Trafic illicite d’ivoires en Rdc, Kinshasa : un sujet chinois intercepté à l’aéroport de N’Djili

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Après un Guinéen  et deux Vietnamiens, une chinoise ! Décidément, des milliers de personnes étrangères en Rd Congo sont impliquées ce dernier temps dans le trafic illicite, exploitant officieusement son sol, son sous-sol, voire toute sa biodiversité. C’est le moins que l’on puisse dire en ne jetant qu’un coup d’œil sur cet énième coup de filet, à l’aéroport international de N’Djili, le lundi 2 novembre 2015. Les services commis aux frontières, viennent de mettre la main sur deux valises pesant au total 63 Kg d’ivoires brut et autres ivoires déjà travaillées. Propriétaire : un sujet chinois, une dame de surcroit, présentement aux arrêts. Le colis, quant à lui, a été remis à la douane congolaise.

Le trafic illicite et l’exportation frauduleuse des animaux protégés de la RDC devient monnaie courante. Les autorités congolaises doivent ouvrir l’œil, et le bon, pour décourager au moyen des mesures draconiennes tous les étrangers qui viennent s’engraisser sur le dos de la République. C’est ce qu’il convient de rappeler, saluant d’ores et déjà les efforts du gouvernement à équiper le nouvel aéroport modulaire de N’Djili en scanner. La richesse du pays prend souvent des destinations inconnues, au mépris des lois de la République. Toutefois, certains de ses dignes fils commis à ce poste frontalier travaillent en synergie pour relever ce défi. Fière chandelle aux services d’intelligence, à la DGDA, à la RVA, à la DGM,… qui marquent un plus dans cette lutte, au profit de la Rd Congo.

Une chinoise aussi

Comme sur toute liste il n’y a pas un sans deux, ‘’nos amis Chinois’’ aussi sont malheureusement impliqués. Ce lundi  2 novembre 2015, une Chinoise a été interpelée avec ses deux valises affrétées sur le régulier d’Ethiopian Airlines pour Pékin (en Chine), en passant par Addis-Abeba  (en Ethiopie). Ces valises contenaient 49 morceaux d’ivoires brutes et d’autres ivoires travaillées, pesant au total 63 kilos. Présentement, l’arnaqueuse  est aux arrêts ; le colis quant à lui se trouve entre les mains de la DGDA. Quant au parc de provenance, les agents de l’ICCN, Institut congolais de conservation de la nature ne manqueront pas d’émettre leur avis.

Deux Vietnamiens en octobre

Grâce au scanner installé à l’aéroport de N’Djili modernisé, la Régie des voies aériennes (RVA) a saisi, le dimanche 18 octobre 2015, quatre valises contenant 30 kgs pour les trois premières, et 23 kgs pour la quatrième valise, soit un total  de 113 kgs d’ivoires et cornes de rhinocéros blanc mélangées.  Pour l’instant, les enquêtes continuent tant le paquet avait miraculeusement échappé à tous les services lors du check in, à l’agence Air France de l’hôtel Memling.

N’eût été donc la vigilance des services de la RVA, Régie des voies aériennes, ce précieux colis étaient en voie d’embarquement vers Hanoi, au Vietnam. Ils appartenaient sur la LTA, illicitement faut-il le dire, à deux sujets étrangers de nationalité douteuse (Vietnamiens ?) à savoir MM. Theduong et Phugiang, tous présentement en cavale.

Selon un responsable de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), ces ivoires et cornes proviennent des pachydermes et rhinocéros blancs, abattus sans nul doute au parc de Garamba, dans l’ancienne Province Orientale. En effet, c’est là que l’on compte encore cette deuxième catégorie d’espèces rares, en voie de disparition.

Pour l’instant, les 113 kgs sauvés de justesse ont été remis à la douane congolaise. En effet, c’est elle qui s’emploie dans la traque des braconniers en vue de protéger les espèces rares.

Bien que la Rdc soit réputée un pays hospitalier, cette affaire devra encore donner de la matière aux autorités. Le ver est dans le fruit, dit-on. C’est dans ce cadre précis que l’on devra, en amont et à tous les échelons,  raviver la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, dite CITES.

Un Guinéen en juillet dernier

Au mois de juillet dernier, le patron de la douane congolaise Déo Rugwiza Magera était personnellement dans la commune de Barumbu, à Kinshasa. C’était en compagnie des agents du Parquet général de la Gombe, dotés d’un mandat de perquisition. Objectif, accéder à la parcelle sise 1, avenue Kabambare, dans la commune de Barumbu où, sur base d’informations sûres, étaient dissimulées plusieurs pointes d’ivoires.

Selon les informations recueillis, le forban jusqu’ici introuvable était un sujet guinéen, un ‘’frère africain’’,  jouissant de plusieurs autres identités et nationalités somme toute douteuses. Quoi qu’il en soit,  l’homme est toujours aux trousses de la justice congolaise. Mais comme le ver est dans le fruit, d’aucuns pensent qu’il est des Congolais de mèches avec lui. Quitte à la justice de remonter la filière et démanteler tout ce réseau maffieux.

Plus tôt en mars 2015

Parler des espèces protégées renvoie tout dernièrement, en mars 2015, aux 30 éléphants abattus par des braconniers en à peine deux semaines, dans le Parc national de la Garamba, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). C’était plus exactement  près de la frontière sud-soudanaise.

Parmi les principaux suspects du massacre figure un groupe de braconniers soudanais, avait alors expliqué Jean-Marc Froment, directeur chargé de la Conservation d’African Parks, une ONG qui cogère le Parc de la Garamba avec l’Institut congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN).

Cette annonce avait lieu alors que s’ouvrait une conférence internationale à Kasane, au Botswana, pour tenter de sauver l’éléphant d’Afrique, dont l’existence est menacée à court terme par l’explosion du braconnage, alimenté par la demande d’ivoire en Asie et au Moyen-Orient, et la destruction de son habitat.

Pourquoi la DGDA

Au regard des missions lui assignées, la Direction générale des douanes et accises,  un service public doté de l’autonomie administrative et financière, créé et organisé par le Décret n°09/43 du 03 décembre 2009 du Premier Ministre.

Elle assure l’administration douanière de la Rd Congo et a pour mission la perception des droits, taxes et autres redevances à caractère douanier et fiscal ; la protection de l’espace économique national, en particulier par l’application des normes aux frontières ; l’application des législations connexes aux frontières, concernant la protection de l’environnement conformément aux conventions internationales ; la mise en œuvre des mesures de protection de la chaîne logistique internationale ; la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière  organisée ; la lutte contre le blanchiment d’argent  et la lutte contre la contrefaçon et autres atteintes aux droits de la propriété industrielle, intellectuelle et artistique.

Cependant, elle veille pareillement à la protection de la société par la lutte contre le trafic illicite des marchandises dangereuses, des déchets toxiques et des produits qui appauvrissent la couche d’Ozone. C’est à ce titre que DGDA lutte contre la fraude et les narcotrafiquants. Elle s’emploie pour le cas d’espèce dans la traque des braconniers en vue de protéger les espèces rares. C’est ainsi qu’elle collabore avec le Parquet pour ce faire.

Exportation frauduleuse

Des dénonciations du commerce illicite et de l’exportation frauduleuse des animaux protégés de la RDC sont souvent sur la table de l’Organe de gestion de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et flore sauvage menacées d’extinction (CITES-RDC).

Le commerce illicite et l’exportation frauduleuse vers l’étranger, des animaux totalement protégés en RDC se font souvent avec la complicité de certains agents de services opérant aux postes frontaliers. En tout la DGDA vient de prouver qu’elle n’est pas à salir. Plusieurs animaux totalement protégés en RDC, et les ivoires, quittent frauduleusement le pays à partir de certains postes frontaliers sans visa de cette unique institution du pays habilitée à délivrer  des documents. Ce  trafic  illicite est souvent observé dans les provinces de l’Est du pays,  le Kongo central, l’ancienne   Equateur, et l’ancien Bandundu.

Ces espèces et ivoires sont exportés sans autorisation et sans inquiétude vers les pays de l’Asie du Sud, passant par les pays de l’Afrique de Ouest dont le Ghana et le Nigeria.

C’est pour cette raison que l’Organe de gestion CITES/RDC n’a cessé d’interpeller le procureur général de la République, la Direction générale de Migration (DGM), l’Interpol et les différents services de l’Etat opérant aux frontières du pays pour doubler la vigilance afin de mettre un terme à la sortie frauduleuse des ivoires et des animaux totalement protégés en RDC.

La DGDA vient de prouver à suffisance que les mesures efficaces sont prises de son côté pour traduire devant la justice tout faussaire. Braconnage et  commercialisation de ces espèces sont sévèrement sanctionnés par la loi. Toute infraction à la loi ainsi qu’à ses mesures d’application  est passible d’une peine de servitude pénale d’un an à 10 ans et d’une forte  amande.

Les animaux totalement protégés en RDC sont entre autres  l’éléphant de forêt, le Pangolin géant, le Lycaon, oryctérope, le Lion, le Grand Koudou,  l’Okapi, le Chimpanzé, l’Antilope, le Crocodile du Nil, le Chat doré, le Léopard, le Guépard, le Bonobo, le Paon congolais, le Singe bleu, le Zèbre, la Girafe, le Gorille de montagne, l’ Hippopotame, l’ Antilope noire,…

Coup d’œil sur la CITES

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, connue par son sigle CITES ou encore comme la Convention de Washington, est un accord international entre Etats. Elle a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.

La nécessité d’une convention de ce genre peut paraître évidente au vu des informations largement diffusées de nos jours sur le risque d’extinction de nombreuses espèces emblématiques telles que le tigre et les éléphants.

Cependant, dans les années 1960, à l’époque où l’idée de la CITES commençait à germer, le débat international sur la réglementation du commerce des espèces sauvages en vue de les conserver ne faisait que commencer. Avec le recul, la nécessité de la CITES s’impose. On estime que le commerce international des espèces sauvages représente des milliards de dollars par an et qu’il porte sur des centaines de millions de spécimens de plantes et d’animaux.

Ce commerce est varié, allant de plantes et d’animaux vivants à une large gamme de produits dérivés – produits alimentaires, articles en cuir exotique, instruments de musique en bois, souvenirs pour touristes, remèdes, et bien d’autres encore. L’exploitation et le commerce intensifs de certaines espèces, auxquels s’ajoutent d’autres facteurs tels que la disparition des habitats, peuvent épuiser les populations et même conduire certaines espèces au bord de l’extinction.

De nombreuses espèces sauvages faisant l’objet d’un commerce ne sont pas en danger d’extinction ; mais l’existence d’un accord garantissant un commerce durable est importante pour préserver ces ressources pour l’avenir.

Comme le commerce des plantes et des animaux sauvages dépasse le  cadre national, sa réglementation nécessite la coopération internationale pour préserver certaines espèces de la surexploitation.

Brève historique

La CITES a été conçue dans cet esprit de coopération. Aujourd’hui, elle confère une protection (à des degrés divers) à plus de 35.000 espèces sauvages – qu’elles apparaissent dans le commerce sous forme de plantes ou d’animaux vivants, de manteaux de fourrure ou d’herbes séchées.

La CITES a été rédigée pour donner suite à une résolution adoptée en 1963 à une session de l’Assemblée générale de l’UICN (l’actuelle Union mondiale pour la nature). Le texte de la Convention a finalement été adopté lors d’une réunion de représentants de 80 pays tenue à Washington, Etats-Unis d’Amérique, le 3 mars 1973; le 1er juillet 1975, la Convention entrait en vigueur. L’original de la Convention a été déposé auprès du gouvernement dépositaire en anglais, chinois, espagnol, français et russe, chaque version faisant également foi.

Les Etats qui acceptent d’être liés par la Convention (qui “rejoignent” la CITES) sont appelés “Parties”. La CITES est contraignante – autrement dit, les Parties sont tenues de l’appliquer. Cependant, elle ne tient pas lieu de loi nationale; c’est plutôt un cadre que chaque Partie doit respecter, et pour cela, adopter une législation garantissant le respect de la Convention au niveau national.

Depuis des années, la CITES est au nombre des accords sur la conservation qui ont la plus large composition; elle compte actuellement 181 Parties.

 

(Emmanuel Badibanga)

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