Selon le Premier ministre: La capacité de nuisance de l’ADF et des FDLR a sensiblement baissé

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C’est hier à la Chambre Haute du Parlement que le Premier ministre Matata Ponyo a donné des éléments de réponses aux préoccupations soulevées et questions posées par les Sénateurs à la suite de son exposé, le jeudi 02 juin dernier, sur la question orale avec débat lui  adressée par l’honorable Florentin Mokonda Bonza. Pour des raisons méthodologiques, il a regroupées les préoccupations soulevées et questions posées par secteur et domaine d’activités, de manière à y réserver des réponses directes, claires et précises.

Ainsi, il a retenu les 5 secteurs ci-après qui ont constitué l’ossature de sa réponse, à savoir : le domaine politique et sécuritaire, le domaine économique, le domaine social, le domaine des infrastructures et enfin, le domaine de la gestion des ressources humaines du secteur public. Mais au regard de l’abondance de cette réplique, L’Avenir n’a retenu que certains aspects des questions d’ordre politique, sécuritaire et économique.

Pour ce qui est des avancées dans la réforme de la police et de l’armée, il a expliqué que la démarche entreprise se situe à deux niveaux : neutraliser les forces négatives à implication locale (FRPI, Raia Mutomboki, Yakutumba,  Mai-Mai Simba, etc.), neutraliser les forces négatives à implication régionale (ADF et FDLR).

En effet, grâce aux opérations militaires en cours (Rudiya, Safisha, Sukola I et Sukola II), la  capacité de nuisance de ces forces négatives tant nationales qu’étrangères a sensiblement baissé. Affaiblis,  ces groupes armés ont changé de mode opératoire et se livrent à des actions terroristes. La difficulté éprouvée par le Gouvernement dans la résolution de ce problème vient notamment du fait que certains pays de la sous-région des Grand-Lacs, ne sont pas assez coopératifs dans la lutte contre ces mouvements armés.  Toutefois, en réaction au récent massacre à l’Est du pays, le Gouvernement a lancé l’Opération Usalama impliquant conjointement les FARDC et la MONUSCO. Depuis, les différents groupes rebelles situés dans les zones opérationnelles, principalement les ADF, essuient d’importants revers.

La dynamique est irréversible

Pour ce qui est du processus électoral et son financement, le Chef de l’Exécutif a rassuré la Chambre Haute que la dynamique démocratique enclenchée depuis l’organisation des premières élections libres, transparentes et démocratiques en 2006, est irréversible.

Ainsi, depuis 2014, le gouvernement a décaissé en faveur de la CENI un montant de 138,71 millions de dollars américains pour le processus électoral. A fin mai 2016, le Gouvernement a décaissé au profit de la CENI 50,675 millions de dollars américains du Gouvernement. Ces sommes n’incluent pas le fonctionnement mensuel et la rémunération de cette institution, soient 56 millions USD ainsi que le paiement des dettes de 2011, soient 11,58 millions USD. Si on ajoute ceux-là, le total des décaissements en faveur de la CENI se chiffre à 206,3 millions de dollars américains. Ce montant peut être ventilé comme suit : 67,2% en faveur des opérations, 27,1% pour couvrir les frais de fonctionnement et les dépenses de rémunérations, et enfin 5,7% pour apurer les dettes de la CENI.

En ce qui concerne les préoccupations d’ordre économique, surtout celles sur la fragilité du cadre macroéconomique et au dérapage de la monnaie, il a renseigné que le cours de change vendeur au marché parallèle est passé de 940 francs congolais le dollar, à fin décembre 2015, à près de 985 francs congolais au 4 juin 2016. Ainsi, la dépréciation de la monnaie nationale, depuis le début de cette année se situe à 4,5% au marché parallèle. « Avec des telles variations, il ne me semble pas approprié de parler de dérapage. Il s’agit plutôt de frémissement du taux de change, comparativement à ce qui se passe actuellement dans certains pays de la région, où la dépréciation moyenne depuis  le début de l’année est de 30% », a-t-il indiqué.

S’agissant de la situation conjoncturelle qui frappe la BIAC, cil a précisé qu’elle a déjà fait l’objet d’une analyse approfondie au niveau du gouvernement et de la Banque centrale. Des mesures pour le redressement de cette banque sont à pieds d’œuvre. Le gouvernement s’est attelé à travailler dans le sens de redorer la confiance des Congolais à l’égard du système bancaire. En effet, cette banque commerciale a bénéficié d’un refinancement accordé par la Banque centrale depuis le 01er  juin 2015 et prévu pour être remboursé dans les trois jours. Or, ce refinancement a fait l’objet de reconduction permanente et n’était pas couvert par une garantie jusqu’à fin février 2016, contrairement aux textes y relatifs.

Voyant le pire arriver, nous avons dénoncé le déséquilibre financier de la BIAC, caractérisé notamment par le détournement de l’épargne publique. Ce qui nous a amené à recommander la réduction, et non le gel, du refinancement bancaire situé à l’époque à près de 42 milliards de francs congolais. Contre nos propositions, le refinancement est allé au-delà des chiffres acceptables, conduisant ainsi à une dilapidation des ressources publiques. Enfin de compte, la BIAC a été déclarée en faillite par la Banque centrale qui a traduit en justice les responsables pour détournement de l’épargne publique. C’est ce que nous avions prédit depuis plusieurs mois et qui n’avait pas bénéficié de la compréhension des responsables compétents en la matière.

(JMNK)

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