Suite à la qualité d’eau: Daniel Mukalyi plaide pour le renouvellement de la tuyauterie

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Invité à répondre à la question orale avec débat initiée par le député national Crispin Mbindule, relative à la pénurie et l’insalubrité d’eau de la Régie de Distribution d’eau (Regideso), Daniel Mukalayi devrait répondre aux préoccupations soulevées et les remèdes que la Regideso préconise d’amorcer en vue d’approvisionner la totalité des populations congolaises en eau potable.

A en croire l’honorable Crispin Mbindule, la RD Congo est classée parmi les pays du monde dont les taux d’accessibilité en eau potable demeure alarmant en dépit du climat pluvieux et de l’immensité des réserves hydriques estimées à plus ou moins 52% d’eau douce d’Afrique. « S’il faut croire aux récentes études du Programme des Nations Unis pour l’Environnement, estimant que 51 millions des Congolais manquent d’eau potable et d’après le « Groupe des chercheurs Libres du Graben, œuvrant au Nord-Kivu, son rapport d’octobre 2014 indique que seuls 19,3% des Congolais sont desservis en eau de la Regideso et que seuls 2,14% s’approvisionnent en eau minérale, c’est-à-dire eau potable), a-t-il fait mention. Dans son argumentaire, le député élu du Nord-Kivu souligne que cette pénurie, surtout l’insalubrité de cette denrée de première nécessité aux robinets de la Regideso poussent les paisibles citoyens, généralement ceux habitant les provinces, de se ressourcer en eau des pluies et des sources, des puits, des rivières, des lacs voire du fleuve Congo qui constituent les milieux ambiants des bactéries, des virus et des parasites, agents vecteurs des maladies hydriques comme la fièvre typhoïde, le trachome, les troubles du foie ou des intestins, la bilharzioses, le choléra, etc. « Il est à noter que sur toute l’étendue de la RD Congo, singulièrement dans les villes de l’intérieur, les systèmes de traitement, distribution ou d’adduction d’eau de la Régideso sont quasi-paralysés par la vétusté et l’incohérence des installations aux points qu’il est difficile de desservir la population en eau potable », a dit l’initiateur de la question orale.

Mise au point de l’ADG de la Régideso

Pour ce gestionnaire de la Regideso, une entreprise commerciale crée depuis le 30 décembre 1939, connait beaucoup de difficultés d’accès au financement pour renouveler les équipements et installations de captage d’eau. Il est vrai, dit-il que l’opportunité de cette entreprise est de rendre compte de la production, de la distribution et de captage d’eau aux Congolais en milieu rural et semi-rural. Ainsi donc, l’objet social de la Régideso est l’exploitation et la distribution d’eau potable. Cependant, l’entreprise est butée aux problèmes environnementaux qui détériorent la qualité de l’eau, notamment la pluie, les érosions, les calamités et la vétusté de la tuyauterie. A cela s’ajoute la panne des équipements électromécaniques qui confronte l’entreprise à la situation de trésorerie pour assurer la maintenance. Il faut dire également que l’impact des heures d’arrêt est dû du fait de pannes électriques qui enclenchent cette situation de pénurie.

C’est le cas de la Ville de Kinshasa, souligne Daniel Mukalayi, dont les besoins en eau s’élève à 821,500 m3 par jour alors que la Regideso desserve que 556.000m3 par jour pour cette ville qui enregistre un déficit de l’ordre de 265.500m3. A Lubumbashi, il a fait savoir que le besoin en eau est de 164.120m3 par jour contre 128.300m3 par jour desservi avec un déficit en eau de 35.820m3 par jour. Dans cette ville, à en croire le député national Coco Mulongo, l’eau utilisée est pleine de calcaire pourtant ayant le même sol que l’Afrique du Sud, la Zambie et le Zimbabwe qui ne disposent que de moins de calcaire dans leurs eaux. Tandis qu’à Matadi, le besoin en eau est de l’ordre de 46.700m3 par jour contre 40.380m3 par jour, soit un déficit en eau de 6.320m3.

La cause de cette situation se situe au niveau de la trésorerie qui est à la base de l’irrégularité d’exploitation efficiente. « Il est vrai que c’est un constat que nous faisons, tous les jours, car nous sommes dans un pays où il y a abondance de ressources en eau. Mais, il s’agit de l’eau brute. Par ailleurs, nous avons un taux faible en eau. Ce paradoxe est lié à plusieurs facteurs, notamment le financement pour transformer cette ressource brute naturelle en eau potable par un processus de traitement. Ce financement, il faut le retrouver et nous nous sommes engagés dans un processus de recherche de financement, dans un processus de recherche de ressources », a dit Daniel Mukalayi. L’ADG de la Regideso a précisé qu’il y a 20 ans que la République Démocratique du Congo s’est retrouvée dans une situation très difficile du fait qu’elle n’accédait plus au financement extérieur pour financer les infrastructures d’eau potable. Pendant cette période de disette, dit Daniel Mukalayi, la demande s’est accrue et en 20 ans la population s’est accrue, il y a eu des nouvelles cités qui se sont créées et les cités existantes de l’époque se sont agrandies, a-t-il reconnu. Et que la Régideso a connu du retard du fait du non accès au financement extérieur. « Depuis que nous sommes entrés de plein pied par la démocratisation que nous avons maintenant, des financements qui arrivent par le simple fait que les autorités se sont impliquées pour nous mettre sur le chemin de la croissance, le chemin du développement. Et qu’il faut rattraper ce retard. Il faut du temps pour le faire ».

L’eau de la Regideso qui coule au robinet est de très bonne qualité

L’affirmation vient de l’ADG Daniel Mukalayi qui fustige le fait que plusieurs députés nationaux ont soulevé cette préoccupation. Pour lui, l’affirmation selon laquelle l’eau de la Regideso est de mauvaise qualité n’est pas juste, car dit-il « j’en appelle à ceci que l’indicateur qui peut mesurer que l’eau est de mauvaise qualité, c’est le taux de morbidité et de mortalité. On jette la pierre sur la Regideso pour dire que l’eau est de mauvaise qualité. Nous sommes tous des parents, regardons le comportement de nos enfants qui revient de l’eau et a soif, je ne pense pas qu’il court dans la première superette du coin pour acheter de l’eau en bouteille. Et l’on s’imagine que l’eau de la bouteille est de bonne qualité, mais l’enfant court au robinet, il boit et votre enfant grandi. Peut-être qu’il avait 2,3 4 ans hier, en buant la même eau l’enfant devient majeur. Cette affirmation est gratuite ».

Quant à la vétusté de la tuyauterie, il affirme que l’âge moyen d’une canalisation métallique et en fonte est de 20 à 30 ans. Pourtant dans certains quartiers, la tuyauterie date de l’époque coloniale, il y en a d’autres qui datent des années 80. En 20 ans, cette canalisation devient obsolète et c’est le point même de la pollution.

Quant à la coupure d’eau habituelle, l’ADG a indiqué que son entreprise est dépendante en énergie électrique. Lorsque cette dernière manque, son entreprise est mise en difficulté, dépendant aussi de la situation d’occupation de sol du fait que la Regideso est butée à un problème d’urbanisation des villes, et les gens s’installent comme propriétaire. Mais faute d’un plan d’urbanisation, les occupations s’installent anarchiquement. Cette situation constitue une épine dans la chaire de cette entreprise de distribution d’eau. Par conséquent, une entreprise de distribution d’eau doit s’installer dans un périmètre où il y a un plan d’urbanisation bien déterminé, où il y a des avenues bien droites et que pour poser les canalisations que sur les accotements des avenues. « On ne peut pas poser la canalisation en dessous des maisons des populations qui risquent de poser d’autres problèmes. A certains endroits, il faut le reconnaitre, il n’y a même pas d’avenues et ça ne dépend pas de notre responsabilité », a-t-il fait remarquer.

Quant au gaspillage d’eau dans certains endroits tels que les camps militaires qui laissent l’écoulement d’eau 24/24, et même dans certains établissements qui relèvent de la compétence de l’Etat, il a était suggéré au patron de la Regideso de créer les réseaux propres à cette catégorie des endroits, puis de dénoncer tous ceux qui ne s’acquittent pas de leurs obligations financières et fiscales. C’est demain vendredi qu’il va rencontrer les préoccupations soulevées par les élus du peuple quant à ce.

(Pius Romain Rolland)

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