Suite aux enjeux de l’heure: La Belgique doit des égards à la RDC

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Les nombreuses incursions du gouvernement belge dans les affaires courantes de la RDC ont, à nouveau, inspiré Kajepa Molobi, le communicateur de la Majorité Présidentielle. Pour lui, si Bruxelles  ne peut plus s’inspirer des méthodes de brutalité du Roi Léopold II, ni même de celles de 1959 ou de 1961, elle a gardé le même objectif, en changeant simplement de pratique. Il ne s’agit plus de s’imposer en coupant les mains, selon le style du Roi Léopold II, ni d’apporter les lumières de la religion et de la culture occidentale, mais de se faire le vecteur d’une valeur acceptée universellement, à savoir la démocratie, mais dont elle a volontairement dénaturé le sens, en soutenant aujourd’hui la mise à l’écart d’une fraction importante de la population pour aller vite voter.

La Belgique, qui a été contrainte de quitter le Congo en 1960 cherche à y revenir par tous les moyens. La nouvelle conquête veut se servir des habits démodés d’une démocratie  tronquée.

Le départ des Belges du Congo, en 1960, avait été provoqué par la pression des rues, notamment de Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani et Bukavu. C’est, en effet, débordés par les manifestations populaires de 1959 que les belges se sont résolus à quitter la colonie, pour laquelle ils s’étaient préparés à rester longtemps. A la limite, au moins 30 ans encore, s’il faut se référer à la fameuse étude du Professeur Jef Van Bilsen.

Malgré sa séparation officielle avec son ancienne colonie d’Afrique, la RDC, la classe politique belge ne s’est jamais véritablement libérée du lien établi par la brutalité et le sang, du fait du Roi Léopold II, à la fin du 19ème siècle.

En dépit de la décolonisation et des vicissitudes vécues depuis le discours de Lumumba du 30 juin 1960, les belges, comme figés dans le temps,  continuent de vivre comme s’ils avaient une partie d’eux-mêmes perdue quelque part au centre de l’Afrique. Comme l’a rappelé, il y a seulement quelques jours, un ami, le Congo est bien le seul pays au monde, par rapport auquel la Belgique se sent une grande nation. Il faut donc croire que le lien entre notre terre et ceux, que Mobutu qualifiait d’oncles, ne répond pas seulement à des considérations d’intérêts matériels, mais aussi à une sorte de complexe. Ici ce n’est pas le fils qui souffre de se séparer de sa mère, c’est la mère qui refuse de couper le cordon ombilical.

La Belgique ne s’accroche pas que par sentiment. Le fond de la question réside dans le refus de nos « oncles » de voir les « neveux » profiter seuls des richesses que la nature a voulu concentrer chez nous. Bruxelles tire un autre avantage, son poids sur l’échiquier européen n’est pas fonction de sa seule puissance, du reste minime, mais aussi de l’usage que le Royaume fait de sa relation politique avec Kinshasa. Bruxelles se présente sur la scène internationale comme le spécialiste de la problématique congolaise ; les belges ont même la prétention de connaître le Congo mieux que nous-mêmes, les « bana-mayi ». Avec tant de raisons, il est donc difficile pour ceux qui dirigent aux destinées du Royaume, fondé le 4 octobre 1830, de vivre sans le Congo. C’est ainsi que les belges tiennent mordicus à garder des liens privilégiés avec notre pays. Malheureusement, pour nous, ils trouvent bien des complices dans nos rangs.

Là où le bât blesse, c’est que les belges ne supportent pas une relation d’égal à égal avec leurs anciens colonisés. Selon les circonstances historiques, ils s’arrangent toujours pour trouver quelques Congolais de service, prompts à assumer l’indigne besogne.

En 1959 déjà, pour combattre les indépendantistes et maintenir de force le lien entre la Belgique et le Congo-belge, Bruxelles avait créé un parti politique congolais destiné à défendre sa thèse. C’est le PNP ou « Parti National du Peuple », qui devait se charger de convaincre les congolais qu’ils ne sont pas encore suffisamment mûrs pour l’indépendance.  En 1960, la responsabilité de la sauvegarde des intérêts belges en Afrique centrale fut confiée à Moïse Tshombe, alors que le plus virulent des indépendantistes, Patrice Lumumba, trouvera la mort du fait d’un complot ourdi par les services secrets belges.

En ce 21ème siècle, les évolutions idéologiques ne permettent plus de s’imposer par la force. Bruxelles ne peut donc plus s’inspirer des méthodes de brutalité du Roi Léopold II, ni même de celles de 1959 ou de 1961, il faut donc tout en gardant le même objectif, changer de méthode.

Pour cette fois, la démarche choisie consiste à se cacher derrière le credo démocratique. Il ne s’agit plus de s’imposer en coupant les mains, selon le style du Roi Léopold II, ni d’apporter les lumières de la religion et de la culture occidentale, mais de se faire le vecteur d’une valeur acceptée universellement, bien entendu, ici tronquée pour le besoin de la cause : la démocratie.

Pour la Belgique, la démocratie au Congo consiste, par la propagande, la dissimulation et le mensonge, à imposer un homme : Moïse Katumbi.

Partout dans le monde, les élections viennent comme l’instance du choix des représentants légitimes du peuple. Pour qu’une élection soit crédible, elle doit répondre à un certain nombre des critères, au premier rang  desquels, il y a la liberté de choix. Il y a également l’obligation de faire que toute personne en droit de voter participe à l’opération. Plus que tout, une élection concerne d’abord le peuple qui doit élire ses représentants et celui qui aura la charge suprême de conduire l’Etat.

Aucune élection valable ne peut se réaliser en laissant de côté une fraction importante de la population.

Les démocrates congolais doivent donc se mobiliser pour, une fois de plus, résister à la tentative belge de nous imposer des hommes à eux, par l’entremise d’une élection qui exclurait une partie importante de la population congolaise. Il y a là, une manœuvre préparée pour mettre notre pays à feu et à sang. Ainsi, organiser les élections en RDC sans le Kasaï, c’est admettre que les Institutions peuvent fonctionner sans la participation d’environ 1/5 de la population. Ce faisant, nous mettrons, par cet acte, un pas dangereux dans le processus de balkanisation.

Kajepa Molobi/Cp)

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