Saisissant la balle au bond: Kamerhe propose au G 7 l’alliance des traîtres !

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L’ambassadeur Barnabé Kikaya bin Karubi a finalement raison. En publiant leur lettre ouverte sans en préciser l’objet, les frondeurs – qui ont décidé de quitter le mercredi 16 septembre 2015 la réunion du Bureau politique de la Mp auquel ils ont pourtant adressé une copie pour information comme pour se faire entendre – avaient plutôt résolu à démissionner de la Majorité présidentielle bien avant. Dans son interpellation, Kikaya leur dit : ” La question de fond à se poser est dès lors de savoir pourquoi, après avoir fait constater par l’opinion publique la rupture du contrat de confiance conclu voici une dizaine d’années, continuent-ils de garder les postes du deal ! Dès la première lettre de constat de cette rupture, ils auraient dû tirer la seule conséquence logique et franchir le Rubicon. En ne le faisant pas, ils discréditent et décrédibilisent eux-mêmes leur initiative“. A l’issue de la réunion du Bureau politique, leur auto-exclusion a été établie. Reste maintenant à savoir si les ministres, les vice-ministres, les députés et les sénateurs, les mandataires publics et les diplomates Msr, Unadef, Unafec, Arc, Pdc, Msdd et autres Aco vont suivre leurs “autorités morales” dans leur aventure presque sans lendemain. Déjà, les Unadefiens ont confirmé la suspension de Gabriel Kyungu. Ce dont on peut au moins être sûr à ce moment précis, c’est que la recomposition de la Majorité présidentielle est en marche…

On ne saura peut-être jamais pourquoi ils ont choisi de publier leur lettre ouverte au Président Joseph Kabila la veille du meeting de l’Opposition tractée par Vital Kamerhe alors qu’ils connaissent la capacité de récupération de ce dernier.

Ils savaient pourtant, depuis le 5 août 2015, que les Kamerhistes – auxquels se confondent maintenant les Bembistes sous Eve Bazaïba – projetaient leur meeting Place Sainte Thérèse le 15 septembre.

“Zala na mbangu” – sobriquet de Kamerhe pendant la campagne électorale de 2011 – ne s’est en tout cas pas prier deux fois pour lancer à la cantonade le seul message qu’on pouvait en attendre : enjoindre les frondeurs de la Mp de démissionner et de rejoindre son camp. C’est-à-dire d’accepter de se mettre sous leur leadership !

Que va-t-il se passer désormais ?

Il va se passer ce qui est prévisible, s’agissant notamment du Gouvernement, de l’Assemblée et du Sénat : ministres Unadef, Unafec, Arc, Msdd, Pdc, Aco et Msr ainsi que députés et sénateurs actifs dans des groupes parlementaires dont ces partis sont membres se doivent de tirer la conclusion qui s’impose. Surtout les premiers, censés savoir qu’ils ne peuvent plus engager leurs portefeuilles respectifs dans l’action gouvernementale, si jamais ils se maintiennent en postes. Ils doivent prendre conscience d’avoir affaibli volontairement et sérieusement Matata II au point d’imposer Matata III ou X I !

Si, par contre, ils rendent le tablier, ils seront libres de se constituer en Kamerhistes, en Tshisekedistes, en Kengistes ou, pourquoi pas ?, en Mwandoistes, en Kyunguistes ou en Kamitatuistes. Et de se positionner dans un espace politique réputé manichéen, en ce que si l’on est pas de la Majorité, on doit forcement être de l’Opposition. Ou vice-versa.

Il est vrai que Yves Mobando (lisez Pierre Lumbi), Charles Mwando Nsimba, Olivier Kamitatu, Gabriel Kyungu, José Endundo, Christophe Lutundula du Msdd et Dany Banza Maloba sont, politiquement parlant, une force au sein de la Majorité. Députés et sénateurs Msr, Unadef, Arc, Unafec, Pdc et Msdd réunis constituent une bonne base parlementaire de la Majorité dont le retrait est susceptible d’affaiblir le pivot du Pouvoir.

C’est assurément de ce chantage qu’ils entendent user pour faire pression sur le Chef de l’Etat, en sa qualité d’Autorité morale de la Mp.

Seulement voilà : fâcheux, le précédent pourrait se révéler un mauvais investissement pour l’avenir. Car, même les Opposants actuels, qui les encouragent dans la “rébellion” pour des raisons évidentes, n’oublieront jamais le coup qu’ils auront assené à Kabila alors qu’ils sont en plein mandat. Ils se demanderont ce qu’ils gagneront, eux, à coaliser avec des acteurs politiques capables de leur planter le couteau dans le dos, le moment venu !

Comme un choc

En politique, l’adversaire est celui qui s’oppose en agissant de l’extérieur. L’ennemi, par contre, est le “partenaire” qui semble pactiser avec vous mais en vous combattant subtilement en réalité de l’intérieur. C’est le ver dans le fruit. Il est plus dangereux que le premier.

L’histoire de la RDC depuis 1960 est, hélas !, celle des Brutus : Lumumba eut Mobutu. Mobutu eut Tshisekedi. Mzee Kabila eut Bizima. Joseph Kabila eut Kamerhe et Pierre Lumbi. Demain, Kamerhe aura peut-être pour ennemi un Mayo, et Pierre Lumbi un certain Mobando !

A propos du Msr, dont l’Autorité morale est justement Pierre Lumbi, la vérité connue de sa haute hiérarchie est que ce parti est l’œuvre personnelle de Joseph Kabila, matérialisée par feu Guillaume Samba Kaputo. Le Raïs avait fait de sorte que le Pprd ait une coloration politique, le Msr une coloration sociale. Raison pour laquelle le Msr a des animateurs recrutés principalement dans la Société civile.

Fait voulu ou non, à un moment donné le Pprd et le Msr ont été placés sous la direction de Vital Kamerhe et Pierre Lumbi, tous les deux originaires du Sud-Kivu, fief de la révolution kabilienne sous Mobutu, province natale du Raïs.

En d’autres termes, voir d’abord Kamerhe déverser sa bile sur sa personne et soulever la population sud-kivutienne contre lui, et constater par la suite Lumbi tirer le premier sur sa personne ne peut qu’être ressenti par le Président Kabila comme un choc.

Et le choc, il le ressent.

Chant des cygnes pour certains. Comme tout bien mal acquis ne profite jamais, la justice immanente finit toujours par rattraper les traîtres.

Dans cette logique, l’appel d’un Kamerhe – qui peine à se faire accepter dans la vraie Opposition – en direction du Groupe des 7 (G7) n’est rien d’autre que celui d’une traîtrise qui appelle à la traîtrise, avec pour finalité l’échec, tôt ou tard.

L’histoire est d’ailleurs en train de se répéter. Issue du Mpr Parti-Etat en 1982, l’Udps – mue par l’esprit de vengeance d’un certain Tshisekedi – a depuis 1990 du mal à conquérir le Pouvoir d’Etat.

Issue du Pprd en 2011, l’Unc – mue par l’esprit de vengeance d’un certain Kamerhe – aura du mal à échapper au sort naturel qui l’attend.

Il va sans dire que même renforcée ou non par le G.7, l’Opposition pro-Kamerhe, produit d’un inceste (le terme a été utilisé contre l’abbé Malu-Malu dans la déclaration du 27 février 2015), est condamnée à ne pas réussir.

Aussi, l’alliance de la traîtrise proposée par Vital Kamerhe à Pierre Lumbi via Yves Mobando ainsi qu’à Charles Mwando Nsimba, Olivier Kamitatu, Gabriel Kyungu, José Endundo, Christophe Lutundula du Msdd et Dany Banza Maloba pourrait signifier le chant des cygnes pour certains. Une fin de carrière dans le déshonneur.

Les leaders qui manquent d’assurance sont menaçants pour eux-mêmes, pour leurs collaborateurs et pour les organisations qu’ils dirigent“, constate John C. Maxwel dans sont ouvrage “Leader : avez-vous ce qu’il faut ? “, avec sous titre “Les 21 qualités indispensables à tout leader“. On devrait y méditer…

(Omer Nsongo die Lema/Cp)

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