Sokimo: Les agents ne veulent pas de l’arrivée d’Oil of Congo

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Depuis plusieurs décennies, la Société minière de Kilo Moto (Sokimo), ancien fleuron des entreprises congolaises aux côtés de la Générales des carrières et des mines (Gécamines) ou de la Minière des Bakwanga (Miba), traverse comme on le sait des moments difficiles. Ce que l’on connait moins, c’est que la société a acquis une grande expérience à la suite de tous ses déboires. Voilà qui a permis à la Sokimo de mettre en œuvre depuis quelques mois, sans tambour ni trompettes, un plan de relance des plus prometteurs. Plan de relance qui risque cependant d’être mis à mal par la convoitise d’un vautour à la réputation sulfureuse.

Les esprits sont en effet surchauffés en Ituri, où se situent le siège et une partie des exploitations de la Sokimo, à la suite des informations, vraies ou fausses, faisant état des prétentions de la société Oil of D.R. Congo, connue jusque-là, et  pas de si bonne manière, comme opérateur pétrolier, sur le projet que mène actuellement la Sokimo, dans la localité de Nizi, à quelques dizaines de kilomètres de Bunia, en vue de la relance de ses activités. Ce projet de redressement a été rendu possible à la faveur d’un financement de 5 millions de dollars laborieusement acquis par la société.

Ce projet sous la forme d’un plan de relance, a notamment permis le recrutement d’un consultant accepté par tous les partenaires de la Sokimo, dont le Gouvernement, consultant sous la conduite duquel des travaux techniques importants ont été réalisés sur terrain. Il s’est en premier lieu agi des travaux géologiques dont l’échantillonnage, expédié pour analyse à Mwanza, en Tanzanie, dans les mêmes laboratoires, fréquentés par les majors comme Kibali Goldmines, s’est révélé concluant. Ensuite l’acquisition de divers équipements nécessaires à la production minière industrielle, certains déjà livrés et d’autres en cours de livraison.

Et pour couronner le tout, en raison du résultat positif de l’échantillonnage, le bouclage d’une étude de faisabilité pouvant aboutir à une exploitation de 8 à 10 ans, assorti de deux implications très avantageuses. En effet, la mise en œuvre de ce projet est à même d’une part de rendre à la Sokimo son statut d’opérateur minier et, d’autre part, de permettre par revolving un réinvestissement dans des projets plus importants.

C’est cette embellie annoncée, après des décennies de traversée du désert, qui court le risque d’être mise à mal si jamais les bruits ci-hauts évoqués (les prétentions d’Oïl of D.R. Congo) venaient à être confirmés. « Ce serait une pure OPA hostile que nous ne sommes pas prêts d’accepter », prévient un député provincial fraîchement débarqué à Bunia dans le cadre de la mise en place de la nouvelle province de l’Ituri. Et d’expliquer qu’une OPA, ou Offre Publique d’Achat, opération financière normale, devient hostile lorsqu’une entreprise tente de faire main basse sur une autre de manière pas très régulière. A Bunia comme à Nizi, une véritable  veillée d’armés, encore discrète, est perceptible actuellement du fait de cette affaire.

D’autant que, selon certaines indiscrétions, c’est la très controversée entreprise Innovazionne Engeneria, IEI, connue pour les frasques de ses animateurs, mais surtout pour n’avoir jamais mené à bien ses contrats dont celui de réfection de la route de l’aéroport ou celui de l’asphaltage du principal boulevard de la ville de Bunia, qui serait chargée de mener les opérations sur le terrain à Nizi pour le compte de Oil of D.R.Congo. « Voyez-vous,  ce sont toutes deux des sociétés sans aucune référence ni expérience dans le domaine minier, encore moins aurifère, qui voudraient s’aventurer sur ce terrain et cela en asphyxiant  la Sokimo. Cela et une pratique d’un autre âge qui ne passera plus dans notre pays », rajoute, avec une dose visible de menace, le même député provincial.

Et de rappeler qu’Oil of D.R. Congo traine déjà une réputation compromise par son intrusion « miraculeuse » dans l’exploration pétrolière en acquérant à la stupéfaction générale les blocs 1 et 2 du Graben Albertine au lac Albert, en Ituri, au détriment d’une société autrement plus qualifiée. Personne ne semble donc prêt en Ituri à accepter un deuxième bradage du patrimoine local pour des lendemains plus qu’incertains, en cette période où l’accession de cette entité au statut de province ravive plutôt d’immenses attentes en termes de son développement. Affaire à suivre.

(Lepetit Baende)

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