Suite à l’insécurité et au virus Ebola: Beni, Butembo et Yumbi

La situation sécuritaire et sanitaire à Beni, Beni Ville et Butembo dans la province du Nord-Kivu, ainsi que les incidents meurtriers survenus dans la nuit du 14 au 15 décembre 2018 dans le territoire de Yumbi, en province de Mai-Ndombe, l’ont emporté sur la détermination de Corneille Nangaa, président de la CENI, d’organiser les élections présidentielles, législatives nationales et provinciales, le 30 décembre 2018 partout dans le pays. Ainsi, la CENI, après consultation des parties prenantes a décidé de renvoyer ces scrutins au mois de mars 2019.

« Les activités ont été paralysées au Centre-ville de Butembo ce mercredi après l’annonce du report des élections dans les villes de Butembo et Beni, ainsi que dans le territoire de Beni. Une agitation des jeunes gens dans la partie Nord de la ville. Quelques coups de balles de la Police ont été entendus, pour faire régner l’ordre. Mais cela a créé la panique, les boutiques, magazines, banques et le marché central ont fermé leurs portes », renseigne le correspondant du Groupe L’Avenir à Butembo, qui ajoute qu’en quelques minutes, le centre-ville s’est vidé, la population craignant que la situation ne dégénère. Mais pour l’instant, tout est calme. La police  assure maitriser la situation. Ce jeudi, on craint des manifestations violentes, prévient-il.

Pour arriver à cette lourde décision, la CENI a tenu compte de plusieurs facteurs. De 1, la population doit connaître que le report des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales du 23 décembre 2018 au 30 décembre 2018 a une incidence sur les autres activités prévues par le calendrier électoral. De 2, la CENI a tenu compte de la lettre du Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité, porte-parole de la réunion interinstitutionnelle du 14 décembre 2018, sur la situation sécuritaire et sanitaire préoccupante dans la région de Beni-Butembo dans la province du Nord-Kivu.

Cette réunion avait noté la persistance de l’épidémie de la maladie à virus Ebola qui continue de sévir dangereusement dans les circonscriptions électorales de Béni, Béni Ville et Butembo Ville dans la province du Nord-Kivu ainsi que la menace terroriste qui plane sur cette région avec des actes criminels récurrents perpétrés par des bandes et milices armées.

En outre, les élections suscitent des mouvements importants des électeurs vers les lieux de vote entraînant ainsi des concentrations et une forte promiscuité de la population, augmentant le risque de propagation de cette maladie et favorisant opportunément les attaques terroristes. Qu’en sus, le déploiement des agents opérationnels de la CENI, des témoins, observateurs électoraux et journalistes dans ces contrées les expose aux mêmes menaces relevées ci-dessus ;

De même, considérant les incidents meurtriers survenus dans la nuit du 14 au 15 décembre 2018, dans le territoire de Yumbi, en province de Maï-Ndombe, ayant occasionné un déplacement massif des populations, la destruction de tous les matériels et documents électoraux, le pillage des entrepôts et installations de l’Antenne de la CENI ainsi que la tension persistante ne permettant pas la tenue, dans cette circonscription, des scrutins apaisés dans le délai imparti.

Après concertation avec les parties prenantes au processus électoral, le calendrier aménagé se présente de la manière suivante : du 31 décembre au 05-janvier 2019: Ramassage, Compilation et Centralisation des résultats du vote présidentiel ; Du 31 décembre au 22-janvier : Ramassage, Compilation et Centralisation des résultats du vote législatif et provincial ; Du 06 janvier au 19 janvier 2019: Annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle ; Du 07 janvier au 15 janvier: Recours et traitement de contentieux des résultats de l’élection présidentielle ; Du 15 janvier au 19 janvier: Publication des résultats définitifs de l’élection présidentielle et du 18 janvier au 19 janvier 2019: Prestation de serment du Président de la République élu.

L’Abbé Nshole accepte le report pour Yumbi, mais pas pour Beni et Butembo

Au vue de l’insécurité et de la menace du virus Ebola qui prévalait à Beni et à Butembo, le report s’imposait, pour permettre aux FARDC appuyées par la Monusco de stabiliser le coin et organiser ainsi des élections qui n’excluraient personne. Il s’agit d’une insécurité réelle, loin des commentaires et autres considérations de mauvaise foi faites par les uns et les autres. Dans le cadre des réactions, c’est celle de l’Abbé Nshole qui a étonné plus d’une personne. En effet, le porte-parole de la CENCO, du reste originaire de Yumbi, dans la province de Mai-Ndombe, trouve justifié le report de l’élection dans son village natal, mais pense que reporter pour Beni et Butebo prouverait un agenda caché du pouvoir en place.

Une attitude inadmissible lorsqu’on sait que les candidats présidents de la République, en l’occurrence Félix Tshisekedi du CACH, n’a pas pu continuer sa campagne dans le territoire de Beni, au motif qu’il y aurait des Mai-Mai proches à Mbusa Nyamwisi et disposé à lui barrer la route. Si cette insécurité n’était pas réelle, pourquoi le président de l’UDPS n’a pas pu continuer sa campagne jusque dans les profondeurs de Beni ? En plus, toujours par rapport à l’insécurité, le candidat du Front Commun pour le Congo (FCC), Emmanuel Ramazani Shadary n’a pas su battre campagne dans ce coin de la République. Au-delà des candidats présidents de la République, des Ong ont été obligées de délocaliser leurs représentations, pour fuir l’insécurité. Sont autant de raisons qui prouvent que les conditions ne permettent pas à ce que les agents de la CENI soient déployés. Sinon, ça sera à leur risque et péril.

JMNK

 

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