Suite aux révélations faites par « The New York Times » Le PGR ouvre une enquête contre Clément Kanku

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Une vue du PGR Flory Kabange Numbi devant la presse
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Les révélations faites samedi 20 mai dernier par un journal américain, « The New York Times » affirmant dans sa livraison du jour que l’experte des Nations-Unies, Zaida Catalan, assassinée au mois de mars dernier, avec son collègue américain Michael Sharp, détenait un enregistrement sonore d’un député national, en l’occurrence Clément Kanku, en conversation téléphonique avec l’un des présumés auteurs matériels des actes déplorés dans le Kasaï, ont conduit le Procureur Général de la République, Flory Kabange Numbi, à ouvrir une enquête pour en savoir un peu plus. L’information a été communiquée à la presse mardi dernier, dans l’office du PGR à Kinshasa-Gombe.

En effet, la dernière actualité fait état d’un phénomène, de cette forme de terrorisme qui nait et se développe dans une région jadis oasis et havre de paix en République démocratique du Congo. L’espace Kasaien connaît aujourd’hui des scènes de violences d’une cruauté inouïe, œuvre d’une bande, selon le mode opératoire, organisée et structurée. Ces répréhensibles actes de barbarie se soldent au jour le jour par des assassinats, des incendies volontaires, des viols, des destructions méchantes et autres enlèvements. Ces faits ont donné lieu aux poursuites que M. l’Auditeur Général des Forces Armées de la République démocratique du Congo s’apprête à engager contre leurs auteurs.

Revenant sur la conversation de Clément Kanku avec l’un des présumés auteurs matériels des actes déplorés dans le Kasaï, le PGR indique que la nature et les circonstances de cette conversation ne peuvent aucunement laisser indifférent l’Officier du Ministère public. Voilà pourquoi, lundi 22 mai 2017, il a été amené à ouvrir une enquête pour en savoir un peu plus. Et comme il s’agit des investigations visant un député national, il a, faisant application de l’article 75 de la loi organique n°13/010 du 19 février 2013, loi relative à la procédure devant la Cour de cassation, adressé ce même jour une lettre au Président de l’Assemblée nationale pour  lui permettre de conduire ces indispensables enquêtes dans cette sinistre affaire.

Et M. Flory Kabange Numbi de préciser qu’une fois cette autorisation préalable obtenue, il sera en droit de poser tous les actes qu’exige une instruction pré-juridictionnelle. Si à l’issue de cette instruction il y quand a conviction que les faits étaient établis dans le chef du concerné, il serait alors inculpé de : participation à un mouvement insurrectionnel (art. 206 et 208 du CPLII), assassinat (art. 21 CPLI, 43, 44 et 45 du CPLII), incendies volontaires (art. 21 du CPLI, 103, 104 et 108 du CPLII), destructions méchantes (art. 21 du CPLI, 110-112 du CPLII) et association des malfaiteurs (art. 156 à 158 du CPLII).

« Il est toute fois impérieux de souligner et de noter qu’à ce niveau de la procédure, il n’est nullement question de chercher à obtenir la levée des immunités », a précisé le Procureur Général de la République, avant d’indiquer que son office reste ouvert à toute expertise locale ou étrangère pour élucider tout point de controverse.

La Police empêche son point de presse

Tout juste après la communication du Procureur Général de la République, un point de presse était prévu dans un hôtel de la commune de la Gombe. Malheureusement, la Police a été déployée sur le lieu et l’honorable Clément Kanku n’a pu se prononcer. Et ce, logiquement parce que le PGR ayant initié une enquête. Le fait pour lui de s’exprimer risquait d’être considéré comme influencer la justice. Qu’à cela ne tienne, Clément Kanku s’est quand même exprimé via un communiqué de presse partagé dans les réseaux sociaux. Il se dit consterné par ces allégations d’implication dans des actions criminelles qu’il réfute totalement. « Je suis convaincu que toute la lumière sera faite dans cette affaire et que justice sera rendue aux nombreuses victimes d’exactions abominables dans le Kasaï y compris les deux experts des Nations Unies », dit-il, avant d’ajouter que pour sa part, il ne laisserait personne, par quelques artifices que ce soit, salir ni son image, ni la mémoire de ces nombreuses victimes qui attendent réparation.

Terminons par citer le Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur qui, lors de sa communication le 19 février 2017, avait indiqué que « Nous sommes pleinement conscients de la gravité de la situation et nous n’entendons pas se faire distraire par la fausse compassion des tireurs de ficelles. Nous connaissons bel et bien tous les opérateurs politiques et autres qui s’activent à instrumentaliser les conflits communautaires. Ils auront à répondre de leurs forfaits le moment venu ; car, comme dit la sagesse ancestrale, l’oiseau a oublié le piège, mais le piège se souvient de l’oiseau ».

(JMNK)

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