Statuts de l’Udps: Par l’article 27, l’Udps est bloquée…

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Cet article 27 a le mérite de la clarté : «En cas de décès, de démission, d’empêchement définitif du Président du Parti, le Président de la Convention Démocratique du Parti assume son intérim pour un délai ne dépassant pas 30 jours au cours desquels il est tenu de convoquer une session extraordinaire du Congrès en vue d’élire un nouveau Président du Parti ; élection à laquelle il ne peut faire acte de candidature». Qui préside aux destinées de cet organe vital ? Mystère à élucider…

Depuis le 1er février 2017, l’Udps n’a pas de président légal. Etienne Tshisekedi a achevé son parcours. L’ennui est que ce parti n’a pas non plus de président statutaire. C’est une première mondiale dans la mesure où dans toutes les organisations communautaires structurées, le premier acte à poser par les membres en cas de décès, de démission ou d’empêchement définitif du N°1 est son remplacement dans l’immédiat. C’est au remplaçant que revient, du reste, la charge d’assurer le suivi, entendez la liquidation des affaires courantes.

En cas de décès – comme c’est cela à l’Udps – c’est au successeur intérimaire statutaire d’organiser les funérailles à mettre en place le comité concerné, à prendre des contacts avec des tiers et à conduire les opérations nécessaires. C’est à lui de rendre compte du déroulement des obsèques le moment venu. Il est de ce fait l’interface du parti vis-à-vis des tiers : institutions de la République, partis et regroupements politiques, société civile, partenaires extérieurs.

Venant juste après la Présidence du Parti, la Convention Démocratique du Parti (Cdp), est, aux termes de l’article 25 des statuts de l’Udps, «un organe de concertation du Parti» composé de Députés nationaux et de Sénateurs «élus sur la liste du Parti», de «Ministres et mandataires du Parti», de la «Présidence du Parti», des «Présidents des Comités Fédéraux» et des «Présidents des Conventions Démocratiques Fédérales».

Même si pour des raisons connues de tout le monde l’Udps n’a à proprement parler ni parlementaires (elle a désavoué 33 de ses 42 premiers députés élus librement depuis sa création en 1982), ni ministres, c’est une mégastructure comprenant, comme le relève cet article, les membres de la Présidence du parti, les présidents des comités fédéraux et les présidents des conventions démocratiques fédérales.

Mégastructure, la Cdp l’est, au demeurant, au regard de la description qu’en font les statuts. «La Convention Démocratique du Parti est un nouvel organe de concertation des responsables des organes du Parti. Elle a absorbé l’essentiel des attributions du Collège des Fondateurs et celles du Comité National. Les membres du Collège des Fondateurs, qui ont joué le rôle de ‘Haute Autorité morale’ du Parti, sont désormais appelés à un rôle actif au sein du Parti et partager leur expérience historique avec les autres membres du Parti. La Convention Démocratique du Parti ‘CDP’ participe activement au processus de prise de décisions et au renforcement de la démocratie interne», y lit-on. Fonctionne-t-elle seulement ?  C’est là que les choses se corsent plutôt.

Félix Tshisekedi,  double « bénéficiaire » du décès…

En effet, si du vivant d’Etienne Tshisekedi, sa non-opérationnalisation n’était pas préoccupante – à lui seul il était l’homme-orchestre –  avec son décès survenu le 1er février, elle suscite des inquiétudes légitimes à la lumière des enjeux de l’heure. Dont, cela va de soi, les funérailles et les arrangements particuliers.

Normalement, l’organisation des funérailles et la reprise des négociations sous médiation Cenco vont de pair avec  les préparatifs du congrès extraordinaire, les unes n’empêchant pas les autres. C’est peut-être dur de le dire, mais la préservation des intérêts du parti (comme ceux de l’Etat en des circonstances similaires) l’emporte sur les obsèques et sur les négociations. La page de la mort sera tournée, celle du Centre interdiocésain de même. Par contre, celle du fonctionnement de l’Udps reste et restera ouverte. A moins que… Retenons donc que la priorité reste l’opérationnalisation de la CDP.

Force est de constater, et de déplorer le fait qu’au 12ème jour après la mort du Sphinx de Limite, la succession statutaire tarde à se matérialiser pendant que le délai imparti est en train de se consommer. A dater de ce lundi 13 février 2017, il reste seulement 18 des 30 jours prévus pour l’organisation des assises consacrées à l’élection du nouveau président.

Aussi, est-il surprenant que le parti politique qui dit porter des valeurs de la démocratie et de l’Etat des droits continue, 12 jours après l’annonce du décès du lider maximo, de surfer sur les émotions de la rue, alias «Notre Peuple», et d’évoquer le danger qui menace le pays si ses exigences politiques autour des funérailles ne sont pas satisfaites alors que le péril, le vrai, est interne. Paradoxalement, Félix Tshisekedi – double « bénéficiaire » du décès d’Etienne Tshisekedi – n’est pas pressé de voir la CDP prendre les choses en mains conformément aux statuts.

On ne fait pas d’omelettes sans casser les œufs, dit-on…

Or, c’est lui qui devrait, le premier, réclamer leur application, ne serait-ce que pour convaincre l’opinion avertie de sa capacité d’assurer ou de faire assurer l’héritage. Hélas !, Il court plutôt après une Primature qu’il sait davantage affaiblie par la disparition du pater. L’autre dirait : il court après le vent.

Il se comporte comme s’il a cessé de croire à ce parti créé, initialement, en doublon du Mpr Parti-Etat et qui, sous Etienne Tshisekedi, a fonctionné 27 ans durant en véritable clone du Mobutisme triomphant… Pendant trois décennies ou presque, l’Udps a, semble-t-il, fait de l’Opposition son option préférée. Son leader a été soupçonné, à tort ou à raison, de vouloir mourir en Opposant. Au moins, il a atteint son but.

Mais, tout parti politique se crée pour conquérir, exercer et conserver démocratiquement le pouvoir en vue, relève l’article 10 des statuts de l’Udps, « de réaliser son projet de société » décrit en 15 points au nombre desquels l’instauration de la bonne gouvernance, l’instauration d’un climat de tolérance et de morale politique propice au développement harmonieux de la Nation, la promotion de la justice sociale et distributive, l’élévation du niveau de vie de la population en général, des masses ouvrières et paysannes et des fonctionnaires en particulier, le redressement et de développement de l’économie nationale par la réhabilitation des infrastructures et la reconstruction du pays etc.

Comment y parviendra-t-il dans sa configuration actuelle, et si la « constitution-maison » (lisez statuts) n’est pas d’application ? La première occasion de prouver la volonté et la capacité de l’Udps d’être prête pour l’alternance politique est, on s’en doute, l’actionnement de l’article 27. On ne fait pas d’omelettes sans casser les œufs, dit-on. Au vrai patron de l’Udps de le faire…

L’Avenir

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