux FARDC et à leur Gouvernement  qui continuent sans désemparer leurs opérations de pacification et de sécurisation de la région.

Quoi qu’il en soit, la question des FDLR doit trouver une ultime solution. Avec ou sans les casques bleus, si Kinshasa se veut si rassurante, l’heure a sonné pour en découdre, coûte que coûte,  avec ces éléments résiduels des FDLR. Tant que cette partie du territoire nationale n’aura pas respiré un air frais de sa délivrance, les tireurs de ficelles auront trouvé une belle entreprise. Et comme toutes les astuces sont permises dans cette affaire réputée aux grands enjeux, seule la mère à qui revient le fils peut décider, mieux que quiconque, en toute connaissance de cause.

(Emmanuel Badibanga)

 

 

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