Selon Germaine Katshunga du groupe folklorique Salongo Bonganga :

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« L’héritage de Papa Wemba est transgénérationnel »

La mère-chef, à g, exhibant un pas du spectacle de banunu-bobangi : « bantsoli bantsu »

La disparition du Chef coutumier du Village Molokaï, dimanche 24 avril dernier sur scène à Abidjan, a suffi à dévoiler le caractère complexe de ce « géant de la scène musicale ».  Des langues se sont déliées et, dans cet ordre d’idée, la danseuse Germaine Katshunga pense : «En 1973, nous étions adolescente, Papa Wemba avait déjà les allures d’un leader des jeunes. Quand il portait une tenue, une paire de chaussure, tout le monde voulait mimer », a-t-elle confié. La danseuse a fait ses premiers pas d’artiste en 1976, dans le groupe de spectacle populaire Sambole Lisano du doyen Ngombe Baseko « Maître Taureau ». Pour l’heure, elle est mère-chef du ballet et groupe folklorique Salongo Bonganga, sis croisement des avenues Kapela et Kimwenza à Yolo sud, dans la commune de Kalamu. L’oratrice d’ajouter : « Dans la politique du recours à l’authenticité de Mobutu Sese Seko,  dès le début décennie soixante-dix, le port du pantalon était interdit aux femmes. Mais cela n’a pas  empêché la gent féminine kinoise d’admirer celui qui deviendra plus tard le patron de Viva la Musica », a-t-elle témoigné. Pour rappel, en effet, le « Maître d’école » n’a pu survivre aux  malaises qu’il a eus sur scène, lors de la 9ème édition du Festival des Musiques urbaines d’Anumabo (FEMUA). Les autorités ivoiriennes ont décerné à l’illustre disparu le grade honorifique posthume de Commandeur de l’Ordre national, le plus important au pays.

« Papa Wemba a été un animateur culturel et  ambassadeur de la culture non seulement de sa tribu, mais de la RDC. Il a chanté dans les quatre langues nationales, en plus de son « otetela » natal », a souligné la mère-chef de Sambole Lisano. « Le chanteur-mannequin de grands couturiers au monde nous a encouragés à la propreté, en vantant la sape. Actuellement, bien des jeunes ne s’habillent pas de manière à honorer leur personnalité. Ils sont dans le fashion, taille basse, pantalon entonnoir… Et Papa Wemba a décrié, à cet effet, les « bilamba Mabe » (entendez : les tenues indécentes », a-t-elle indiqué. De 1976 à ces jours, la danseuse Katshunga, la cinquantaine, a visité notamment la Belgique, l’Iran(1977), le Kenya, le Mali, la Mauritanie, la Suisse (foire de Bâle)…

(Payne)

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