Standard & Poor’s dégrade la perspective de la note souveraine de la RD Congo

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L’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a annoncé, dans un communiqué publié le 5 février, avoir abaissé les perspectives associées à la note souveraine de la République démocratique du Congo de «stables» à «négatives». Les notes de crédit souverain ont été maintenues à «B-» à long terme et «B» à court terme, indique l’Agence Ecofin dans une dépêche parvenue au Journal L’Avenir.

S&P a expliqué la dégradation des perspectives de la note souveraine de la RD Congo par un «accroissement des vulnérabilités vis-à-vis de l’extérieur». Les réserves de change du pays ont en effet atteint « un niveau faible de 1,2 milliard de dollars le 31 décembre 2015, ce qui correspond à environ un mois de paiements courants».

A ce sujet, le 08 février courant, lors de la sixième réunion de l’exercice 2016 consacrée au suivi de la situation économique, financière et sociale du pays, la Troïka stratégique a indiqué que les réserves internationales, au 29 janvier 2016, étaient à 1.369,84 millions USD, couvrant 6,05 semaines d’importations des biens et services. Est-ce que le niveau de ces réserves est pour autant suffisant pour la Rd Congo ? Non, d’autant plus que la volonté du Gouvernement de la République a toujours été celle d’atteindre les standards internationaux, soit 10 semaines d’importations des biens et services.

L’agence s’attend à ce que les déficits des comptes courants atteignent en moyenne à 9,5 % du PIB en 2016-2019, en raison de la contraction des prix des matières premières, et plus particulièrement du cuivre.

Toujours sur cette question, le Premier ministre a donné dernièrement sa position sur une question lui posée par la presse, dans le jardin des Premiers à la Primature. Il a dit que la baisse des réserves internationales est le résultat de la conjugaison de plusieurs facteurs. « La perte impacte négativement sur nos réserves et une économie qui encaisse moins, ne peut que voir les réserves baisser », avait-il dit.

Pour revenir au Premier ministre, il avait expliqué que pour l’exercice 2016, la Rd Congo va connaître une perte d’environs 300 millions de dollars Us, conséquence de la baisse des cours des matières premières sur le marché international. Si la situation s’améliorait, l’on ne voit pas pourquoi les perspectives économiques ne changeraient-elle pas.

Elle estime, d’autre part, que «le coût, les difficultés d’organisation et la contestation possible par l’opposition des différentes élections prévues cette année constituent à un risque pour les notes ». S&P s’interroge dans ce cadre sur les sources de financement de ces scrutins «étant donné les sources de financement limitées du gouvernement et la réticence des bailleurs de fonds à apporter de l’argent pour organiser les élections».

Ceci est en contradiction avec la position de l’Union européenne qui, abordant la question du financement des élections, a dit avoir noté les 538 millions de dollars qui sont inscrits dans la loi de finances et qui demeure tout à fait convaincue que si cette somme était effectivement dépensée réellement décaissée, réellement exécutée, elle devra suffire à réaliser de façon satisfaisante les élections prévues en novembre 2016.

Dans la même perspective, le Gouvernement a annoncé il y a peu le décaissement de la somme de 22 millions de dollars Us au profit de la CENI, en vue de lui permettre de préparer la révision du fichier électoral. Et ce, conformément au budget 2016 voté au Parlement et promulgué par le Président de la République. Si on ne tient compte que de ces critères-là, il y a à espérer les inquiétudes de S&P soient un peu tempérées.

(Jean-Marie Nkambua)

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