processus de paix en République démocratique du Congo: un « rêve d’un sourd-muet »

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« On a l’impression de tendre vers un essoufflement dans la mise en œuvre de l’Accord-cadre »

Le Groupe de Travail de dix principales plates-formes et Organisations de la Société Civile a élaboré un troisième rapport qui analyse et formule des observations sur l’état d’avancement du processus de paix en République démocratique du Congo. Ce processus pourrait être considéré comme un « rêve d’un sourd-muet » si chacune des parties prenantes n’arrive pas à exécuter les différents engagements souscrits.

« L’on a l’impression de tendre vers un essoufflement de la mise en œuvre de l’Accord-cadre tant il est vrai qu’il reste encore beaucoup à faire alors que l’on en est à plus de huit ans après la signature à Nairobi (le 15 décembre 2006) du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement de la région des Grands Lacs par les onze Etats membres de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs et deux ans après la signature de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba par les mêmes Etats », indique le rapport, qui ajoute que nos organisations estiment que des efforts substantiels sont encore à faire.

Les auteurs de ce rapport, craignent que, si l’on n’y prend pas garde, l’Accord-cadre du 24 février 2013, pourtant nécessaire, vienne allonger la liste « des accords de paix » en RDC ayant échoué les uns après les autres. Ceci s’explique par le fait qu’après plus de deux ans de sa mise en œuvre, les parties prenantes et leurs partenaires peinent encore à s’affranchir de la « liturgie de la parole ».

En effet, pendant que le gouvernement s’évertue à défendre la stabilité et la sécurité sur la quasi-totalité de l’étendue du territoire national, les populations de la majeure partie orientale du pays connaissent une insécurité indescriptible consécutive à la persistance de l’activisme des groupes armés et à une nouvelle forme de violences d’une extrême cruauté traduisant ainsi la fragilité des forces de sécurité congolaise et la limite du recours à la force comme unique approche à mettre en œuvre pour la neutralisation des groupes armés.

Le Groupe de Travail est d’avis que l’absence d’une approche claire, structurée et coordonnée pour la neutralisation et/ou la reddition des groupes armés favorise la prolifération des groupes armés et l’émergence des relations criminelles permettant aux parties en présence de nouer des relations d’affaires qui incluent l’exploitation illégale des ressources naturelles et minières ainsi que le trafic des armes et munitions dans la région.

Les risques d’embrasement

De ce fait, le processus de paix, voulu global pour la région, se trouve menacé et les risques d’embrasement ne cessent de se profiler à l’horizon. Au plan politique, le difficile recadrage du processus électoral, caractérisé par la mise en œuvre d’un calendrier électoral contraignant, laisse transparaitre des défis majeurs sur le processus de paix en République démocratique du Congo. La réforme électorale, inaugurée en effet par la mise en place d’une nouvelle administration électorale, avec des animateurs politiques et sociaux reste confrontée à des contraintes d’ordre politique et technique susceptibles de faire gripper la machine électorale.

Concernant le processus de réforme du secteur de sécurité, le Groupe de travail note quelques légères avancées consécutives notamment à la nomination du personnel clé de nouvelles structures des FARDC. Toutefois, il s’avère que la plupart des nominés ne sont pas mis en condition pour pouvoir assumer leurs nouvelles charges et responsabilités pendant que le processus DDR-DDRRR piétine du fait pour le gouvernement d’accuser un déficit des stratégies ou d’approches à mettre en œuvre ainsi que par l’absence de financement. Un effort spécial devra être fait du côté gouvernement congolais pour mettre en condition le personnel clé de nouvelles Structures nommé et accélérer le processus de DDRRR.

Au plan régional, les pays excellent dans une sorte de « passivité » face à l’obligation relative à la neutralisation des groupes armés et l’engagement de poursuivre les personnes soupçonnées de graves violations des droits de l’homme. Le Groupe de travail demeure préoccupé par la « faible attention » qui tend à s’installer dans le chef de la MONUSCO qui n’arrive toujours pas à assumer le rôle lui dévolu, notamment celui de soutenir, coordonner et évaluer l’application en RDC des engagements nationaux pris aux termes de l’Accord cadre, particulièrement en ce qui concerne la neutralisation des groupes armés.

Le Groupe de Travail s’inquiète de l’absence d’engagement et d’un plan commun des Envoyés Spéciaux en vue de conduire un processus politique global ouvert à toutes les parties prenantes pour remédier aux causes profondes du conflit en République Démocratique du Congo et dans la région des grands lacs tel que recommandé par les Résolutions 2098 (2013) et 2147 (2014) du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Ce rapport termine en formulant des recommandations au Gouvernement de la République, aux Etats de la Région et à la MONUSCO.

(JMNK)

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