Si la Rumba était une affaire des communautés !

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Le processus d’inscription de la rumba au patrimoine culturel immatériel de l’humanité poursuit son bonhomme de chemin.  Les protagonistes engagés dans cette démarche ont animé une conférence à Goma. C’était dans le cadre de la 5ème édition du Festival Amani.

 Abdourahamane Diallo, représentant-pays de l’Unesco ; Yoka Lye, DG de l’Institut national des Arts, INA et Président de la Commission ; Bren Tshibanda, Conseiller au Centre Wallonie Bruxelles, et Guillaume Bisimwa, directeur du Festival Amani. Ils ont répondu aux questions et inquiétudes des journalistes.

Abdourahamane Diallo :

« Le pays a affiché l’ambition d’inscrire au patrimoine culturel immatériel de l’humanité et je suis heureux que le festival Amani ait accordé une part importante à la rumba à travers cette conférence de presse. L’Unesco se réjouit d’être partenaire de ce festival depuis le début puisqu’il reste la rencontre culturelle majeure de la région. Le Festival Amani est nourri par des valeurs très fortes faisant participer les artistes de la région. La paix et l’entreprenariat culturel, autant des objectifs que nous soutenons. L’ampleur et l’adhésion de la part de la communauté internationale sont actuellement visibles dans l’engagement de plusieurs ambassades et Ong internationales.

« A l’image du bus 207, l’inscription de la rumba congolaise a son rythme. Et l’inscription n’est pas une fin en soi. Après l’inscription, c’est début d’une grande aventure. La RDC n’est pas en retard, mais ce sont les communautés qui doivent s’engager et porter ce projet pour le dire et le transcrire. Il n’y a pas d’éléments sur le patrimoine immatériel qui soit ascendants sur les autres. Il n’y a pas non plus de hiérarchisation. A l’instar de Tambour Royal du Burundi, cet exercice permettra de valoriser et de pérenniser la rumba pour les générations actuelles et futures ».

 Yoka Lye :

« C’est un devoir d’être là non seulement pour la rencontre des hommes et des esprits, mais également pour les valeurs. Il n’y a pas un élément aussi populaire, aussi riche, en termes de contenu et d’histoire, plus que la rumba. La valeur d’universalisation de la rumba est permanente. À titre illustratif, les bonnes pratiques de la rumba sont populaires. La rumba est un état d’esprit de la passion de vivre, de résistance à la souffrance et de la résilience.

Quelles que soient les générations ou la diversité, il y a toujours des fondamentaux de la rumba. Même Jupiter Bokonji fait de la rumba qui a pris une autre direction. C’est pourquoi dans cette démarche, nous avons publié une anthologie pour relever ce qui a de la valeur. C’est maintenant le moment ou rien. L’histoire de la rumba est aussi celle du fleuve Congo ».

Guillaume Bisimwa :

Cette thématique sur l’inscription de la rumba est importante. C’est pourquoi cette année, le Festival a dédié sa première journée à ce courant de musique. Ce qui justifie le choix porté sur Ferré Gola. Je dénonce ici la pratique des jeunes artistes de Goma de prendre les rythmes nigérians et américains. Il est important de partir sur nos sources. Il est aussi important de développer le côté musique traditionnelle. Même après le Festival, nous verrons avec le Saana Week-end pour continuer cette initiative.

Bren Tshibanda :

«  Qui dit Centre culturel dit promotion et diffusion des arts. Le Centre Wallonie Bruxelles est aussi un laboratoire qui conçoit certaines stratégies. De manière pragmatique, toutes les stratégies sont mises à la disposition  des artistes connectés pour que demain, la rumba soit inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. L’INA a sorti une anthologie de la rumba. Déjà, les Chinois et les Japonais chantent la rumba. D’ici là, nous allons envahir l’Europe. Nous écoutons les Américains, nous voulons que ça aille aussi de l’autre sens. Très peu d’artistes sont en contact avec la rumba des années 40, 45, … notre mission est de remettre sur la sellette les musiciens actuels sur les valeurs de cette musique. La rumba n’est pas seulement la musique ; mais la danse aussi. C’est dans cette optique que le Centre Wallonie-Bruxelles appuie le Festival Amani et cette démarche ».

 

(Onassis Mutombo)

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