Théodore Mugalu rassure: « Joseph Kabila n’a pas appelé à un référendum »

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Une attitude de l' ambassadeur Théodre Mugalu, chef de la maison civile du Chef de l' État intervenant sur Rtga World. Ph.Rtga
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La question qui défraie la chronique depuis plusieurs mois  dans le microcosme politique à Kinshasa,  suscite aussi  fantasme, polémiques et défections. L’ après 2016, tabou ou mystère?  Nombreux, sont ces opposants qui aimeraient voir le président Kabila se prononcer solennellement sur son avenir politique. Les signaux jusque-là envoyés  par la majorité présidentielle semblent ne pas rassurer ceux qui lorgnent ardemment sur le fauteuil présidentiel.

Un faux débat répond Théodore Mugalu. Pour ce pasteur, habitué du palais présidentiel qu’ il côtoie depuis 2003, Joseph Kabila n’ a pas la moindre intention de s’ éterniser au pouvoir comme le prétendent ses détracteurs, tout comme, il n’ a pas non plus l’ obligation de se prononcer sur son avenir politique, la question étant déjà reglée par la constitution.

Ancien ambassadeur de la RDCongo en Tanzanie, le chef de la maison civile du Président de la République ne se prive d’ aucune occasion pour défendre l’ image du chef de l’ État.  De passage à Paris, il revient dans les colonnes de Jeune Afrique sur les dernières évolutions de la politique au pays.  Une nouvelle sortie médiatique qui lui permet  de tordre le cou aux clichés et clouer le bec de ceux qui attribuent au président Kabila, la ténébreuse volonté de briguer un troisième mandat. Faux rétorque le patron des affaires domestiques de Joseph Kabila, Théodore Mugalu qui  rassure que ce dernier n’ a pas non plus appelé à un referendum.

Ci-dessous, l’ intégralité de cet entretien enregistré à Paris.

Jeune Afrique : Près d’une année après sa convocation par le chef de l’État, le « dialogue politique national inclusif » n’a toujours pas démarré. Peut-on dire que Joseph Kabila ne parvient pas à convaincre la classe politique congolaise ?

Théodore Mugalu : Le président Kabila n’arrive pas à convaincre l’espace politique, mais il a convaincu le peuple congolais. Nuance. Parmi les opposants qui ne veulent pas écouter le chef de l’État, il y a trop de vieillards. Mais l’alternance qu’ils ne cessent de réclamer ne se fera pas des jeunes aux vieux, mais des jeunes aux jeunes. Tel est le vœu des pères de l’indépendance qui, à travers la dernière strophe de notre hymne national, nous demandent de léguer le serment de liberté à la postérité.

La maladie de cet espace politique remonte en fait à l’indépendance même du pays, le 30 juin 1960. Le Congo est né infirme constitutionnellement. Il n’y a jamais eu de table ronde constitutionnelle. C’est pourquoi le règlement de cette crise nécessite que l’on se mette ensemble, que chacun sacrifie ses intérêts personnels pour ne considérer que ceux de la nation.

Même l’opposant historique Étienne Tshisekedi, avec qui le pouvoir a eu des négociations préliminaires, rejette finalement les pourparlers tels que convoqués par le président Kabila…

La question de sa participation à ces pourparlers ne mérite même pas de se poser. Étienne Tshisekedi a l’obligation d’y prendre part. D’autant qu’il est du devoir de nos leaders politiques de donner la paix au peuple. Or pour qu’il y ait la paix, il faut dialoguer. Ayant connu la table ronde et fort de sa grande expérience politique, c’est Tshisekedi qui aurait dû appeler au dialogue, pas son petit-fils Joseph Kabila.

Pour l’instant, l’opposition récuse Edem Kodjo, facilitateur de l’Union africaine, et exige la libération des prisonniers politiques et l’arrêt des poursuites contre des opposants. Qu’en pensez-vous ?

Le dialogue est la respiration même de la démocratie. Il est inconditionnel. Il ne peut pas y avoir des conditions pour dialoguer. Libération des prisonniers politiques ? Le président Kabila en a déjà libéré à plusieurs reprises.

Quelqu’un qui a violé, incendié des maisons ou commis des crimes contre l’humanité doit-il être libéré pour participer au dialogue ? Nous devons lire la Constitution et les lois du pays. Mais si pendant le dialogue, nous constatons qu’il faut libérer telle ou telle autre personne – comme on avait libéré Lumumba à Kisangani pour qu’il puisse participer à la table ronde de Bruxelles en 1960 -, pourquoi le président refuserait-t-il de gracier ?

À mon avis, ce dialogue doit également avoir comme participants de base les serviteurs de Dieu, les sacrificateurs, pour nettoyer les cœurs de nos politiques. C’est désormais un dialogue pour que la Constitution puisse retrouver son autorité morale, sans laquelle il est impossible d’accorder nos violons. Nous devons élever le débat afin d’appeler le Congolais à aimer son pays avant son époux, ses enfants, sa famille.

Pour décrisper le climat politique, le président Kabila ne devrait-il pas annoncer qu’il ne compte pas briguer un nouveau mandat à l’issue de son dernier quinquennat constitutionnel ?

La Constitution ne l’oblige pas à le faire. Même en France, rien n’oblige le président François Hollande à dire s’il sera, ou pas, candidat en 2017. Ce débat est donc un faux fuyant. La Constitution dit que le président actuel reste en place jusqu’à ce qu’un nouveau soit élu. Elle ne dit pas que le président « glisse » : glisser, c’est anticonstitutionnel, mais rester est constitutionnel.

Léon Kengo wa Dondo par exemple est resté [à la tête du Sénat] au-delà de son mandat. Il n’a pas glissé, il est resté dans la Constitution. Il en sera de même du président de la République. La Constitution, c’est la fille aînée du chef de l’État. Il la respectera : il n’y aura pas de troisième mandat. Mais si le président Kabila se prononce sur sa candidature, cela ne va susciter que d’autres problèmes inextricables dans tous les camps. Même au sein de la majorité, les gens – surtout ceux qui veulent être dauphins – risquent de s’entre-tuer.

Que pensez-vous de récents propos de certains responsables du PPRD, principale formation de la coalition au pouvoir, qui ont évoqué l’hypothèse d’un référendum pour modifier ou changer la Constitution ?

Nous sommes en démocratie. Chacun est libre de dire ce qu’il veut tant que cela reste conforme à l’absolu qui est la Constitution. Joseph Kabila, lui, n’a jamais dit qu’il était candidat pour un troisième mandat. Il n’a pas non plus appelé à un référendum. Ce dernier n’est pas une question individuelle mais nationale. Il faudra suivre la procédure édictée par la Constitution.

Groupelavenir/JeuneAfrique

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