Sur notre calepin: Des sponsors coupent les cordons ombilicaux avec les musiciens

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Tel que nous l’avions annoncé dans l’une de nos précédentes éditions, les choses sont en train de prendre une autre forme de collaboration dans le domaine de la musique congolaise. Des sponsors qui, nonobstant les gloussements de certains, se trouvent au jour d’aujourd’hui à la croisée des chemins : continuer à supporter, même pour des balivernes, certains groupes musicaux ainsi que leurs leaders qui passent pour des véritables destabilisateurs de la société à cause de nombreux titres pleins d’insanités qu’ils lancent sur le marché du disque défiant même la Commission Nationale de Censure qui semble, malheureusement, être emballée dans une longue léthargie. Du coup, les sponsors qui ont toujours été leur « pots au miel » s’apprêtent à plier bagages et à leur tourner le dos pour rechercher d’autres horizons plus cléments.

Les musiciens, responsables de leur mauvais sort

Les musiciens qui n’auraient pas profité des contrats signés çà et là avec certaines sociétés de la place dans le cadre de la sponsorisation, vont déchanter dans les tout prochains jours. Car, las d’avoir ouvert, parfois, inutilement, des vannes à certains faiseurs de la musique qui n’accordent vraiment pas un bon crédit avec des chansons truffées des insanités, les latéraux emballent leurs malles et cherchent à se lancer uniquement que dans la sponsorisation des œuvres caritatives et aussi dans la réhabilitation de nombreuses écoles localisées dans notre environnement afin de donner à nos enfants, cadres de la Nation demain, l’opportunité d’avoir des bonnes écoles où ils viendront étudier dans des conditions requises.

Nous qui avions passé notre jeunesse vers les années 1960-1970, n’hésitons nullement de dire à haute voix qu’à l’époque, lorsque Wendo Kalosoy, Abdou Elenga, Grand Kallé Jeef avec son « African Jazz », Luambo Makiadi Franco avec le « TP Ok Jazz », Tabu Ley Rochereau avec « l’Afrisa International », le poète Lutumba Simaro Masiya, Dr Nico Kasanda avec « l’African Fiesta Sukisa », Johnny Bokelo Isenge spécialiste du style « mwambé » avec son « Conga Succès », Ebengo Dewayon avec son « Cobantou », Papy Tex, Pépé Kallé, Dilu Dilumona avec « l’Empire Bakuba », Siongo Bavon Marie Marie et Bombolo Léon Bolhen avec le « Negro Succès », Bialu Madilu System, Ntesa Nzitani Dalienst, Kiese Diambu avec « Les Grands Maquisards », Jeannot Bombenga we Wando avec son « Vox Africa », Le Trio Madjesi avec « Le Sosoliso », Josky Kiambukuta et Wuta-Mayi avec le « Continental », les frères Soki avec le « Bella-Bella »,  le Thu Zaïna, Lita Bembo avec le « Stukas Boy’s », etc, livraient des productions, ils n’avaient pas besoin des sponsors mais, tous (cette liste n’est pas pour autant exhaustive) ont fait de la très bonne musique. La plupart de leurs œuvres sont classées dans l’anthologie de la chanson contemporaine.

Les sponsors à la base de la déviation de la musique congolaise

L’arrivée des sponsors  est venue avec la nationalisation des cadres. En dehors du délégué général qui vient de l’Europe trouve sur place un staff de directeurs nationaux qui ont leur côte et font agréer au nouveau venu certaines pratiques. C’est de là qu’est sorti le système de sponsor qui, à l’opposée, a jeté de l’opprobre sur la bonne musique congolaise.

L’entité orchestre en tant qu’entreprise culturel a connu un coup dur à la suite de la ligne rouge imposée par les « bana Congo » d’où il fallait une compensation qui est venu avec l’arrivée des sponsors.

Loin de présenter des répertoires canons avec des titres éducatifs, les musiciens d’aujourd’hui contribuent à la déviation de l’art et présente au public un travail bâclé truffé des embrouillements inutiles.

Une étude fouillée auprès des sponsors révèle qu’en soutenant les musiciens congolais actuels, toutes ces sociétés sont à la base de la détérioration de la musique congolaise. Il faut mettre un frein et voir désormais sur quelle table danser.

Savoir recadrer les choses dans le bon

Maintenant que nous entrons dans une nouvelle ère avec le délaissement progressif des brassicoles, une double interrogation se profile à l’horizon. De quoi demain sera-t-il fait (Quel est l’avenir des orchestres et des stars congolaises)? Les producteurs vont-ils reprendre du poil de la bête ? Pépé Kalé avait raison lorsqu’il ne cessait de me dire que tôt ou tard la formule « orchestre » va disparaître pour laisser la place à l’artiste-musicien de se mouvoir dans une carrière solo ou il n’aura pas de nombreuses bouches à nourrir par rapport aux musiciens engagés dans des orchestres et dont la responsabilité incombe, malheureusement, sur le leader du groupe, même s’il n’a rien encaissé de consistant.

Comprenne qui pourra !

(Kingunza Kikim Afri )

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