Tandis que des bureaux-resto foisonnent

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Après les pains, des chikwangues données en dette aux enseignants

Ah ! Il faut vraiment qu’on force les gouvernants congolais à prendre à bras-le-corps les revendications socioprofessionnelles des enseignants avec toute l’urgence. Comment expliquer que nous en soyons arrivés à un niveau où un enseignant donne des chikwangues en dette à ses collègues !

Ces paroles aux allures d’une révolte intérieure, émanent d’un enseignant du secondaire d’une école conventionnée locale. L’homme se confiait à un collègue de service, au moment où d’autres faisaient la queue, entrant un à un au bureau du directeur de discipline, où s’était installé provisoirement le prêteur qui remettait à qui une chikwangue à qui deux, chacun selon ses prévisions.

Et les bénéficiaires, souriants et enthousiasmés, étaient partagés entre l’avantage de se servir pour sauver la survie au présent et l’obligation de se faire bon payeur, le moment venu. Car c’est à ce prix que l’on puisse encourager celui qui prête à poursuivre l’opération. A Kinshasa, un langage courant dit, à cet effet : « kota niongo pe oyebana (pour dire : s’endetter, c’est aussi un moyen latent de se faire connaître). Pourquoi ? se demanderait-on. Simplement parce que dans le contexte kinois, les personnes disposées à payer leur dette sans se faire prier, sont de la race rare. En cas d’insolvabilité avérée, le créditeur ne manque pas de hausser autrement le ton. Et cela donne lieu à des conflits courants, aboutissant parfois à des comparutions devant Officiers de police judiciaire (OPJ), ceux généralement des bureaux de Police de proximité, appelés couramment Sous-commissariats.

Quand voyage et aventure « paient » dans les affaires

La source indique que la première série test a commencé à la reprise des classes, après les dernières vacances pascales. Un enseignant ayant effectué un voyage auprès d’une proche familiale dans un village du Bas Congo, s’est vu servir en bonne quantité des chikwangues

Et de renchérir qu’en prêtant des chikwangues aux collègues de l’école, cet enseignant qui a bien voulu tenter une aventure, s’est rendu compte que le besoin dépassait l’offre. Donc, un terrain propice aux affaires, de quoi rêver grand ! Il marchait sur les traces d’un précédent qui, lui, avait livré des pains dans des conditions similaires. Seulement, les pains perdent de leur qualité le jour après. Les chikwangues ont l’avantage d’être conservées plus d’un jour.

Même si l’enseignant estomaqué (cité au début de l’article) que l’école soit transformée en « malewa » (restaurant de fortune dans les quartiers kinois de la populace), l’enthousiasme avec lequel la majorité de la communauté a accueilli les chikwangues l’a réduit au silence. L’enseignant écœuré, se plaint de l’aliénation de l’espace du savoir, il déplore un scandale aux élèves. Car, confie-t-il, « ces enfants qui nous voient entrant à tour de rôle au bureau du DD pour sortir avec des chikwangues, seront davantage confortés dans leur conviction de rejet du métier d’enseignant. Il n’est un secret pour personne que cette conviction est alimentée, depuis de longues dates, par des réalités sociales. C’est le cas du train de vie de certains musiciens et leur facilité à contracter partenariat ou à voyager. En plus, des clubs montent en performance et en popularité à l’heure où le football s’illustre comme un « big market » dans le domaine du business international, le joueur du football devient ce qu’était, il y a quarante ans, un professeur d’université : envié, non égalé, faisant rêver…

Quand des bureaux-resto foisonnent, l’environnement déplaît  

Une nouvelle mode s’est « implantée à Kinshasa », occasionnée notamment par le laisser-faire et le relâchement collectif. C’est que les Kinoises et Kinois mangent partout, même dans des bureaux et pas nécessairement pendant la pause. Il y a des femmes vendeuses de « prêts à manger » qui ont pour clientèle des gens de bureaux. Dans ces conditions, l’odeur ambiante dans ces bureaux est partagée entre le parfum corporel et la soupe attrayante dégageant vapeur. Il est des bureaux qui sentent du « chawarman », car ceux qui en raffolent s’illustrent comme pourvu du budget journalier pour faire escale dans une alimentation (ou Supermarché, terme courant à Kinshasa). Dans le secteur tant public que privé, c’est pareil. Il y a trois années, intervenait l’entrée en service du gouvernement Matata I. Après la ronde effectuée des services spécialisés, un ministre s’est écrié devant la presse : (citation) : « Il y a lieu de s’interroger si les Congolais travaillent encore pour faire avancer ce pays ! Pendant les heures de service, certains sont penchés somnolant, d’autres lisant la Bible, d’autres à jouer au Pari mutuel urbain (PMU) ou au Pari foot, d’autres à discuter des prix d’articles divers avec des vendeurs ambulants qu’on fait entrer dans des bureaux par complaisance… Il faut que cela cesse, il faut débarrasser l’Administration des bois morts. » (Fin de citation).

Entre la « kinoiserie » et la «kinoicité » 

Dans une interview sur une télévision locale, le directeur général de l’Institut national des arts, INA, professeur André Yoka Lye déplorait, il y a peu, la persistance de la « kinoiserie ». De ce néologisme opposé à la « kinoicité », l’intervenant illustrait un côté invivable des Kinois, ce que des gens ont de déplaisant dans leur cohabitation avec autrui. Faute d’excellence, ces Kinoises et Kinois prennent leur égarement collectif pour une valeur susceptible d’être léguée à la postérité. Une sagesse bantu renseigne : « Dans un tas d’oranges déclarés impropres à la consommation, à bien fouiller, l’on trouve toujours une minable quantité à retirer du lot pour soulager l’étranger qui débarque soleil brûlant ». Ainsi parlant de la « Kinoicité », l’auteur du néologisme de préciser que cela est le côté élégant de ce peuple. Un peuple qui a su préserver charme et sourire, hospitalité et goût de vivre, unité et force intérieure, bien au-delà de l’oppression.

Payne

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