Tabula rasa à la CENI: Que cache l’attitude du Rassemblement ?

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Les échos qui nous parviennent du Centre Interdiocésain où se tiennent les pourparlers entre les signataires et les non-signataires de l’accord de la Cité de l’Union africaine (UA), sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo, CENCO, renseignent que les six divergences ont été aplanies et que l’accord sera signé le 30 décembre prochain. En attendant, les Evêques membres de la CENCO ont regagné leurs diocèses, le temps pour eux de fêter la Nativité de Jésus-Christ avec leurs fidèles. Entre-temps, un travail de toilettage du texte a lieu au niveau du Secrétariat général de la CENCO avec quelques acteurs politiques, concernant les fondamentaux comme le respect de la Constitution, la cogestion durant la période préélectorale et électorale entre les différentes composantes et entités, du président de la République actuellement en fonction,  qui doit demeurer jusqu’à l’élection de son successeur et ne briguera pas un troisième mandat, les mesures de décrispation politique, etc.

Si tout évolue bien jusque-là dans les deux composantes, un sujet divise, notamment la volonté du G7, mieux du député national Christophe Lutundula de remettre en cause le bureau actuel de la Commission électorale nationale indépendante, CENI. Pour des sources proches de la CENCO, voulant appliquer l’adage populaire de « ôte-toi de là que je m’y mette », le député voudrait, à travers ces chambardements au niveau du bureau de la CENI, faire une éventuelle passe en or à ses proches. C’est ici que nombreux veulent savoir à quoi joue le G7, celui-là même qui a quitté le bateau de la Majorité Présidentielle, parce qu’il n’y avait pas de volonté d’aller aux élections. L’opposition est-elle vraiment pressée pour affronter les échéances électorales?

Sinon, lorsqu’on sait que le président de la CENI est issu de la Société civile et vu la délicatesse des tractations, tout chambardement ne devrait avoir pour conséquence que de retarder la date des échéances telle que convenue à la Cité de l’Union africaine. Dans ce camp militaire, comme il faut bien le rappeler, les experts de la CENI, en tête M. Corneille Nangaa, avaient bénéficié du soutien et de l’accompagnement de la communauté internationale. Il s’agit de l’Organisation internationale de la Francophonie, avec le Général Siaka Sangaré ; les Etats-Unis d’Amérique, avec l’IFES, sans oublier d’autres experts locaux dont l’expertise a non seulement enrichi les discussions, mais a permis aux dialoguants d’arrêter des dates réalistes, compte tenu de la volonté exprimée par tous, celle d’aller le plus tôt possible vers les élections. Et pourtant, l’option qui semble à la portée du Rassemblement, est celle qui consiste à remplacer les représentants de l’opposition qui sont dans le bureau de la CENI.

Vouloir une chose et son contraire à la fois

Le G7 veut-elle une chose et son contraire à la fois ? C’est du moins ce qu’on on est tenté de comprendre, par rapport à cette attitude de Christophe Lutundula. Sinon, si le Rassemblement était allé aux pourparlers avec la CENCO, nombreux avaient pensé que l’objectif n°1 était d’aller aux élections le plus rapidement possible. Et ce, contrairement à l’accord de la Cité de l’Union africaine qui prévoyait la Constitution du nouveau fichier électoral au 31 juillet 2017 et la convocation des scrutins à partir de la promulgation de la loi sur la répartition des sièges au 30 octobre 2017.

Malheureusement, l’attitude du Rassemblement reflétée par Christophe Lutundula fait transparaître une autre volonté, celle de ne pas aller aux élections, quelles que soient les avancées engrangées. L’illustration parfaite de cette idée, c’est la volonté de faire tabula rasa à la CENI, en ne tenant pas compte qu’en Afrique, la Rdc dispose d’une expertise en matière électorale qui est du reste recherchée. Parce s’il faut adhérer à la proposition de Lutundula, il y a risque que les élections soient postposées. C’est ici que certains Congolais veulent savoir : est-ce que le Rassemblement a peur des élections ? Veut-on veut profiter de la non-organisation des élections en Rd Congo pour créer le chaos ?

Même si Lutundula est cité comme celui qui milite pour l’ancien membre de la CENI, M. Misioni, au cas où l’idée du chambardement serait acceptée, certains analystes des questions électorales n’hésitent pas à dire qu’une certaine opposition a peur des élections. A les en croire, si les élections sont organisées dans le contexte actuel, les opposants vont non seulement manquer les moyens de faire la campagne ; mais ils manqueront aussi d’arguments nécessaires pour faire adhérer la population à leur projet de société. Voilà qui justifie ce manque d’empressement d’aller aux élections, en préférant se perdre dans les dilatoires pour retarder les choses.

La population congolaise, celle au nom de qui tout le monde se bat, doit comprendre que nombreux de ceux qui parlent en son nom,  roulent pour leurs propres intérêts. L’illustration est ici faite avec Christophe Lutundula, qui ne jure que  par le départ de Corneille Nangaa, pour le remplacer par quelqu’un qui est proche du Rassemblement, M. Misioni. Un changement qui s’avère inopportun, parce qu’il implique un temps long pour l’arrimage du nouveau capitaine du bateau. Ce qui pousse à préférer un démon que l’on connait, qu’un saint dont on ne connait pas.

Rien ne doit arrêter le travail de la CENI

Il vous souviendra que le président de la Commission électorale nationale indépendante qui séjourne au Sud-Kivu a lancé le 12 décembre 2016, l’opération de révision du fichier électoral dans les aires opérationnelles 1 et 2 comprenant les 12 provinces suivantes : Haut-Katanga, Haut Lomami, Lualaba, Tanganyika, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Maniema, Tshuapa, Sud-Ubangi, Mongala, Equateur et Ituri. L’objectif de cette opération est de mettre à disposition, au 31 juillet 2017, un fichier électoral fiable et prêt à prendre en charge tous les scrutins.

Au cours de son échange avec la presse, le président de la centrale électorale a précisé que la CENI fera de son mieux pour n’enrôler que des « Congolais » dans cette province frontalière. « Dans l’ensemble de la province du Sud-Kivu, nous avons fait une prévision d’environ 2.277. 860 personnes à enrôler dans nos 824 bureaux d’enrôlement. L’opération a été lancée le 13 décembre et d’ici au 31, tous les bureaux seront ouverts. Les défis à relever sont plus au niveau des villages. Nous ferons tout pour n’enrôler que des congolais. Dans des provinces frontalières comme celle-ci, il y a une loi qui nous permet de n’identifier que les congolais. L’on devra exiger de pièces d’identité comme l’attestation de naissance, le passeport et autres pour ne pas tomber sur des étrangers», a dit Nangaa. Cette tournée du président de la CENI se poursuivra à Goma dans la province du Nord-Kivu, précise actualite.cd.

(JMNK)

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