She Okitundu : Tout a été prévu pour qu’il n’y ait pas de vacances du pouvoir et, aucune raison de réviser la Constitution

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Après que la Cour constitutionnelle ait coupé court aux élucubrations émaillant l’actualité politique en RDC, Léonard She Okitundu a tiré profit de son passage à Paris pour apporter quelques clarifications sur entre autres questions, le processus électoral. En effet, le Sénateur ne s’est point encombré des fioritures pour se prêter aux questions de RFI. Aucune raison, selon lui, de réviser la constitution.

Dans une interview à la Radio France Internationale, le Sénateur Léonard She Okitundu, membre de la MP fait le point de la situation du moment en République Démocratique du Congo, membre du bureau politique de la MP ; plusieurs fois ministre, dont au ministre  des Affaires étrangères. Il  été l’invité à la RFI, étant l’un des partisans du dialogue politique convoqué par le Chef de l’Etat Joseph Kabila. Ce dialogue tarde encore à se concrétiser, il a répondu aux questions de la RFI sur l’actualité en RDC notamment de l’inculpation de l’ancien gouverneur de l’ex Katanga en passant par l’arrêt de la Cour

RFI : Vous avez dit à Jeune Afrique qu’il n’y aura pas de troisième mandat pour le Président Joseph Kabila. Mais, la Ceni s’était plainte très ouvertement, l’an dernier, que le gouvernement ne payait pas ce qui était nécessaire pour organiser les élections  dans le temps. Est-ce que ne pas organiser les élections à temps, ce n’est pas un troisième mandat du président Kabila ?

She Okitundu : Ce n’est pas du tout un mandat parce que celui qui reste en fonction  attend que le nouveau président élu soit effectivement installé. Mais, cela ne peut pas être pour des années.

RFI : Combien de temps à votre avis ?

She Okitundu : Là, ça dépendra de la Ceni qui est le pouvoir organisateur des élections.

RFI : Dès aujourd’hui, la Ceni estime que pour avoir un fichier révisé, ça ne sera pas le cas avant fin juillet 2017. Pourquoi ne pas avoir anticipé…

She Okitundu : Vous savez que la RDC traverse une période assez difficile et c’est la question financière. Il y a aussi des contraintes sur le plan technique. Actuellement, nous enregistrons environ 10 millions à 12 millions de nouveaux majeurs qu’il faudra enrôler et qui ne peuvent pas être exclus de ce processus électoral.

RFI : Maintenant, vous évoquez des contraintes financières. Mais, la Ceni se plaint aussi que des textes de loi n’ont pas été présentés à temps à l’Assemblée nationale. Que des marchés n’ont pas été conclus à temps pour permettre  d’avoir cette révision de listes électorales dont vous parlez. Il y a volonté de retarder le calendrier. Pourquoi tout cela n’a pas été anticipé ?

She Okitundu : Comme vous le savez, il y a eu déjà grande polémique en ce qui concerne le calendrier électoral. Ceci a causé aussi ledit retard. Il faut le dire très clairement. Donc, ce n’est pas le fait ni de la majorité ni du gouvernement de la République.    

RFI : Donc, on peut d’emblée dire clairement que l’élection à ce stade n’aura pas lieu en 2016 ?

She Okitundu : Effectivement, il y a beaucoup plus de chance que les élections, du moins, l’élection présidentielle soit reportée.

RFI : Cela veut dire qu’il y aura une révision de la Constitution ?

She Okitundu : Pas du tout !

RFI : Vous parlez de la transition ?

She Okitundu : Ecoutez, vous savez que tout é été prévu pour qu’il y ait pas vacance de pouvoir. Il n’y a aucune raison de réviser la Constitution

RFI : sur les cinq derniers mois, selon les Nations Unies, il y a eu presque autant de violations des droits de l’homme à caractère politique en RDC que durant toute l’année 2015. Ces violations, toujours selon l’ONU, visent en priorité tous ceux qui appellent au respect, justement de la Constitution. Vous ne craignez pas que cela crédite ceux qui pensent qu’il y a une intention cachée de la part du Président et du gouvernement pour rester au pouvoir ?  

She Okitundu : Je conteste formellement le rapport des Nations Unies. D’ailleurs, nous sommes en contact avec leur bureau à Kinshasa pour régler cette question-là, parce que ce bureau n’est pas pour dénoncer systématiquement ce qui se passe. Le bureau des Nations Unies a pour mission d’aider le gouvernement à améliorer la question des droits de l’homme. Donc, cette question doit être réglée. Je ne dis pas que tout soit parfait. Il est tout à fait désagréable et même incompréhensible de considérer que dans un pays on viole systématiquement les droits de l’homme.

RFI : Katumbi inculpé ; Martin Fayulu brièvement arrêté ses meetings régulièrement interdits. Vous trouvez que ça ne reflète pas vraiment une volonté d’alternance dans le pays ? 

She Okitundu : Je ne sais pas pourquoi vous faites allusion à l’alternance. Quel est le rapport avec l’alternance ? Il y a des personnalités qui ont certains problèmes consécutifs à leurs propres comportements. Est c’est tout. Ça n’a aucun rapport avec l’alternance politique.

RFI : Est-ce que ça n’a rien avoir avec le fait qu’ils sont candidats de l’opposition ?

She Okitundu : Pas du tout. Je ne sais pas pourquoi vous êtes en train de prêter au Chef de l’Etat la volonté de rester au pouvoir. Non !

RFI : Si le Président n’a pas l’intention de rester au pouvoir, compte tenu de l’ampleur de soupçon actuellement, pourquoi est c qu’il ne dit pas clairement ?

She Okitundu : Il n’y a aucune disposition constitutionnelle qui oblige au Chef de l’Etat à dire si oui ou non, il doit partir ou pas. Je crois que la question n’est pas là.

RFI : Vous êtes l’un des artisans du pré-dialogue avec l’UDPS. Comment est-ce que vous expliquez les vas et viens de ce parti à l’égard du dialogue ?

She Okitundu : Les prévisibilités de cette formation politique nous les avons intégrées dans notre analyse.  Mais, nous pensons que nous allons finir par trouver un compromis. Mais, c’est vrai qu’il ne faut pas aussi trop tarder parce que le temps presse notamment ce que nous avez appelé et parlé des délais constitutionnels. Mais, en même temps, la vitesse ne signifie pas la précipitation.

RFI : Certaines sources affirment que des promesses ont été faites à l’UDPS : un poste de premier ministre, de l’argent également. Qu’est ce qui a été réellement négocié ?

She Okitundu : Ça serait insultant pour l’UDPS. je ne vois pas le leader de l’UDPS accepter qu’on lui amène de l’argent.

RFI : qui pourra remplacer le Président Kabila comme candidat de la Majorité ?

She Okitundu : Cette question n’est pas à l’ordre du jour.

RFI : Si ces élections doivent être organisées rapidement, il faut falloir y penser. Il y a déjà des candidats déclarés ?

She Okitundu : Dès que l’on saura que le calendrier est déterminé,, alors en ce moment-là, la majorité prendra ses responsabilités.

RFI : Envisagez-vous d’être candidat à la présidentielle ?

She Okitundu : Ça  me suffit, je suis sénateur. Je ferais tout pour être reconduit comme sénateur.

(Propos recueillis par Pius Romain Rolland)

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