Territoire de Beni: Encore 17 personnes tuées par les ADF-NALU

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*La population fustige une arrivée tardive des FARDC

Il s’agit là d’un bilan provisoire communiqué au CEPADHO, tôt le matin hier mercredi 04 mai, le jour où Papa Wemba a été mis en terre au cimetière de la Nécropole entre Terre et Ciel. En effet, à en croire les sources du CEPADHO, les terroristes ADF ont fait incursion à Mutsonge/Mimibo, localité de Baungatsu-Luna, entre Eringeti et Luna, en Groupement Bambuba-Kisiki, dans le secteur de Beni-Mbau, au nord du territoire de Beni entre 19h45 et 21h00 de mardi 03 mai courant.

Selon les témoignages de survivants, les assaillants se sont introduits dans certaines habitations tuant à la manchette/hache et par balles au moins 17 civils. Par ailleurs, les sources médicales à Eringeti nous confirment 3 blessés graves et 2 habitations incendiées. S’agissant des victimes tuées, il est fait état de 8 femmes, 4 enfants et 5 hommes. Si les civils tués sont membres de différentes familles, 7 sont d’une même famille. Et l’on note parmi les morts, le chef local, le capitale du village Mutsonge, M. Paluku Mavoko Donia.

Ce bilan risque d’être revu à la hausse, étant donné que la fouille se poursuit. La plupart des corps restent exposés à l’instant au Centre de Santé d’Eringeti. Rappelons que ce carnage s’est produit à moins de 300 mètres de deux camps de la MONUSCO.  C’est lorsque les coups de feu ont été  tirés par les ADF-NALU que la panique a gagné Eringeti. D’aucuns croyaient que la localité d’Eringeti était envahie par ces terroristes. Ce qui a occasionné des mouvements nocturnes de la population de l’Est à l’Ouest de l’agglomération.

Les FARDC basées à Eringeti se sont rendues compte de cette infiltration à partir du moment où l’ennemi a commencé à tirer des coups de balles. Les inciviques se seraient soustraits à l’approche des militaires FARDC. Présentement, c’est le deuil à  Mutsonge/Mimibo (entrée de l’axe routier Kainama) et Eringeti où la psychose est perceptible. Le Chef des villages d’Eringeti qui s’est confié au CEPADHO indique que la situation est intenable. Il invite les autorités provinciales à intervenir pour l’enterrement des civils.  A l’instant, les localités d’Eringeti et Mutsonge se vident de leurs habitants. La plupart fuient en direction d’Oicha (Chef-lieu du territoire de Beni, au Nord-Kivu) au sud et d’autres vers Komanda (Chef-lieu du territoire d’Irumu, en province de l’Ituri) au nord.

Le CEPADHO qui craint que le bilan du récent massacre soit revu à la hausse condamne ce énième crime. Cette organisation encourage l’armée à faire davantage, pour éradiquer définitivement ces terroristes qui poursuivent à cœur joie les massacres des civils en territoire de Beni.

Une arrivée tardive des FARDC

Rappelons que ce nouveau carnage dans le territoire de Beni au Nord-Kivu, a fait au moins 17 personnes tuées à la hache et machette par les rebelles ougandais de l’ADF dans la localité de Bahungatsu Luna, village Mutsunge en groupement Bamuba Kisiki. Coté FARDC et MONUSCO, l’on réitère  le ferme engagement de combattre ce mouvement terroriste jusqu’à son dernier retranchement, en dépit de certaines interventions tardives.

Raison pour laquelle, les rescapés attristés par l’intervention tardive de l’armée, précisent que l’alerte a été donnée au moins 72 heures avant que cet assaut des rebelles ougandais de l’ADF ne soit lancé. Intervention tardive oui, reconnait le Commandant de l’opération Sokola1, le lieutenant Marc Zukayi, porte-parole dans cette zone opérationnelle, qui parle d’une faille dans la prise préalable des mesures sécuritaires adéquates pour protéger les civils.

« C’est arrivé, je pense qu’il y a une faille dans notre dispositif sécuritaire, chose qu’on va corriger tout de suite. Vous savez que ce sont des terroristes, ils ont profité de la configuration du terrain pour s’infiltrer facilement », dit-il. Aussitôt informé de ce nouveau carnage intervenu vers Luna, le Commandant des forces de la Monusco s’y est rendu pour compatir avec les victimes, en dépit du mode opérationnel de l’ennemi, le Général Jean Bayo rassure que la collaboration FARDC-MONUSCO ne lâchera jamais, surtout dans le respect stricte des droits de l’homme et du droit international humanitaire.

« Nous avons à faire à un adversaire que l’on dit asymétrique qui utilise toutes les méthodes, pour se cacher, pour se confondre parfois avec la population ou avec les FARDC et attaquer des innocents. C’est comme ça qu’il combat. Nous n’avons pas à faire à des militaires qui se battent pour attaquer votre pays, ce sont des gens qui utilisent des méthodes assez lâches. Nous nous respectons le droit, mais nous devons trouver le bon mode opératoire pour être beaucoup plus efficaces », dit-il. Disons que des mouvements de la population s’observent déjà vers la province orientale démembrée, où elle espère respirer l’ère fraîche de la paix.

Les résidus des ADF ont opté  pour la guérilla urbaine et le terrorisme

Les tueries dans le territoire de Beni étaient également au centre de la réplique du Premier ministre, le 29 avril dernier,  aux préoccupations des députés nationaux à la suite de la réponse à la question orale de l’honorable Mbindule. A l’occasion, concernant les opérations et en particulier l’ADFqui s’est illustrée par des tueries sauvages et aveugles contre des populations civiles, Matata Ponyo a indiqué qu’en 2014, les FARDC avaient lancé des opérations d’envergure contre ce groupe terroriste. A travers ces opérations, presque tous les sanctuaires de l’ADF ont été démantelés.

Les résidus de ce groupe militaire ont alors changé de mode opératoire, en optant pour la guérilla urbaine et le terrorisme. Il ne s’agit plus d’une guerre classique avec des fronts clairs, mais plutôt d’une guerre asymétrique. L’ADF a commencé à éviter d’affronter les FARDC, pour se livrer à des massacres de civils dans des localités reculées et isolées. Les Forces Armées de la République ont malgré tout maintenu leur pression militaire sur l’ADF, ce qui a permis de remporter plusieurs victoires et contraint le leader de ce groupe, Jamil Mukulu, à fuir vers la Tanzanie où il a été arrêté.

« Je voudrais ici faire remarquer que les groupes armés étrangers, en l’occurrence les FDLR et l’ADF, avaient développé des réseaux qui leur permettent de bénéficier, dans leur sale besogne, de la complicité de quelques compatriotes originaires des régions où ils opèrent. C’est cela, entre autres, qui a permis à ces groupes de survivre au-delà de la pression militaire exercée sur eux par les FARDC, et de continuer à perpétrer leurs crimes contre nos populations. Néanmoins, pour faire face au mode opératoire terroriste adopté par l’ADF, les Forces Armées ont réadapté leur dispositif sur le terrain, ce qui a permis de réduire les tueries à ce stade », a souligné le Chef du Gouvernement, avant d’ajouter qu’il est important d’observer, par ailleurs, que la lutte contre le terrorisme n’est jamais une tâche aisée, même pour les armées les plus modernes et les plus puissantes du monde.

(Jean-Marie Nkambua)

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