Suspension d’Adolphe Muzito du Palu: Une sanction logique

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*Le Patriarche Antoine Gizenga a pris la grave décision de suspendre Adolphe Muzito du PALU durant trois ans au cours desquels il ne peut engager le parti. Il lui est reproché d’avoir organisé des tribunes au sujet du fonctionnement de la République au mépris de la discipline du parti et d’avoir crée le « Muzitisme », une doctrine inconnue de son parti

*Selon les analystes, cette sanction sévère à son encontre est conforme à la logique d’autant que le PALU est l’allié naturel de la Majorité présidentielle. Cette alliance impose la solidarité gouvernementale, surtout que ce parti politique est présent dans l’actuel Gouvernement  de cohésion nationale du Premier ministre Matata Ponyo. Et Muzito ne pouvait pas cracher sur la main qui l’a nourri. Quelle sera la réaction de l’intéressé : se soumettre à la décision ou créer son propre parti ? 

Le jeudi 13 août dernier, le Patriarche Antoine Gizenga, Secrétaire général du Parti Lumumbiste unifié (PALU) a pris la grave décision de suspendre du parti pour une durée de trois ans l’ancien Premier ministre (2008-2012) et haut cadre du parti, Adolphe Muzito. Le vieux patriarche a certainement eu la main lourde pour prendre une telle décision.

Par conséquent, l’intéressé ne peut ni engager ni parler au nom de cette formation politique pendant toute la durée de sa suspension.

Il est reproché à Adolphe Muzito plusieurs manquements graves parmi lesquels la violation des textes fondamentaux du PALU, l’usurpation du pouvoir de la direction politique, l’insubordination de l’intérêt du parti au sien propre, le non respect des directives et instructions du parti, la création  du « Muzitisme », doctrine inconnue au Palu.

Ses « tribunes assassines », cause de sa suspension

Il ne faut pas être grand clerc ni magicien pour conclure que ce sont les tribunes « vitriolées » d’Adolphe Muzito publiées dans certains journaux de la place qui ont causé sa suspension. Dans ces écrits, il s’en prend systématiquement aux réalités qu’il a pourtant gérées quand il était ministre du Budget d’abord et Premier ministre.

Les analystes neutres et objectifs de la politique congolaise pensent que la suspension d’AdolpheMuzito est une sanction tout à fait conforme à la logique. En effet, jusqu’à preuve du contraire, le PALU est un allié naturel important de la Majorité présidentielle. Cette alliance impose la solidarité gouvernementale. L’une des preuves est que l’un de ses fils, Willy Makiashi est Vice-Premier ministre chargé de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale. Or, en tant que haut cadre de ce parti lumumbiste, Adolphe ne pouvait pas écrire des diatribes qui vont à l’encontre de la ligne du parti. C’est comme qui dirait qu’il a craché sur la main qui l’a nourri, cette main qui a fait de lui ministre du Budget, Premier ministre et même député national. Heureusement pour lui qu’il gardera son siège de l’Assemblée nationale parce qu’il n’a pas démissionné, mais il n’a été que suspendu durant trois ans. Le geste de Muzito s’identifie sans plus ni moins à de l’ingratitude crasse, car il doit sa montée fulgurante en politique grâce à ce parti.

Etant haut cadre du PALU, allié naturel de la Majorité présidentielle, comment tolère-t-il que sa chaîne de télévision puisse critiquer voire injurier à longueur de journées le président de l’Assemblée nationale qui est par surcroît le Secrétaire générale de la Majorité présidentielle ? Là alors, toutes les personnes ayant les deux pieds sur terre ont perdu leur latin.

Et encore, quand il fut à la Primature, celle-ci était devenue une pétaudière, une cour du roi Pétaud. Elle était tellement sale et immonde qu’on y trouvait même des femmes faisant le « Malewa », entendez « restaurants de fortune ». Son successeur, en bon organisateur et à la vision esthétique, a su améliorer la situation physique de cette Primature en y imprimant des réalités historiques que beaucoup de groupes de personnes diverses vont visiter tous les vendredis. C’est une initiative louable qui vaut son pesant d’or, même si cela a coûté des millions au trésor public.

Candidat probable à la présidentielle de 2016

Maintenant que l’épée de Damoclès vient de s’abattre sur lui, quelle sera la réaction d’Adolphe Muzito? L’opinion est curieuse d’en savoir quelque chose. Nous avons été en contact avec quelques-uns de ses proches. Ils ont été avares de déclarations. Tout ce qu’on a pu retenir est que Muzito est en train de réfléchir laissant le temps au temps. Mais, tel qu’on le connaît, il pourrait difficilement se soumettre à cette décision. Il se réserve encore puisqu’il sait que s’il ose déclarer urbi et orbi son départ du PALU, il perdra son siège à l’Assemblée nationale. Ce qui serait un faux calcul.

Il est un fait que depuis quelques temps, ce parti est en proie à de graves dissensions. On en veut pour preuve l’écartement de Marie-Laure Kawanda, ancien ministre des Transports et Voies de Communications sous Muzito, qui a créé son propre parti, la démission du Professeur Zuka, ancien vice-ministre de l’Intérieur et Sécurité, toujours sous Muzito,  qui a rejoint le MSR de Pierre Lumbi.

Certains bruits de couloirs n’écartent pas l’hypothèse de voir Muzito créer en sourdine son propre parti parce qu’il a l’ambition de postuler à l’élection présidentielle de 2016. Ses tribunes, laisse-t-on entendre, constituent justement le prélude à sa campagne électorale. Il y a quelques temps dans le Bandundu profond, Muzito était accueilli en triomphe et l’on appelait affectueusement par le sobriquet de « Mfumuampa » (traduisez le nouveau chef). Cette appellation n’est pas gratuite.

S’il a réellement l’intention de postuler à la présidence de la République, les mêmes analystes pensent qu’il a très peu de chances d’être élu pour avoir trahi le Patriarche Gizenga (un Pende comme lui) qui, au Palu, est considéré comme Dieu le Père. Or, lui désobéir ou lui tourner le dos équivaut à s’attirer non seulement de sérieux ennuis, mais aussi de la malédiction.

Il est un fait certain que les Pende sont divisés selon que l’on est proche ou non (géographiquement parlant) de Muzito. Car, en Afrique en général et au Congo en particulier, l’on est plus attiré par des affinités tribales que par les convictions politiques pures. C’est pourquoi, il n’est pas rare que du jour au lendemain, des personnalités changent d’opinion politique. Des exemples sont légion mais nous les passons volontairement sous silence.

Le silence de Muzito aurait été plus sage

Les analystes pensent que c’aurait été mieux si Muzito avait gardé sa langue en poche. Les Chinois ne disent-ils pas que si la parole est d’argent mais le silence est d’or. Entant qu’ancien Premier ministre, il aurait mieux fait d’écrire les Mémoires et de les dédier ainsi à la postérité, plutôt que de vilipender un Gouvernement pour lequel il a travaillé.

C’est une erreur stratégique grave d’avoir publié ses « tribunes » en ce moment-ci. Voilà que cela lui attire des sanctions dans son parti qui le déplument aux yeux de l’opinion tant congolaise qu’internationale. Son image de marque est flétrie à telle enseigne que la refaire en si peu de temps sera une tâche difficile.

Ainsi, l’opinion a les oreilles tendues vers le PALU pour voir et entendre ce qui va se passer après cette grave sanction contre l’ancien Premier ministre, l’honorable Adolphe Muzito. Ci-dessous, l’intégralité de la décision du PALU :

L’Avenir

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