« Tout comme le garçon, une fille peut aussi louer une maison »

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Dans la tradition africaine en général et congolaise en particulier, est-il permis à une fille majeure et célibataire de louer une maison ? Quel est le mal lorsqu’une étudiante de son état peut se chercher une maison à louer pour parer aux difficultés de transport ? Pourquoi la société congolaise voit-t-elle d’un  mauvais œil la fille qui décide de se prendre en charge ? Y-a-t-il incompatibilité pour une fille de louer une maison et sa vie chrétienne ? Voilà autant de questions sur  lesquelles L’Avenir-Femme, le Quotidien de référence qui traite des questions de la femme, propose de réfléchir cette semaine. Le souhait, comme on peut bien s’en rendre compte, ce n’est pas de maintenir la femme (fille) dans un état de sous-homme ni d’infériorité, mais de lui permettre de s’assumer, parce que de la part du Créateur, elle a reçu les mêmes potentialités que l’homme. Sinon,  la Sainte Bible est claire là-dessus lorsqu’elle dit dans Genèse 1, 27: « Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme ».

Si le principe biblique est clair, mais pourquoi maintenir la femme dans un tel état ? C’est à cette question qu’interviennent certaines coutumes très protectrices de la fille, selon lesquelles cette dernière doit être protégée jusqu’à la fin de sa vie ou jusqu’à ce que son mariage arrivera. Ici, les parents ne veulent pas courir de risques de voir se compromettre tout leur investissement. Mais ils oublient vite que même à la maison, une fille peut toujours abuser si elle est déterminée pour ce faire. Par contre au village, lorsqu’un garçon a totalisé 18 ans (devenu majeur) et a décroché son diplôme d’Etat, il devient responsable de sa vie. Mais pour la fille, tout est fait pour la maintenir dans un état, l’empêchant de mieux s’exprimer. En dehors de cet aspect, il y a aussi des considérations d’ordre religieux, selon lesquelles, laissez une fille louer seule une maison, c’est la pousser à la débauche. Cette thèse oublie vite que si la femme a reçu les fondamentaux d’une bonne éducation, et si elle est chrétienne, rien n’empêche qu’elle se prenne en charge. Une autre catégorie n’est pas à négliger, elle est constituée de certaines filles qui ont atteint un certain âge. Celles-ci, pour des raisons personnelles (autonomie, conflits sous le toit parental, incompréhensions, état d’âme des occupants de la maison, etc.), peut se décider de se prendre en charge.

A Kinshasa est né un nouveau vocabulaire, celui qui consiste à qualifier certaines personnes de « Salomon », parce qu’elles passent l’essentiel de leurs temps à dormir au salon, étant donné que la maison n’étant pas spacieuse. Cette situation a toujours été à la base de l’inceste et d’autres mauvaises choses. Dans le cas d’espèce, pourquoi empêcher la jeune fille à se prendre en charge, en se trouvant un chez soi, en attendant bien sûr qu’elle soit mariée. Pourquoi obliger une fille qui a décroché un bel emploi  et jouissant d’un salaire compétitif de se trouver une maison à louer ? Si à l’Université, la fille peut se distinguer devant les hommes, pourquoi ne pas permettre à celle-ci de son comporter comme con collègue masculin dans la société, mais en évitant les abus et les excès ? Faisons vite attention : lorsque cette femme qui loue une maison veut se marier, la dot est versée chez ses parents qui vont la préparer à rejoindre son mari. Et ce que nous disons ne s’applique pas aux  filles libres ou aux mœurs légères, qui ont cherché un hangar, transformé vite en une maison de passe au quartier Mombele, à Victoire ou dans la commune de Kinshasa, pour y dormir et recevoir d’éventuels clients.  Au regard de tout ce qui a été dit, il ressort que ni la coutume, ni la religion ne peut empêcher une femme bien éduquée de se trouver une maison à louer. Le faire, c’est violer son droit le plus légitime.

(Jean-Marie Nkambua)

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