Secteur bancaire: La Biac et la Fibank ne seront pas dissoutes mais reprises

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Deogratias Mutombo Muana Nyembo, Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) rassure, au sujet de la Biac et de la Fibank, que l’Institut d’Emission est en discussion avec deux banques auxquelles elle a octroyé des licences d’agrément, soit une banque chinoise pour reprendre la BIAC et une autre congolaise, pour reprendre la Fibank. D’ici la fin de l’année, les deux banques seront reprises. Et donc, il n’y aura pas de dissolution de ces deux banques et les déposants doivent se calmer. Raison pour laquelle, dans un communiqué publié hier, la BCC précise que les informations diffusées récemment sur la dissolution volontaire de cette banque sont non fondées. Et ce, parce que la dissolution a été prise par les actionnaires défaillants, sans le concours de l’Administrateur provisoire ni de l’Autorité de régulation et de contrôle bancaire qui ont à leur charge la responsabilité du redressement de la BIAC. Ce qui pousse l’Institut d’Emission à rappeler que la banque concernée se trouve sous gestion d’un Administrateur provisoire, dont la mission est de préparer le processus de résolution de la crise, visant à la fois la protection de l’épargne du public ainsi que la préservation de la solidité et de la stabilité du secteur financier congolais. Voilà pourquoi la BCC invite les déposants disposant des avoirs à la BIAC à la sérénité et au calme, en attendant l’aboutissement imminent du processus qui devra se solder impérativement par la sauvegarde de l’épargne public.

Les difficultés rencontrées par les deux banques, notamment Biac et Fibank, ne doivent pas occulter tous les efforts qui ont été fournis en la matière. Raison pour laquelle il est important pour le public de continuer à faire confiance au système bancaire national pour lequel une vigilance accrue est de mise à l’effet d’assurer de meilleurs services financiers à la population. Etant donné que c’est un domaine où la confiance des épargnants est de mise, il est de l’intérêt même du pays que les uns et les autres soient rassurés, pour éviter la thésaurisation avec tous ses méfaits.

A ce sujet, lors de la sixième réunion du Comité de Politique Monétaire (CPM), le Gouverneur de la BCC, Deogratias Mutombo a eu à expliquer les fondamentaux, en disant qu’une banque, pour sécuriser ses opérations, pour assurer son développement d’entreprise, doit à tout prix respecter les deux principales exigences financières de la réglementation prudentielle. Il s’agit du renforcement du fond propre de base, (entendez par-là le capital social), pour lequel on peut ajouter les réserves en cas de bénéfice et le maintien d’une liquidité disponible suffisante.

A l’en croire, ces deux exigences se traduisent par le ratio de solvabilité (10%) et le ratio de liquidité (5%). Si vous respectez les deux, c’est un signe que votre banque respecte le cadre réglementaire. Parlant du fonds propres, il a expliqué que lorsqu’une banque fait de l’intermédiation entre les agents qui sont en capacité de financement qu’on appelle les épargnants et les emprunteurs, la banque utilise les dépôts des clients qui ne lui appartiennent pas. Et ces dépôts sont des dettes qu’elle utilise pour satisfaire le besoin des demandeurs de crédits. Elle utilise ce dépôt pour acheter des articles sur le marché, pour spéculer sur le marché de change, etc. Elle doit le faire, en veillant au respect de ces deux exigences-là.

Généralement dans le secteur bancaire, dit-il, les fonds propres sont très inférieur par rapport au bilan ou au dépôt. Ils peuvent représenter 5% du bilan, alors que dans les entreprises commerciales et industrielles, ça peut être autour de 30 à 40%. A ce jour, les fonds propres avoisinent 8 millions, avec le bilan autour de 5 milliards. « C’est pourquoi nous nous employons, nous, régulateurs, à ce que les fonds propres d’une banque puissent augmenter en fonction des risques que cette banque prend dans ses opérations. Ceci parce que les fonds propres doivent être suffisamment importants, pour permettre d’absorber les pertes éventuelles provenant du non remboursement du crédit résultant de la perte de valeur des marchés qu’on a fait, des changes, etc. », martèle-t-il, avant d’ajouter que vous devez avoir des fonds propres pour absorber des pertes éventuelles de telle sorte que lorsqu’un crédit n’est pas remboursé, alors que vous l’avez octroyé en prenant une partie de dépôts, vous banque, vous êtes obligée de le rembourser.

Du plan de redressement

Et ce, par le mécanisme de provisionnement du crédit en souffrance. « Quand vous apprenez qu’une banque a un capital négatif, cela veut dire qu’une partie de son épargne a disparu dans la nature, du fait de mauvaises opérations. Et à ce moment-là, la banque n’est plus en mesure de répondre à tout moment aux demandes de retrait. Et ça touche là, le ratio de liquidité. Il faut avoir suffisamment de fonds propres pour couvrir ces pertes. Et là, vous allez recourir à la concurrence pour vous refinancer et si vous ne vous recadrez pas, la concurrence va trouver que vous êtes une banque à risque, et vous abandonne », rélève le Gouverneur Deogratias Mutombo. Et le prêteur en dernier ressort, c’est la BCC qui va accepter de vous financer ; toutefois, elle va vous soumettre à un plan de redressement. Et celui-ci a des actes : combler les capitaux, chercher les actionnaires et les investisseurs, diminuer vos charges, recouvrer vos crédits, réorganisez-vous sur le plan de votre gouvernance, réorganisez l’audit interne.

Biac et Fibank bientôt reprises

Pour le cas de deux banques, le Gouv’ a précisé que les actionnaires ne se sont pas impliqués. Et si le redressement ne suit pas, on passe à une autre étape, celle de la mise sous tutelle. En ce moment, vous êtes sous administration de la Bcc, et l’administrateur a pour tâche de préparer un nouveau plan de redressement pour négocier la reprise de la banque par les nouveaux actionnaires. « Actuellement avec la BIAC et la Fibank, nous sommes en discussion avec deux banques à qui nous avons octroyé des licences d’agrément et une banque chinoise pour reprendre la BIAC et une banque congolaise pour récupérer la Fibank », précise-t-il, avant de révéler que d’ici la fin de l’année, les deux banques seront reprises.

Et de renchérir qu’un dirigeant d’une banque doit asseoir une bonne gouvernance et une bonne organisation, respecter les normes prudentielles, les normes qualitatives et quantitatives. En plus, il faut avoir un système informatique sécurisé, s’assurer que les transferts que l’on fait arrivent à bon port. En ce moment-là, vous aurez un portefeuille crédible qui ne se détériore pas de plus de 10%, les charges ne doivent pas dépasser 60% des produits net bancaire que vous réaliser. Et une banque ne peut financer ses charges par les dépôts.

Il a terminé par rassurer les déposants de ces deux banques qu’ils se tranquillisent et que leurs dépôts ne sont pas perdus. Aujourd’hui et malgré tout, on continue à travailler avec le plafonnement de retrait et de transfert, justifie-t-il. En ce qui concerne le marché bancaire en général, il a dit qu’il y a encore des réformes pour rendre le marché très solide. C’est le cas du renforcement des fonds propres de banques, de sorte qu’au 30 septembre 2017, le capital social puisse passer de 10 à 30 milliards de dollars Us. Il a également été demandé aux banques de se préparer à une révision de la formule juridique en ce qui concerne l’actionnariat, sans oublier la nécessité de diversifier avec l’introduction du rationnel de référence. Soulignons aussi que la BCC a un projet l’année prochaine, pour mettre en place un fond de garantie de dépôt. Et ceci, en organisant la supervision basée sur le risque qui s’appesantit sur le profil de risque sur chaque opération.

(JMNK)

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