Situation de l’heure en Rd Congo: La mise au point de James C. Swan, Ambassadeur des Etats-Unis

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La République Démocratique du Congo ressemble à une femme violée plusieurs fois par ses bourreaux, sous la barbe de ses parents et frères impuissants. Tout le monde s’intéresse à la RDC, non pas parce qu’elle est belle, mais la convoite dans le seul but de l’humilier.

Sa souveraineté est mise à rude épreuve par les chancelleries, qui créent la psychose dans le chef de la population, appelant par voie de conséquence son personnel, mais aussi les familles des personnels à travers l’autre rive du fleuve Congo, puisque, la date du 19 décembre c’est la fin de l’existence de ce pays.

C’est dans ce contexte qu’un groupe de professionnels de médias a été invité à l’Ambassade des Etats-Unis pour faire le point sur la situation politique et sécuritaire actuelle du pays. Parmi les professionnels des médias, le Phare a été représenté par Fidèle Musangu, le Groupe de Presse L’Avenir représenté par Pius Romain Rolland et Radio Okapi par Innocent Olenga.

Plusieurs préoccupations

A cet entretien avec l’ambassadeur James C. Swan, plusieurs préoccupations ont été soulevées, notamment, la violation de la Charte des Nations Unies par les Etat-Unis d’Amérique, en ce que celle-ci interdit tout pays souverain à sanctionner un autre pays, et que la Résolution du Conseil de sécurité encourage ces pays sanctionnés à faire échec et à ne pas les appliquer. Mais aussi, la politique de deux poids deux mesures de l’administration Obama qui sanctionne les officiels congolais, tout en épargnant ceux de l’opposition qui ont envoyé la population à piller, à incendier, à lapider les policiers sans une moindre sanction.

Sur ces deux préoccupations soulevées par le professionnel des médias du Groupe de presse l’Avenir, l’ambassadeur s’est exprimé en ces termes : « Nous essayons de garder une position très équilibrée suite à une lecture ouverte et réaliste de la situation actuelle au pays. Nous gardons de contacts réguliers avec les autorités de la République ; les membres du Gouvernement, les leaders, les représentants de la Majorité présidentielle et en même temps nous gardons le contact avec toutes les couches de la société congolaise, y compris les partis de l’opposition, y compris la société civile ; les hommes d’affaires et le secteur privé, et nous essayons d’assurer une bonne compréhension de la situation en gardant, toute cette gamme de contact », nous a-t-il répondu.

Cependant, l’ambassadeur des Etats-Unis nous a fait comprendre que le département d’Etat de son pays a diffusé un communiqué aux autorités de la Rdc qu’au 19 décembre, il est important d’assurer les droits de l’homme, de reconnaitre le droit de la population de s’exprimer et de s’organiser. Bref, assurer la liberté d’expression et de manifestation, voulait-il dire. Aux mêmes autorités de la RDC, il est enjoint d’éviter les actes de répression contre la population. « En même temps, pour l’opposition, ils ont aussi la responsabilité et même le devoir d’éviter la violence, d’éviter d’inciter à la violence et d’assurer autant que possible leur expression mais dans le calme et sérénité. En outre, dans ce contexte, nous avons souligné l’importance et notre admiration pour l’initiative de la Cenco, les efforts des Evêques pour trouver une solution consensuelle avant le 19 décembre enfin d’éviter des éventuelles difficultés », nous avait-il confié.

Quant aux sanctions contre les officiels congolais en épargnant les commanditaires de la population qui avait incendié, lapidé les policiers, vandalisé les commissariats de la police, M.James C. Swan nous a fait entendre que c’est ne pas le Congrès qui a sanctionné les officiels congolais, plutôt un Ordre de l’exécutif de l’administration du Président Obama qui existe depuis 2013 qui a été mis en application depuis le mois de juin en Rdc, en ce y compris quelques sanctions dès le mois en question. « Ces décisions sont celles quant aux activités financières dans notre pays par rapport à leurs impacts et transactions financières et des biens aux Etats-Unis. Dans ce contexte, tout à fait une décision souveraineté de notre part à propos des actions financières et économiques des acteurs bien qu’ils soient des étrangers. Les évaluations des événements du 19 et 20 septembre nous avons, certainement critiqué les excès de la part de certains manifestants et en même temps le dossier est assez clair qu’il y avait aussi beaucoup d’excès de la part des forces de l’ordre. Je crois qu’en arrivant le 19 décembre, ça nous rappelle nous tous l’importance de faire autant que possible pour éviter les dérapages et les violences et d’assurer le respect des droits et respect des citoyens congolais de s’exprimer, mais pacifiquement », a-t-il étalé les mesures de l’administration Obama, dont la passation du pouvoir aura lieu le 20 janvier 2017.

Quant à la question de deux poids deux mesures à laquelle l’ambassadeur James C. Swan n’a pas fourni  d’amples explications, il a affirmé que les sanctions n’étaient pas liées aux événements du 19 et 20 septembre, mais par rapport au dossier des droits de l’homme des individus mentionnés par le régime de sanctions, mais aussi l’exécutif Obama évoque que ses individus empêchent les avancées sur le plan démocratique, nous-a-t-il révélé. « Il y avait d’autres raisons que nous avons opté pour ce régime de sanction », souligne-t-il.

Répondant à une autre question, celle de savoir si la correspondance adressée au Chef de l’Etat Joseph Kabila par l’administration Obama est une menace ou un rappel à l’ordre, James C. Swan a indiqué que la lettre du Congrès n’est pas la première, il n’y en avait d’autres auparavant. Elle souligne que les leaders politiques aux Etats-Unis et de l’administration, mais aussi du Congrès restent préoccupés par la situation en Rdc. « Cette lettre et même autres lettres signées à la fois par les démocrates et les républicains soulignent qu’elle représente une politique bipartisane qui reflète une inquiétude partagée parmi les démocrates et les républicains. La préoccupation principale est d’assurer que les progrès continuent dans les domaines de la démocratie et des Droits de l’Homme et qu’on arrive à une alternance pacifique du pouvoir dans le délai court que possible », s’était-il justifié.

Pour un consensus plus large

L’ambassadeur des Etats-Unis face n’a pas manqué de répondre à une question sur la convocation de la session extraordinaire des deux chambres parlementaires dans le but d’investir le gouvernement Samy Badibanga, mais aussi la position des Etats-Unis face aux pourparlers de la Cenco au cas où, il n’y a pas accord. « Depuis la signature de l’Accord du 18 octobre, notre gouvernement  continue à prendre position que la meilleure solution serait d’arriver à un consensus plus approfondi, plus large qui profite de la base obtenue le 18 octobre, mais qui passe au-delà. Je crois que, c’est toujours notre souhait et nous pensons qu’arriver à un consensus plus large maintenant serait la meilleure solution maintenant », a-t-il précisé. D’indiquer que son pays a de relations bilatérales avec la Rdc depuis l’indépendance, et que son pays a beaucoup travaillé avec plusieurs des gouvernements de la RDC dans plusieurs contextes, tout en respectant les décisions souveraines du Congo de parvenir à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. « Notre souhait reste qu’on arrive à un consensus plus large afin d’assurer à la fois que tout le monde appuie le nouveau gouvernement et en même tant que les situations soient apaisées avant le 19 décembre », rassure-t-il les professionnels des médias.

Par rapport à l’apport du gouvernement américain au processus électoral en cours, du fait que la Ceni a déjà lancé les opérations d’enrôlement et d’identification et de retrait instantané de la carte d’électeurs, l’ambassadeur nous a fait comprendre que son gouvernement a de multiples programmes pour aider le processus électoral en Rdc, en ce y compris le programme de formation des partis politiques dans le but de les rendre plus efficaces en traduisant les aspirations de la population, les attentes de la population vers les institutions de la République. Il a affirmé par ailleurs, que ce programme travaille avec les partis de l’opposition mais aussi ceux de la Majorité présidentielle. Dans ces multiples programmes du gouvernement s’inscrit le monitoring électoral avec le CEJP, Commission Episcopale Justice et Paix, avec laquelle ils travaillent pendant deux ans maintenant pour mettre en place de structures de ces genres. « Nous avons aussi des programmes d’éducation civique, programme demandé par la Ceni il y a quelques années nous contribuons à travers certains acteurs des ONG, de diffuser les informations quant aux activités de la Ceni et aux préparatifs aux élections. Dans ces différents domaines, nous continuons à appuyer le processus électoral dans un sens plus large », nous a-t-il indiqué, en précisant que depuis hier, ils ont diffusé les messages invitant les autorités congolaises à la retenue pour permettre aux personnes  de s’exprimer selon leur droit, mais en même temps, ils demandent  à l’opposition d’éviter la violence, de ne pas inciter aux actes de violence mais aussi le souhait de voir tous les acteurs politiques travailler avec les Evêques et la Cenco pour parvenir à une solution consensuelle et un compromis politique avant le 19 décembre.

(Pius Romain Rolland)

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