Selon Global Witness: L’économie et les habitats naturels uniques de l’Ouganda sont menacés par la corruption endémique et la mauvaise gestion

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Près de la moitié des dernières populations de gorilles de montagne du monde est en péril alors que l’exploration minière menace quelques-uns des environnements de la planète les plus riches en biodiversité. Les mineurs travaillent dans des conditions dangereuses et en grande partie non réglementées – les enfants sont exposés quotidiennement à des produits chimiques toxiques. Le pays est privé d’investissements et de revenus fiscaux dont il a tant besoin et qui pourraient bénéficier aux écoles, aux hôpitaux et aux routes. Des minerais de la République démocratique du Congo et du Soudan du Sud qui pourraient financer les conflits et les violations des droits de l’homme se retrouvent dans les chaînes d’approvisionnement mondiales en passant par l’Ouganda.

La corruption qui sévit dans le secteur minier ougandais permet à des fonctionnaires véreux et aux investisseurs auxquels ils s’associent de tirer des profits au détriment de l’économie, de la population et de l’environnement du pays, révèle Global Witness aujourd’hui. Une enquête de 18 mois montre qu’il est presque impossible de faire des affaires dans le secteur minier sans verser de pots-de-vin ou sans bénéficier de contacts politiques en haut lieu.

‘Undermined’ (‘Mis à mal’) décrit comment des individus ayant des contacts en haut lieu – notamment ceux qui entretiennent des liens étroits avec le président – semblent échanger l’influence politique dont ils bénéficient contre des avantages financiers. Des fonctionnaires subalternes aux personnalités politiques de premier plan, beaucoup de ceux impliqués dans le secteur sont prêts à contourner ou à enfreindre les règles. Les intermédiaires et les médiateurs dirigent une économie parallèle en marge du système, soldant les droits miniers à travers tout le pays dans le cadre de contrats facilités par des employés du Département des Mines. Les investisseurs sérieux sont chassés, alors que les derniers qui devraient être autorisés à opérer dans l’industrie minière figurent précisément parmi ceux qui restent.

« Les preuves sont accablantes – Le secteur minier ougandais repose sur une économie parallèle qui favorise fortement des sociétés malhonnêtes et des élites corrompues au détriment de la population et de l’environnement. L’effroyable mauvaise gestion du secteur alarmera autant les investisseurs que les militants des droits de l’homme et les défenseurs de l’environnement, » a déclaré George Boden, responsable de l’Équipe Ouganda de Global Witness. « Nous détenons des preuves de marchés attribuant des permis d’exploration minière dans des sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, de firmes dirigées par des jeunes britanniques dans la vingtaine qui reçoivent des licences en l’espace de quelques jours, et d’enfants travailleurs qui manipulent des produits chimiques dangereux dans des mines d’or à haut risque. Pris individuellement, ces cas sont profondément choquants. Pris dans leur ensemble, ils illustrent de façon éclatante le besoin de réformes immédiates et profondes. »

Des cas illustratifs

Des permis d’exploration minière ont été octroyés dans presque toutes les zones protégées d’Ouganda,  y compris les sites de renommée mondiale de Bwindi et de Rwenzori classés au patrimoine mondial de l’UNESCO  et une partie du célèbre écosystème des Virunga, qui abrite les dernières populations de gorilles de montagne de la planète. Cela représente également une sérieuse menace pour l’industrie ougandaise du tourisme que le gouvernement s’emploie à promouvoir au niveau international et qui s’avère cruciale pour l’économie du pays. Des mineurs, dont des enfants, opèrent dans des conditions dangereuses et en grande partie non réglementées et sont exposés quotidiennement à des substances toxiques telles que le mercure. Des puits de mine mal creusés s’effondrent régulièrement, faisant des morts et des blessés graves.

« L’Ouganda se trouve à la croisée des chemins. Gérées correctement, ses richesses minérales pourraient créer des emplois et générer des revenus dont le pays a tant besoin. Mais si rien n’est fait pour endiguer ce degré de corruption et de mauvaise gestion, seules les élites politiques et les corrompus en profiteront. En attendant, les Ougandais continuent à perdre leurs terres et leurs moyens de subsistance, les firmes jouissant d’une bonne réputation mettent en veilleuse leurs investissements et l’environnement souffre, » a conclu George Boden.

(JMNK)

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